In the End - Actualité manga

In the End

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 24 September 2009

« La manière dont tu t’habilles et où tu traînes … Ta façon de vivre me dégoûte ! »

Derrière cette belle (mais singulière) couverture et tous ces reports, c’est avec une grande impatience qu’on ouvre ce nouveau yaoi des éditions Taïfu. Une histoire qui promet de parler du mal être d’un jeune, de son amour tabou et de ses pensées les plus torturées. En gros … c’est ça. Mais pas forcément dans le bon sens du terme. La première chose qui ressort, le caractère très spécial de Kaito, nous conduit à se perdre très rapidement. Le début même du manga n’est pas évident, et on ne comprend pas vraiment l’intérêt du scénario. Car Kaito est juste un adolescent aux mœurs étranges, se fondant merveilleusement dans le stéréotype typique et de mauvais goût du gothique rebelle. Réagissant avec violence aux réflexions de son père, le jeune homme se sent incompris et unique, comme si personne ne pouvait l’approcher. C’est un peu « vive l’anarchie, je me fous du système et des règles ». Pour tout dire, la représentation maladroite d’une personnalité si classique dans la marginalité est presque ridicule. Tant de bruit autour d’une attitude, au départ réellement originale, qui maintenant se répand également comme un effet de mode, ne fait que contribuer à la mauvaise image dont souffre de telles habitudes. Par son style vestimentaire, sa coiffure, ses attributs et son comportement, Kaito sort des habituels héros de yaois … Mais pas tant que ça au final. De plus, aucune scène ne viendra combler l'attente désespérée des fans. Non, il ne se passe RIEN.

Attardons nous un peu sur « l’histoire » de In the end. Un adolescent un peu perdu, ne sachant pas bien ce qu’est l’amour, se laisse sombrer peu à peu dans un quotidien nonchalant et sans aucune passion. Lui si différent, lui si perdu au milieu des ténèbres qui tentent de le happer, le voilà triste et sans motivation ni talent. Heureusement son professeur, Ren, va remarquer son échec et son regard dans le vague, son errance. Et en deux temps trois mouvements, voilà que le jeune professeur se déclare à son élève. Bon, forcément, une telle relation, en plus si elle est relevée par son caractère homosexuel, a de quoi ravir les tabous, l’exclusion et la différence que doivent ressentir un « gothique » (admettons cette simplification un peu rapide), déjà soumis à toutes ces notions. Un vrai plaisir pour notre petit Kaito. Sauf que certains auteurs réussissent mieux le challenge que d’autres … Bref, toujours est il que dans cette parodie de l’adolescence, les sentiments ne sont pas crédibles une seconde. Leur amour nait en quelques pages, cela nous tombe dessus sans préavis, sans raison. La cohérence des sentiments est totalement oubliée : il faut que l’amour naisse, et bien faisons le naître allègrement ! La raison ? Hum, comme ça. Parce que cette histoire est née de l’imagination de deux personnes, mais qu’au final elle n’était pas prête à voir le jour. Parce que tout est trop cliché ou alors trop rapide. Parce qu’on se focalise sur quelques personnages sans contexte intéressant, parce qu’aucun charisme ne ressort malgré les tenues supposées imposantes des protagonistes du tome.

Pourtant, on aurait pu croire à une réelle bonne narration. Les thèmes du divorce, des tabous et de la mort son abordés. La trahison, la confiance réciproque -condition sine qua non d’un couple-, l’abandon, la séparation et la résignation … Mais l’univers du manga américain gâche tout, par une dose extrême d’exagération ! La fin tragique ne fait même pas soulever un sourcil, et le lecteur a du mal à arriver jusque là tant la lecture est parfois laborieuse. Trop, trop, trop. C’est essentiellement ce que l’on retient de ce titre, qui verse dans le sentimentalisme sans que les pensées des personnages ne nous atteignent : embêtant, lorsque l’histoire se base sur l’amour, de ne pas saisir la profondeur des émotions des principaux concernés. Concernant les graphismes, certains aimeront. Il est vrai que c’est le seul détail qui rattrape un peu le scénario. Typés, ceux-ci sont toutefois maladroits : problèmes de proportions, conformité du trait, découpage trop régulier, visages peu expressifs et mouvements trop raides. La dessinatrice peine à retranscrire avec assez d’authenticité le monde noir sur lequel l’histoire se base. Ce qui contribue fortement au peu de charisme de l’ensemble : tout l’univers du manga est uniforme, sans réellement exploiter la veine des « gothiques » … On se doit pourtant de souligner la grande attention accordée aux détails des pages et des coutumes vestimentaires des personnages. L’édition, elle, est globalement satisfaisante dans la traduction. Mais les pages restent trop fines, trop souples et pas assez blanches. De plus, les pages de fins sont soit bardées de pub soit vides : une surprise peu appréciée. Et comme toujours, le prix fait mal par rapport au prix d’un manga « classique ». Bref, In the end est une grande déception que la volonté et le courage des auteurs dans leur première œuvre pardonne légèrement. La couverture, en tout cas, est bien trompeuse …


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

10 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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