Jigoku no senki – Le démon funeste Vol.2

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 31 Mars 2022

Après avoir assisté au meurtre atroce de son ex-femme Atsuko, avoir puni le meurtrier ainsi que son commanditaire, et avoir découvert l'implication dans l'affaire de Hashizume (l'homme qui lui donne des contrats), Yajima tâche autant que possible de reprendre le cours de ses activités, avec toujours pour principale raison d'être la survie de sa fille Maiko, hospitalisée. Mais que se passerait-il si une bande de malfrats, de façon gratuite si ce n'est par appât du gain, en arrivait à s'en prendre horriblement à son enfant ? La réponse va se dessiner au fil d'un premier chapitre où la traque assassine de Yajima, de façon plus personnelle que jamais, va prendre encore un nouveau virage dans la noirceur: même quand on le supplie, l'homme n'hésite plus du tout à abattre froidement ses proies, sans la moindre parcelle d'émotion. La ville gangrénée ne cesse plus de l'assombrir, et ce n'est certainement pas la suite de ce tome qui va changer la donne...

Car dans les chapitres suivantes, Yajima se confronte toujours plus à la noirceur et à la violence d'une ville corrompue où, dans le fond quasiment tout le monde semble pourri, même les forces de l'ordre, et en particulier son commissaire qui constitue un nouveau personnage récurrent imbuvable (écraser une fillette sur le passage piéton ? Rien à battre, c'est plus important de continuer de courser un petit malfrat). Que ce soit quand il veut aider un collègue assassiné à retrouver la trace de sa fille adorée disparue, en voulant se venger de Hashizume, en voulant aider un "père" à venger sa petite fille tuée, ou en voulant satisfaire une autre vengeance d'un "époux" décédé avant de pouvoir satisfaire sa haine envers le yakuza ayant tuée sa femme enceinte en simple dommage collatéral, les histoires ne sont jamais joyeuses et, surtout, ne se terminent jamais bien, en particulier quand certaines personnes ne sont pas ce qu'elles semblent être et témoignent de tous les vices dont est capable l'être humain.

Dans ce contexte, l'oeuvre se fait encore plus dure, plus brutale que dans le premier volume, en se démarquant un peu de l'ambiance typée film noir du tome 1, et en se rapprochant désormais un peu plus d'un Golgo 13 par exemple, plus encore au vu de la dégaine de Yajima. Et face à la brutalité du monde, notre anti-héros évoluent lui aussi: ses quêtes assassines ne sont définitivement plus de simples contrats à exécuter, certaines ont des enjeux plus personnels et ont des choses qui résonnent en lui... Les auteurs ont alors le mérite de ne pas rester statiques dans leur formule, comme en attestera la mort d'un personnage-clé un peu avant le milieu du tome.

L'oeuvre en ressort encore un peu plus prenante... à condition, toutefois, d'accepter en particulier son utilisation des femmes, celles-ci n'étant toutes, ici, que des objets de désir, symboles de luxure tout juste bon à satisfaire ces messieurs, y compris par la force. Avec notre regard d'aujourd'hui, ça peut passer plus difficilement que jamais, mais il ne faut pas oublier deux choses: non seulement que la série s'inscrit dans son époque (il y a plus de 45 ans), une époque qui regorgeait d'oeuvres brutales et "viriles" de ce genre, mais aussi qu'elle reste une oeuvre qui fut publiée dans une revue mature à tendance érotique, le Manga Erotopia des éditions Hôbunsha, avec ce que ça peut impliquer de "fantasmes" propres à ça.

Une fois cette remise en contexte effectuée, le fait est que Jigoku no Senki continue de séduire dans l'ensemble, en se bonifiant même un peu par rapport au premier tome, grâce à son schéma narratif qui évolue un peu plus. On attendra alors avec curiosité la suite et fin de cette oeuvre dans le 3e et dernier tome.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
14.5 20
Note de la rédaction