Jojo's bizarre adventure - Saison 7 - Steel Ball Run Vol.24 - Actualité manga

Jojo's bizarre adventure - Saison 7 - Steel Ball Run Vol.24

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 02 Novembre 2016

Critique 2


La fin de Steel Ball Run aura eu lieu lors des tomes 21 et 22, mais aussi durant les quelques premières pages du tome 23 ; pour le reste, les tomes 23 et 24 constituent un épilogue, autrement dit une sorte de propos conclusif venant après l’histoire. La fin fut assez incroyable ; l’épilogue se voudra étonnement banal et ordinaire. Consubstantiellement, ce dernier tome n’est ni bon ni mauvais, là n’est point la question ; il est strictement hors sujet : aucun relief le moindre ne sera apporté à cette fresque… en rien le goût n’aura été rehaussé ;… Même si l’étonnement blasé se sera un brin invité au fil des pages…

Une erreur de casting : retour et mise en exergue d’un protagoniste parmi d’autres… sans raison aucune…

Après plusieurs livres d’un affrontement dantesque opposant l’infatigable Président Funny Valentine aux quelques éminents survivants de la course, l’auteur nous compte un petit duel entre deux protagonistes secondaires… avec la dernière étape de la Steel Ball Run littéralement, et un peu tristement, en toile de fond. Hirohiko Araki avait sans doute conceptualisé parmi les deux plus grands personnages qu’il n’avait jamais créés – Valentine et Jayro – et, alors que les lecteurs s’interrogeront quant à la manière dont l’auteur saura leur rendre les hommages dus afin de sublimer cette épopée, voilà que émergera, depuis nulle part, celui dont il était salivé peut-être le moins : Diego… lequel, avec Johnny, foulera la scène au point d’en asphyxier le récit. Il y avait tant d’autres personnages incroyables : Hot Pants, Sandman, Pocoloco, Tim Mountain, Wekapipo, etcetera ; pourquoi recentrer le récit sur celui-ci en particulier ? Au lieu de cela, comme c’est le cas, lorsqu’il pointe le bout de son nez, depuis le tout premier tome de la saga, Dio Brando se comportera comme un lâche avant de se faire fesser ; cela tourne au comique de répétition…

La faute de goût ultime : contempler le passé pour tourner le dos à un avenir qui se dressait droit devant

Peut-être Araki n’en avait pas encore conscience en finissant cette partie de Jojo, mais elle allait apparaître comme la plus aboutie, la plus appréciable. Et, au lieu de poursuivre la construction de l’immense édifice qu’il était en train de bâtir, il n’aura souhaité servir, dans ce vingt-quatrième tome, qu’un tiède remake de Phantom Blood, la fin de la première partie de la saga. L’affrontement en lui-même est plutôt agréable, mais il n’est point crédible pour, a minima, deux raisons essentielles : d’une part, comparée à ce qui venait de se produire face à Valentine, cela prend des allures faiblardes  et, d’autre part, le placer, dans la trame, à cet endroit, froisse la prise d’ampleur du récit.

Un choix de l’auteur contraire à l’esprit même de Steel Ball Run : le reniement des avancées

Cette septième saison avait notamment bâti ses fondations et sa réputation sur un certain bouleversement des codes de la série, à commencer par la mise en second plan du lignage Joestar et, accessoirement, de celui des Brando.  Jayro crevait l’écran, Valentine était plus que grandiloquent, et c’était foutrement dingue ; et bien… l’auteur aura néanmoins décidé d’articuler son épilogue sans, à aucun moment, rendre hommage à ceux-là… n’aurait-il pas été davantage appréciable d’accompagner Johnny, lors d’un interstice à Naples, présenter ses condoléances à la famille Zeppeli pour, ensuite et éventuellement, veiller au devenir du jeune garçon cireur de souliers ? Plutôt que de tourner les dernières pages de ce manga afin d’apercevoir un Diego s’amuser avec des allumettes ? Ne point s’appuyer sur les conditions scéniques des personnages est une chose, les délaisser en est une autre.

Une autre force de cette partie était l’accent porté sur l’aventure et la diversité des protagonistes ; mais, ici, les aspects de cette dernière étape équestre sont à peine évoqués et aucun autre participant ne sera traité à l’exception, bien évidemment, de Johnny et Diego… Cela en devient effroyable d’œillères... surtout lorsque cela est regardé sur analyse comparative des deux premiers tomes de cette partie lors desquels l’auteur présentait l’organisation de l’étape, les stratégies de course, la fatigue des chevaux, les différents intervenants… tous ces personnages ;… à ce stade du récit, Pocoloco intéresse davantage le lecteur que Diego – lequel avait déjà eu un développement bien suffisant, peut-être même au point de réhabiliter Dio –, mais non… il n’en sera rien… Pocoloco demeurera une ombre…

En dépit de maints griefs, l’ouvrage reste empreint de pléthore de qualités

Certes, s’il pourra s’agir d’une quasi-déception venant d’Araki, en ce que cet ouvrage n’a rien a faire ici : sa place aurait pu être admise en milieu de fresque – à l’instar d’un tome lambda –, mais non pour conclure celle-ci, la prestation de l’auteur demeure de très bonne facture sur quantité de points : des planches grandioses alliant pâte graphique dense, mise en scène dynamique, angles de prise de vue remarquables, découpage extra, et cetera : certaines planches sont à tomber à la renverse. Aussi, l’ouvrage est rempli d’idées assez surprenantes, comme l’utilisation du personnage de Lucy qui pourra rappeler le rôle d’Emporio dans Stone Ocean, la sixième partie. Egalement, ce tome comprend nombre de parallèles avec quelques précédentes parties de la saga qui seront parfois les bienvenus, à l’exception de ce que susévoqué : le problème n’est pas le parallèle en lui-même, mais le fait que celui-ci étouffe le récit nouveau. De manière générale, le niveau de prestation d’Araki est très élevé : rares sont les auteurs à s’impliquer autant dans une œuvre et à en avoir, surtout, les moyens artistiques.

Rebelote : après Jonathan contre Dio… Johnny face à Diego…

L’affrontement en lui-même, opposant Johnny à celui revenu d’entre les morts, ou plus précisément d’une autre dimension, est parfois très intéressant, notamment lorsque le Stand Tusk se déplace à travers les murs ou à raison de l’intelligence de l’auteur à articuler leurs pouvoirs respectifs, lesquels sont relativement complexes. Mais, là aussi, l’escarmouche perd en intensité puisque Diego est doublement avantagé : d’une part, le Président Valentine a pu le mettre en garde sur les paramètres du pouvoir de Johnny et, d’autre part, Diego est en possession de la relique du bonheur aussi appelée Cadavre-Saint. La meilleure scène restera sans doute celle lors de laquelle Johnny, se sentant désemparé, couvert de son sang et confessant son désarroi, songe à Jayro, parce que, dans des instants aussi difficiles, il aimerait être capable de dire, tout comme lui, des phrases dignes d’un dur à cuire. Une chose pareillement intéressante sera le parti-pris de l’auteur à organiser, tout au long de ce tome, une pseudo-ascension de Diego, voire une sacralisation, pour ensuite mieux le déconstruire – même l’anéantir – sur tous les plans.

Steel Ball Run : une épopée haletante ; une partie talentueuse ; un final sans précédent ;… un épilogue hors sujet


L’épilogue de Vento Oreo – saison cinq de la saga – sublimait l’aspect tragédie grecque de la partie de par l’accentuation de la fatalité du devenir des personnages et, ipso facto, transcendait l’intégralité de l’œuvre jusqu’à sa dernière double page d’anthologie. Mais, ici, dans Steel Ball Run, qu’aura rehaussé l’épilogue ? Qu’aura donc été apporté par le petit jeu de chat et de la souris ayant eu lieu entre Johnny et Diego ? Absolument rien et résolument le néant.

Est-ce que l’erreur originelle de l’auteur n’aura pas été d’abattre un brin prématurément le plus charismatique des protagonistes qu’il n’avait jamais échafaudé jusqu’alors, vidant ainsi, de leur substance, les deux derniers tomes de Steel Ball Run ? Pas intégralement ; mais un peu quand même.

Néanmoins, exception faite de cet épilogue regrettable en ce qu’il aura manqué à sublimer l’ensemble de la partie, cette dernière demeurera, sans doute, comme la plus sophistiquée jusqu’alors livrée par Araki : un des plus grands mangas d’aventure du registre fantastique ; si ce n’est le plus créatif.


Critique 1


Après le sacrifice de son ami Jayro, Johnny a réussi à vaincre Valentine en parvenant à atteindre la rotation parfaite, mais à peine a-t-il le temps de savourer sa victoire et de penser à la perte de son ami que le corps du saint qu'il voulait protéger disparaît: une version de Dio d'une autre dimension s'en est emparée, et cette version de Dio possède le Stand "The World", capable de figer le temps... La dernière ligne droite de la course sera le théâtre d'une dernière lutte épique et sanglante pour la possession d'un cadavre permettant de réaliser des miracles!

Après de longs mois, quelques années à suivre cette trépidante et passionnante septième partie de la grande saga Jojo, celle-ci s'achève à son tour dans un final digne de tout ce qui a précédé, épique et intense, touchant et fort! Forcément qu'on l'attendait de pied ferme ce dernier tome, surtout au vu des événements des derniers tomes qui avaient fait monter la tension à son paroxysme, mais comment ne pas la redouter également? Non pas de peur d'être déçus, aucun doute là-dessus, mais de devoir dire au revoir à ce qui fut sans doute l'une des meilleures parties de la saga, peut être même la meilleure pour certains... Mais la grande force de Jojo c'est que justement chaque fin de partie n'est pas un adieu, mais bel et bien un au revoir, il y aura une huitième saison qu'on attend avec une grande impatience!
Mais si adieu il y a, c'est pour les protagonistes de cette partie, qui se sont montrée si attachants et si charismatiques!

On retrouve donc pour une dernière étape Johnny aux prises avec Dio utilisant désormais un pouvoir d'une tout autre dangerosité que "Scary Monsters"...il va falloir toute l'ingéniosité et tout le courage de Johnny pour appréhender les capacités de son adversaire et développer une riposte...une lutte dantesque commence alors! Danstesque, mais un peu courte... On aurait aimé que ce dernier affrontement s'étende un peu plus, d'autant qu'il s'agit de Dio avec The World, celui a causé tant de problèmes à Jotaro et ses compagnons en leur temps... Mais à côté de ça, quel coup de génie de l'auteur de nous proposer un dernier acte après celui qui se présentait (et qui était réellement) la grande menace de cette saison, un dernier twist en redonnant au personnage le plus iconique de toute sa saga son pouvoir d'origine, un clin d’œil sous forme de fan service, mais qui correspond tout à fait aux événements et ne choque nullement (les différentes dimensions, certes un peu passe-partout).
Mais là encore l'auteur fait les choses dans les règles, quoi de mieux que la gravité pour lutter contre le temps?

Nous assistons donc à un dernier acte intense, presque suffocant tant tout va très vite, à l'instar des personnages nous n'avons pas le temps de souffler, on est happé par le sprint final, et ce sprint on le fait en même temps que Johnny et Diego!

On ne peut cependant nier que cette fin a quelques points noirs, outre sa rapidité, comme le fait par exemple d'occulter certains personnages tel que Poco Loco qui au final n'aura servi à rien, n'aura pas du tout été exploité...mais quelque part c'est aussi ce qui donnait son charme à cette partie, à l'instar de la quatrième (diamond is unbreakable): malgré le format "course", pas de linéarité, pas de groupe qui se constitue, mais de nombreux personnages qui gravitent autour de nos héros, avec chacun leurs propres objectifs, chacun leurs propres aventures à vivre, chacun de leurs côtés...parfois leurs histoires se croisent et parfois ils la vivent hors champ!

Seul le dernier chapitre nous offre la possibilité de souffler, et tout comme Johnny qui n'en avait pas eu le temps, nous pouvons enfin pleurer Jayro! Araki nous offre une rapide rétrospective de cette grande aventure, et nous quittons Johnny, bien que l'esprit tourné vers le passé, le regard tourné vers l'avenir...et c'est cet état d'esprit que le lecteur se doit d'avoir, plein d'émotions pour les grands moments passés avec Steel Ball Run, triste de cette fin, triste de ne plus retrouver ces personnages et cet esprit d'aventure, mais tourné vers l'avenir, vers Jojolion, la huitième saison!

Jojo est terminé, vive Jojo!


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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