Critique du volume manga
Publiée le Jeudi, 17 Juillet 2025
Comme si Hitomi n'avait pas assez de choses à gérer à la fois dans ses études lycéennes et dans ses multiples tâches de femme d'affaires (?!), la prodige et beaucoup trop gentille jeune fille doit désormais... sauver la vie de couple de ses parents ?! La relation semble effectivement battre de l'aile entre le père de l'adolescente, trop absent et pris par le travail, et sa mère, une femme qui, en plus de sembler beaucoup plus jeune que son âge à la fois physiquement et mentalement, se sent délaissée voire non-aimée par son époux. C'est un peu malgré elle que Hitomi se retrouve dans un rôle de conseillère/entremetteuse entre ses propres parents, pour un résultat excellent, tant Masao Ohtake exploite là toutes les possibilités de la drôle de situation familiale de la jeune fille, entre son rôle de fille/patronne/conseillère de son propre père (qui ignore qui elle est, même au bar), et ce que l'on peut découvrir sur son amusante mère, son côté un peu enfantin et l'identité de l'une de ses partenaire de guilde dans le RPG en ligne auquel elle participe...
De son côté, Hina poursuit son quotidien entre l'appartement de Nitta et le lycée, et ici l'auteur nous donne l'occasion de suivre une journée de sa vie, ce qui est l'occasion de voir qu'elle a humainement évolué dans ses interactions... ou pas ?! Car la jeune fille a beau faire visiblement des efforts pour mieux se sociabiliser, le fait est qu'elle reste encore maladroite sur plus d'un point, notamment dans son choix des mots quand elle souhaite complimenter les autres...
Quant à notre chère Anzu, tout en continuant de gérer autant qu'elle le peut sa gargote de râmen (que Nitta, en y venant trois fois par semaine, sauve franchement de la faillite), la voici qui, à force d'être complimentée sur ses dessins, se motive à participe à un concours dans le domaine, pour un résultat aussi amusant qu'attendrissant, tant la chute, au-delà de son côté rigolo, fait encore ressortir toute la pureté de cette jeune fille qui arrive toujours à toucher le cœur de son entourage.
Enfin, même la langue de vipère Sayo et la très froide déléguée ont droit à leur petit moment dans ce tome, au fil d'un bref chapitre où elles se retrouvent un peu plus mêlées aux problèmes de cœur de Hitoshi vis-à-vis de Hina : elles qui préfèrent généralement observer les choses pour leur propre plaisir, elles risquent bien de défaillir un peu cette fois-ci face à la beaugossitude du jeune garçon... Enfin, surtout Sayo !
Au fil de ces quatre passages, Masao Ohtake, en plus d'exploiter une vase palette de ses personnages, sait très bien les mener dans des situations généralement abracadabrantes, où il y a toujours un grand plaisir à observer les situations ubuesques dans lesquelles ils se retrouvent et à voir comment son humour absurde va aller toujours plus loin. Mais en plus de ça, l'auteur n'oublie aucunement le nouveau fil rouge de son histoire autour de l'offensive du clan Jadô contre les groupes du clan Ôdô. Le tome précédent nous laissait effectivement sur une importante menace pesant sur Nitta et les siens et incarnée par Masaki Tsuda, un des meilleurs et plus ambitieux lieutenant de Jadô, et sur le mystérieux enfant psychokinésiste qui l'accompagne, Haru. Et fort logiquement, dans ce volume le mangaka nous donne l'occasion de mieux entrevoir ce nouveau binôme... pour un résultat avant tout hilarant, entre les énormes quiproquos douteux autour de la relation entre Tsuda et le gamin, la nature en réalité pas du tout courageuse du lieutenant de Jadô, la tournure complètement loufoque prise par le duel entre psychokinésiste dans la dernière partie du volume, ou même la révélation complètement grotesque sur l'objectif de Haru en toute dernière page.
Ainsi, tout en jouant bien sur les enjeux autour du complot de Jadô et en installant efficacement ses nouveaux personnages, Masao Ohtake ne perd absolument jamais de vue la nature comique de son œuvre, et ici son humour absurde et décalé fonctionne du tonnerre. On reste ainsi toujours sur une lecture très fun avec Hinamatsuri, une comédie qui sait se renouveler sans se trahir et qui ne nous lasse toujours pas !