Goblin Slayer - Brand New Day Vol.1 - Actualité manga

Goblin Slayer - Brand New Day Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 09 April 2021

Etrange paradoxe que la licence Goblin Slayer chez Kurokawa.
D'un côté, l'éditeur a annoncé, lors de son dernier live sur les réseaux sociaux, que faute de succès le light novel d'origine, en cours de parution dans la collection Kuropop depuis 2018, était mis en stand-by, le temps de trouver une solution pour poursuivre sa publication. Une annonce qui, forcément, a du mal à passer, non seulement car les romans n'ont jamais été franchement mis en avant par l'éditeur dans des pubs, mais aussi et surtout car cette annonce est arrivée discrètement, devant les questions toujours plus insistantes des fans, après des mois passés à faire l'autruche. Le light novel de Goblin Slayer n'est d'ailleurs pas le seul dans le cas, puisque les romans de Moi, quand je me réincarne en slime subissent le même sort. On se rassurera quand même un peu via l'affirmation de l'éditeur, comme quoi ces romans ne seront pas abandonnés et que des solutions sont en cours de recherche.
Et d'un autre côté, la licence semble bel et bien continuer de rencontrer son succès du côté des mangas, puisqu'en ce mois d'avril Kurokawa lance un troisième manga Goblin Slayer dans notre la langue.

Ainsi, après le Goblin Slayer canonique et la préquelle Year One, voici venir Brand New Day, une mini-série vouée à ne durer que deux volumes, qui fut prépubliée au Japon en 2018-2019 dans le magazine Big Gangan de Square Enix, et qui, selon l'éditeur, est un spin-off mettant à l'honneur certains personnages secondaires de Goblin Slayer. Cette courte oeuvre a été dessinée par un mangaka qui n'est pas tout à fait inconnu en France puisqu'il s'agit de Masahiro Ikeno, l'auteur des shônen Malicious Code et Red Dragon, respectivement parus en France chez Komikku et Glénat il y a quelques années.

Ce premier volume se compose donc de 4 chapitres indépendants, venant s'intercaler dans des moments de "pause" de l'intrigue principale de Goblin Slayer. Dans le premier, on suit les débuts compliqués de deux jeunes aventuriers débutants qui, pour progresser, devront prendre un peu exemple sur d'autres aventuriers que l'on connaît bien, comme le Lancier, la Sorcière et, bien sûr, le Crève-Gobelins. Dans le deuxième récit, place à un jeune garçon qui rêve de devenir aventurier, jusqu'à se retrouver en danger face à une horde de gobelins et être sauvé par le Crève-Gobelin, ce dernier devenant alors un exemple pour lui. Dans la troisième histoire, on suit un peu le quotidien de la serveuse semi-humaine de la taverne où les aventuriers ont l'habitude de se réunir... Intriguée par le fait que le Crève-Gobelins ne mange jamais, saura-t-elle le convaincre de goûter son ragoût de boeuf ? Enfin, la quatrième histoire nous fait suivre une petite chasse au gobelin tout à fait classique pour notre Crève-gobelins, à ceci près qu'une partie du récit est placée du point de vue de l'un des gobelins, sentinelle regrettant de ne pas pouvoir violer une humaine avec ses congénères, et qui finira évidemment en bouillie.

Ces différents récits vous dissent quelque chose ? Eh bien, ce ne serait pas étonnant, puisqu'en réalité ce spin-off adapte le 4 volume du light novel d'origine, cette espèce de hors série qui, à ce stade de la publication, n'avait que peu d'intérêt. On était alors plutôt heureux de voir que l'adaptation manga canonique avait zappé ce roman peu intéressant, mais en fait, c'était donc pour capitaliser encore plus sur la licence en en faisant une mini-série à part entière...

Mais dans les faits, le constat est le même que pour le roman: si vous cherchez des histoires réellement intéressantes, circulez, y a rien à voir. Ce genre de spin-off proposant des petites histoires annexes et permettant de souffler un peu dans une intrigue dense, ça peut être très bien... Mais encore faut-il que ce type de production arrive au bon moment et qu'il apporte tout de même des choses intéressantes, ce qui n'est pas vraiment le cas. Dans les trois premiers chapitres, on peine à s'intéresser vraiment à ce qui arrive au deux aventuriers débutants, au petit garçon et à la serveuse, dans la mesure où aucun de ces visages n'est vraiment récurrent dans la série ou, jusqu'à présent, n'a eu de rôle un minimum marquant dans l'oeuvre. On les connaît à peine, on les a à peine voire pas du tout vus, et concrètement ces chapitres n'apportent rien de plus enrichissant sur eux, alors comment se passionner pour eux. A titre d'exemple, la serveuse n'a eu aucun rôle précédemment, elle a été à peine évoquée dans les opus précédents de la licence Goblin Slayer, et le chapitre qui lui est dédié se contente de montrer 2-3 traits de son caractère, donc on s'en fout un peu: aucun attachement pour elle n'a été établi précédemment. Qui plus est, les choix d'adaptation de Masahiro Ikeno s'avèrent vraiment étranges par moments: entre autres, l'apprentie prêtresse passe à la trappe dans le deuxième récit, et dans la troisième histoire c'est le côté un peu plus sentimental de la serveuse qui est occulté au profit d'un humour un peu bête, alors qu'il s'agissait quasiment des seuls petits éléments dignes d'intérêt dans le roman. Dans tout ça, finalement, seuls le 4e chapitre tire un tout petit peu son épingle du jeu car au début il y a cette idée assez fun de nous placer du point de vue d'un gobelin (forcément vicieux et pas malin) avant qu'il se fasse massacrer (la suite et fin redevient beaucoup plus classique), même si entre les mains d'Ikeno ça devient un petit peu plus voyeuriste et putassier sur l'humaine violée. Et pour rester sur la patte d'Ikeno, sans être désagréable, celle-ci n'est pas franchement convaincante, surtout quand il s'essaie à un humour presque SD pas toujours bien placé, surtout dans les 1e et 3e chapitres. Qui plus est, sa manière de représenter physiquement certains personnages ne colle pas avec l'image qui en est véhiculée dans le reste de la licence, en particulier pour la Sorcière.

Alors, que retenir de ce premier tome ? Eh bien, pas grand chose, car malgré la bonne idée qu'aurait pu être cette envie de faire des petits histoires indépendantes dans l'univers de Goblin Slayer, tout ceci est bien vide, et en plus Masahiro Ikeno fait rarement les bons choix d'adaptation. En résulte une lecture à réserver aux plus purs fans de Goblin Slayer: ça n'apporte rien, et c'est très anecdotique.

L'édition française, sinon, reste convaincante. Le papier et l'impression sont de bonne facture, on retrouve à la traduction Fabien Nabhan qui officie déjà sur les autres mangas de la licence, on a droit à pas moins de 6 premières pages ne couleurs et à une petite nouvelle de 6 pages du romancier d'origine... Mais pour en revenir au cas des romans, il est étonnant de ne pas voir une seule pub dessus dans les pages promotionnelles de fin de tome. Et après, ça va s'étonner que le light novel ne rencontre pas son public.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

8 20
Note de la rédaction






MN Actus
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