Je suis Shingo Vol.2 - Actualité manga

Je suis Shingo Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 25 October 2019

Depuis qu'ils se sont sentis attirés l'un envers l'autre lors de la visite de l'usine Yutaka Industries, les jeunes Satoru et Marine n'ont eu de cesse de se revoir, de passer du temps ensemble, notamment en allant voir le robot industriel de l'usine, Monroe. Leurs sentiments l'un pour l'autre n'ont fait que grandir, sous le regard de machine de Monroe. Un amour si fort qu'il a permis au lunaire Satoru de bien changer et de braver l'écart social qui risque de se poser entre lui, fils d'ouvrier, et Marine, fille de diplomate. mais jusqu'où pourra aller cet amour ? Tandis que du côté de l'usine, une terrible nouvelle pour le père de Satoru tombe au risque de briser l'entente familiale, le petit garçon, lui, est surtout obnubilé par autre chose: Marine va bientôt devoir déménager en Angleterre avec ses parents, alors qu'elle n'en a aucune envie et veut rester avec son amoureux. Décidant de fuguer ensemble, les deux enfants comprennent bientôt qu'ils ne peuvent compter sur personne dans leur folle fuite. Personne, sauf leur ami commun: une simple machine à laquelle ils vont demander conseil et qui, elle aussi, va continuer d'évoluer de manière surprenante...

Après un excellent premier pavé, ce deuxième volume de 420 pages accélère encore le rythme, dès lors que Satoru et Marine choisissent de se retrouver pour fuguer, et le résultat est exceptionnel. Pour sa tension tout d'abord: Umezu nous a déjà bien prouvé dans d'autres oeuvres (notamment L'école emportée) qu'il a un talent fou pour offrir des montées d'intensité continuelles, et la longue fugue des deux jeunes héros s'inscrit pleinement là-dedans, l'auteur magnifiant sa narration soutenue et employant tous ses talents visuels pour offrir des découpages sombres et tendus. Tout a pourtant l'air de n'être qu'une fugue d'enfants vivant leur premier amour, mais celle-ci est voué à prendre des proportions toujours plus dingues, jusqu'à une dernière ligne droite à la tour de Tokyo qui, de par l'entreprise folle dans laquelle les deux gosses se lancent, on ressent bien à quel point leurs sentiments sont purs, puissants et authentiques, sans doute bien plus authentiques que certaines relations adultes.

Umezu joue d'ailleurs avec beaucoup d'intelligence sur ce thème de l'opposition enfant/adulte, un thème qu'il affectionne et qu'il exploite régulièrement, l'exemple le plus marquant ayant sûrement été dans L'école emportée là aussi, où les enfants se montraient au final bien plus débrouillards et mûrs que les adultes. Ici, c'est la même chose: alors qu'ils ne sont encore que des enfants, qu'ils méconnaissent tout du monde (ne serait-ce que comment on fait un enfant, une question capitale dans ce tome), ce sont bien eux qui paraissent les plus forts ici, en ne reculant jamais face à l'objectif qu'ils se sont fixés, pendant que leurs parents et les autres adultes à leur recherche se disputent, hésitent, progressent moins vite... Satoru et Marine semblent presque seuls face au monde entier, et tout est cristallisé dans leur éprouvante et dingue montée de la tour. Une montée où Umezu brille toujours plus dans sa mise en scène, notamment en jouant à merveille sur les angles de vue en haut de la tour, des angles allant dans tous les sens, en faisant alors ressortir l'aspect vertigineux mais aussi toutes la perte de repères de Marine en particulier.

Et Monroe dans tout ça ? Hé bien, pendant que les deux enfants sont plongés dans leur fugue de plus en plus désespérée et possiblement dramatique, lui reste à plus d'un égard le témoin privilégié de leur amour. C'est à lui que Satoru et Marine viennent demander conseil, c'est sa réponse qui les mène jusqu'à cette montée suicidaire en haut de la tour... mais est-ce bien ainsi que les deux gosses pourront avoir leur enfant ? Cet enfant, ne l'ont-ils pas déjà créé en faisant évoluer ce simple robot industriel ? Satoru et Marine lui ont déjà inculqué bien des choses, un certain savoir, un apprentissage, et les questions qu'ils lui posent l'amènent petit à petit à atteindre une nouveau stade: la conscience de lui-même. Une conscience l'amenant à effectuer des choix marquants et prometteurs dans la dernière grosse partie du volume...

Tout en nous livrant une lecture à l'intensité dramatique, à la tension et au rythme dingues, Umezu poursuit à merveille le traitement de ses personnages, de son univers et de ses thématiques. Nourri par les sentiments et les apprentissages des deux enfants, le robot Monroe grandit lui aussi, et le meilleur semble encore à venir dans ce récit aux multiples richesses.
   


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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