Hamlet - Actualité manga

Hamlet

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 04 March 2020

Après Roméo et Juliette qui, en janvier 2015, était parmi les premiers titres de la collection des Classiques en manga, les éditions nobi nobi! proposent au jeune (ou moins jeune) public, en ce début d'année 2020, de découvrir ou redécouvrir une autre tragédie de Shakespeare, peut-être la plus célèbre, et assurément la plus longue: Hamlet. Adaptée à différentes reprises au fil du temps, que ce soit à l’opéra, en bande dessinée, sous d’autres formes littéraires ou encore sur grand écran, cette pièce de théâtre en 5 actes s'est installée comme un incontournable de son genre, ayant nourri de nombreuses analyses jusqu'à faire de son héros tragique une figure emblématique. Autant dire qu'ici, on s'attaque à un gros morceau, dont on comprend vite que l'adaptation ici présente se voudra extrêmement fidèle, au vu de son épaisseur (plus de 460 pages, ce qui en fait le "Classique en manga" le plus épais) et de la présence de la traduction de référence, celle de François Guizot élaborée en 1921.

Et la grande fidélité, c'est bien ce que l'on ressent à la lecture, car concrètement tout est là. Quiconque a déjà lu et retenu Hamlet constatera qu'il ne manque rien dans cette version manga ne prenant aucun raccourci et cherchant à retranscrire la tragédie dans toute sa richesse, ce qui permet notamment d'y retrouver tous les grands thèmes de la pièce d'origine, comme les éléments historiques, les classes sociales, jusqu'où peut aller le désir de vengeance quitte à confiner à une certaine folie destructrice, etc etc...

Sur le plan de la fidélité et de la richesse, il n'y a rien à reprocher à cette version manga, donc... mais cela suffit-il à faire une bonne adaptation ? Même si le choix de faire dans la fidélité totale se tient, encore faut-il que la version manga apporte une réelle plus-value à l'oeuvre d'origine, et malheureusement ce n'est pas vraiment le cas, la faute à un élément normalement crucial dans un manga: l'aspect visuel. Cette version d'Hamlet a été dessinée par Julien Choy, un artiste qui, il y a près de deux ans, nous avait déjà assez peu convaincus avec Le Livre de la Jungle. Et malheureusement, son travail visuel n'a pas évolué, voire a régressé, tant parfois il s'adapte peu à l'ambiance tragique de la pièce, la faute essentiellement à certains designs de personnages involontairement grotesques, qui sont tout simplement bizarres et moches (désolé, il n'y a pas d'autre mot). Mais s'il n'y avait que ça: globalement les designs sont inégaux et peu expressifs, le travail des tenues d'époque est très lisse, les décors sont trop souvent absents, réduits à trois fois rien ou tout simplement trop peu détaillés... et, surtout, il n'y a aucune fulgurance de découpage ou de mise en scène. Les moments les plus intenses de la pièce auraient pu donner de très bonne choses, mais malheureusement le mangaka donne l'impression de s'être contenté de mettre en image case par case le texte d'origine sans chercher plus loin, sans vraiment réfléchir à une mise en scène sur la longueur. Au point qu'au fil de ces 460 pages, on s'ennuie souvent...

Alors, est-ce que cette version manga apporte quelque chose à la pièce d'origine ? Non. Réussit-elle son rôle d'adaptation ? Pas vraiment, car la patte visuelle/artistique est si pauvre et le manga si long qu'on a finalement plus vite fait de lire la pièce de théâtre. Il s'agit malheureusement du Classique en manga le moins réussi à ce jour, malgré les qualités éditoriales toujours au rendez-vous pour cette collection.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

10 20
Note de la rédaction






MN Actus
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