Girls' Last Tour Vol.6 - Actualité manga

Girls' Last Tour Vol.6

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 02 April 2021

Au sein du gigantesque bâtiment dont elles ignorent toujours l'utilité exacte, Chito et Yûri poursuivent leur ultime objectif: atteindre le dernier étage, avec sans doute l'espoir d'y trouver quelque chose... mais quoi, au juste ? Et y aura-t-il seulement quelque chose à espérer là-haut ?

Le fin du "dernier tour" de nos deux héroïnes approche désormais, toujours avec une part de flou quant à leur avenir sur cette Terre devenue quasiment inhabitée... Mais avant de conclure son oeuvre au bout de ce sixième et dernier opus, pas question pour Tsukumizu de changer fondamentalement sa recette, quand bien même chaque étape de la fin du parcours des jeunes filles semble marquer un peu plus l'inéluctabilité de la conclusion. En ce lieu qu'elle ravissent, l'air est froid, le vent est glacial, la neige poudreuse gène leur progression. Les réserves de nourriture s'amenuisent, leur plus fidèle ami mécanique rend même l'âme jusqu'à en faire pleurer Chito... Alors, au bout des pertes et de l'épuisement, que trouveront les fille à l'issue de leur périple ?

Avant d'en arriver à cette ultime réponse, l'auteur ne change pas les bases de son récit, comme déjà dit. Néanmoins, à l'heure où la situation des deux héroïnes devient de plus en plus délicate, les réflexions abordées revêtent un sens plus profond encore. Ici, les filles découvrent une gigantesque bibliothèque dont elles ne peuvent pas tout comprendre, en particulier pour Yûri qui ne sait pas lire. Là, elles tombent dans une sorte de planétarium qui leur permet d'apprendre des choses, comme le fait que le Soleil est plus gros que la Terre... soit autant de choses qui à notre époque, quand tout n'est pas encore détruit, semblent évidentes, mais qui ne le sont plus dans leur futur. Et quand elles comprennent peu à petit à quoi a bien pu servir ce grand bâtiment, leurs réflexions les poussent encore plus loin, en les faisant s'interroger sur l'intérêt de vouloir aller dans l'espace, par exemple. De tout ceci, il se dégage des idées marquantes sur la condition humaine. Sur le fait que nous sommes peu de chose, quand on voit comment les bases de notre civilisation ont pu être balayées dans ce futur. Mais aussi sur le fait que c'est peut-être ça qui fait la beauté de la vie humaine, de cet instinct humain à vouloir comprendre l'incompréhensible et atteindre l'inaccessible malgré la condition de notre espèce, et de cette faculté que l'on peut avoir à profiter des petits rien malgré tout, chose que nos deux héroïnes ont régulièrement faite au fil des tomes, et qu'elles font encore dans ce dernier volume, par exemple en profitant simplement d'un bain, en observant les structures qu'elles traversent... Et cela se fait toujours avec des petites notes d'humour et de complicité entre elles deux, comme quand Chito compare le vide de l'espace à l'estomac de Yûri, ou que les filles restent soudées sans céder au désespoir malgré la situation de plus en plus difficile.

La toute fin est, alors, pleine d'ambiguïté. D'un côté, elle a forcément quelque chose de profondément triste, au vu de la façon dont on laisse les deux jeunes filles, et de cette magnifique succession de doubles pages nous éloignant toujours plus d'elles comme pour montrer leur petitesse. D'un autre côté, il y a, comme le dit le mangaka dans sa postface, ce sentiment que Chito et Yûri ont toujours essayé de vivre à fond avec leurs moyens et malgré la situation, et qu'elles ont sûrement pu être heureuses à leur manière...

Voilà. Le dernier tour de Chito et Yûri est fini. Et, concrètement, Tsukumizu ne pouvait pas offrir une conclusion mieux tournée et plus riche de sens. Cette sorte de tranche de vie sur fond de fin du monde humain aura su nous marquer d'un bout à l'autre, et s'impose assurément comme un must have de sa catégorie.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction






MN Actus
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