Freaky Girls Vol.10 - Manga

Freaky Girls Vol.10

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 25 Novembre 2022

Tandis que le onzième et ultime volume de Freaky paraîtra au Japon le mois prochain, la série revient en France en ce mois de novembre avec son tome annuel, après un 9e volume qui s'était révélé profondément juste et émouvant dans les développements apportés aux soeurs Takanashi, avec à la clé un petit paquet de messages poignants et bénéfiques.

Nous retrouvons ici nos attachantes adolescentes "demi" en pleine discussion avec Mademoiselle Satô, leur enseignante ayant connu quelques rendez-vous récemment avec son bien-aimé Takahashi mais peinant encore à se déclarer, son statut de succube la complexant encore dans sa faculté à espérer une relation sincère. C'est dans ce contexte un peu gênant pour Satô que débarquent alors Takahashi lui-même, sa nièce Yôko et le scientifique Sôma, pour une raison bien précise et pas des moindres: effectuer une expérience visant à connecter la tête de la jeune dullahan Machi à son corps ! Effectivement, Kaoru, par téléphone, a préféré faire part aux deux hommes de la possibilité de réaliser cette expérience en un jour bien précis où toutes les conditions nécessaires seraient réunies. Après avoir obtenu l'accord de Machi elle-même et de ses parents, nos héros s'apprêtent à tenter l'expérience, en ne devant absolument rien laisser au hasard. Car en plus du jour précis, chaque personnage risque bien d'avoir un rôle à tenir dans la réussite du projet. Et l'aboutissement de celui-ci repose particulièrement sur une personne et plus précisément sur son niveau de stress: la fille des neiges, Yuki...

Occupant toute la première moitié du tome, cette fameuse expérience s'avère passionnante pour plusieurs raisons, à commencer par tout l'aspect scientifique que le manga Petos continuer d'élaborer en expliquant par exemple l'impact des plans dimensionnels ou encore la raison pour laquelle Yuki, avec ses pouvoirs de fille des neiges, a une place si importante dans tout ceci. Mais au-delà des explications qui demandent certes un petit effort d'attention mais qui s'avèrent bien pensées, c'est à nouveau tout le facteur relationnel qui brille: la mise en valeur de la profonde amitié de Yuki pour sa camarade (sans quoi le plan ne pourrait aboutir), l'implication et l'application de tout le monde pour porter de l'avant la jeune dullahan, l'amour des parents de Machi pour leur fille qu'ils continueront d'aimer quel que soit son statut d'humaine ou de dullahan... Mais à l'arrivée, on retiendra plus encore la propre vision de Machi suite à cette expérience: préfère-t-elle, dans le fond, être une "demi" dullahan ou une humaine à part entière ? La réponse montrera bien à quel point la jeune fille s'accepte désormais comme elle est, qui plus est en se sachant aimée pour ce qu'elle est par son entourage.

Une fois tout ceci passé, c'est désormais au cas de Satô d'être réglé: éprise depuis bien longtemps de son collègue Takahashi, la jeune femme succube saura-t-elle enfin franchir les dernières étapes pour, peut-être, vivre son amour pour lui avec lui, au-delà de sa nature de dullahan qui pourrait fausser les choses ? Petos mène bien les choses aussi de ce côté-là: tout le monde, que ce soit le lectorat qui observe ces deux-là depuis longtemps, nos petites demis qui tâchent de soutenir la jeune femme pour la pousser à se jeter à l'eau, ou même l'inspecteur Ugaki qui a toujours veillé sur elle à sa façon, a désormais parfaitement conscience des sentiments respectifs de ces deux-là, si bien que c'est tout naturellement et avec attachement qu'on les voit enfin évoluer. Petos y soulignent de jolies choses, comme le fait que c'est aussi la nature de succube qui fait une partie du charme de Satô, et donc c'est pour ce qu'elle est (avec toutes ses qualités et ses défauts) que Takahashi l'aime. mais le mangaka s'essaie également à quelques réflexions rapides mais intéressantes sur l'égalité humains/para-humains, en étendant la chose plus largement sur le rôle de l'Etat japonais dans la notion d'égalité et sur son côté trop conservateur.

En faisant ici très joliment évoluer, s'affirmer et s'accepter Machi et Satô après avoir brillé dans son abord des soeurs Takanashi dans le tome précédent, Petos ne s'égare aucunement de son sujet, prend soin de chaque personnage, et nous fait bien sentir que la fin n'est plus très loin. C'est avec impatience que l'on attendra alors le 11e et dernier tome de la série, tout en sachant déjà que nos chères demis nous manqueront beaucoup.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
16 20
Note de la rédaction