Journal d'une dépression - Actualité manga

Journal d'une dépression

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 12 Octobre 2011

Pauvre Hideo Azuma ! Ce mangaka aura décidément eu une vie mouvementée. En 1989, il lâche son travail et coupe tout contact avec ses proches pour devenir SDF, afin de fuir un quotidien qui le tue à petit feu. En 1992, il récidive pour cette fois être embauché en tant que manutentionnaire. En 1998, il est interné dans un hôpital psychiatrique pour alcoolisme. Ces trois faits marquants de la vie de l’homme à qui on attribue l’origine du genre moe, ou à qui on doit la série La petite Olympe et les dieux, sont contés dans Journal d’une disparition. Journal d’une dépression en est la suite, et forme un complément de biographie d’Azuma.

Ce "second one shot" se présente sous la forme d’un journal intime, tenu par le mangaka entre le 7 juillet 2004 et le 16 février 2005, divisés en neuf chapitres qui décrivent son quotidien sur des périodes plus ou moins longues (de quelques semaines à quelques mois). Cette forme le distingue quelque peu du journal précédent : nous sommes en présence d’un manga "tranche-de-vie" dans son sens le plus brut. Là où Journal d’une disparition permettait à Azuma de cibler les éléments qu’il voulait intégrer dans son manga, Journal d’une dépression se veut être un condensé de son quotidien. Aussi, il s’attarde rarement sur les évènements exceptionnels de ses journées, il préfère en faire un résumé en quelques cases, et aborde un peu de tout ce qui fait son train de vie. Par ailleurs, l’un des sujets qu’il abordera le plus souvent est la culture audiovisuelle : romans, émissions TV, mangas notamment, à côté de son travail, ses sorties et son alimentation.

C’est d’ailleurs ce qui constitue le frein principal à cette lecture : la plupart des références littéraires et télévisuelles sont inconnues du lectorat français… Difficilement accrocheur pour le grand public. Ce même public, aussi ouvert d’esprit soit-il, aura aussi du mal à rester concentré au fil du manga en raison de la redondance du récit. Si l’ouvrage est appelé ainsi, c’est peut-être dû au fait que son auteur reconnait la morosité qui y règne : ses journées se résument à travail, promenade dans le quartier, nourriture, lecture. Une vie un peu "pépère" en somme, qui contraste d'avec ses mésaventures d’il y a 15 ans.

Et pourtant, ce manga n’est pas inintéressant, loin de là ! Pour peu qu’on ce soit attaché à cette personnalité, on se prend d’affection pour ce petit bonhomme tout en rondeur, qui ne manquera d’ailleurs pas de nous faire rire de par l’autocritique qu’il porte sur sa vie, des remarques étonnamment imprévisibles. Le graphisme constitue lui aussi une force du manga, car il aide grandement à atténuer une réalité finalement triste, celle de la vie d’un homme déprimé, pour lui "donner des couleurs". Nul doute que le style cartoon est le meilleur choix qu’ait pu faire Azuma pour cette histoire.

En définitive, Journal d’une dépression est une bonne lecture complémentaire à Journal d’une disparition, mais le choix de la forme et les thèmes abordés diviseront le lectorat, c’est certain. On appréciera principalement la philosophie et les points de vue de l’auteur. L’ouvrage présente un intérêt, mais peut-on parler de lecture divertissante ?


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Raimaru

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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