Fragments d'amour Vol.1

Rédaction
Lecteurs
15.50 /20

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 27 Novembre 2009

« Pour toi, je partagerai mon épée. Nous ne sommes pas des humains. Nous pouvons nous fractionner afin de mieux nous unir. »

A vrai dire, le résumé de l’éditeur n’est absolument pas exhaustif. En effet, Fragments d’amour est un titre qui présente plusieurs chapitres sur différents personnages, tous liés pour une raison ou pour une autre, certains revenants dans plusieurs chapitres, d’autres pas … C’est réellement plusieurs « fragments » d’une histoire que nous propose Duo Brand. Mais la base globale de l’histoire, ce qui relie bon nombre de protagonistes, est représentée par un côté très fantastique. Les sabres utilisés dans les combats sont en fait matérialisés par des jeunes hommes, et les histoires autour d’exorcisme / de combats / de religion etc … renvoient immanquablement à cette idée de base. Le premier chapitre, par exemple, présente Asagi, un Kannushi (nom donné aux prêtres des sanctuaires shintô) et son amour pour Tachibana, qui le seconde. C’est là qu’on rencontre la première épée, Ninomiya, qui reviendra bien plus tard pour tomber amoureux d’un autre esprit, Nanaki, qui a perdu son réceptacle. Ce dernier a en fait été emprunté par Toranosuke qui voulait venger son frère dont la mort a été causée par le démon Changin (et pas Shunjin comme le dit le résumé de l’éditeur) et dont il tombe amoureux. Le dilemme ? Il ne peut apparemment toucher ce démon que s’il a un contact continu avec un sabre enchanté, le fameux réceptacle de Nanaki. Jusqu’ici, on se perd déjà un peu. Mais tout n’est pas fini, surtout que Duo Brand s’amuse à mélanger l’ordre des chapitres afin d’embrouiller un peu plus le lecteur.

Il ne faut ainsi pas oublier la romance entre Haruaki, un employé victime de harcèlement, et le prêtre qui veille sur lui. C’est d’ailleurs grâce à ces deux là que Toranosuke se rendra compte des sentiments qu’il a pour celui qu’il voulait à l’origine tuer. Voilà, on a fait le tour de tous les destins qui se croisent dans ce premier tome. Étant donné la complexité du scénario et la multitude de petites histoires, ce qui est très déstabilisant au premier abord, on se demande comment seront les prochains volumes, qui à vrai dire risquent de ne pas être tristes. Car cette avalanche de personnages masculins -tous homosexuels, notons le c’est amusant et tellement original pour un yaoi- qui copulent tous dans leur coin est un peu surfaite … Certes, à aucun moment l’auteur ne se perd et les efforts graphiques pour différencier les protagonistes sont louables, toutefois il faudra s’y prendre à deux fois pour saisir tous les liens entre les histoires. Si le prochain tome exploite les personnages qui n’ont pas encore eu droit à un chapitre (probable vu qu’il reste bon nombre d’ « épées » et qu’une fois la romance passée et l’acte accompli il ne reste plus grand-chose à dire sur les couples déjà formés). L’originalité de l’aspect fantastique trouble quelque peu : le manga mêle un univers ancestral, religieux et nécessairement conforme aux traditions avec une époque plus contemporaine dans laquelle s’inscrit le récit. Le tout forme un mélange bien étrange, surtout quand on n’apprécie pas forcément les couples humain / démon ou pire esprit / esprit.

Graphiquement parlant, rien de très notable. Le trait est fin, les personnages un peu trop effilés (les proportions du dos et des membres inférieurs ne sont pas toujours crédibles) mais le tout est assez esthétique, tout en restant dans la banalité. Le cadrage n’est pas toujours assez pertinent et les pages sont pleines de grandes étendues blanches la plupart du temps, notamment dans les scènes sentimentales ou érotiques. On remarquera qu’une partie seulement des onomatopées sont traduites intégralement (en enlevant les expressions japonaises), ce qui confirme que le confort de lecture est encore à améliorer chez cet éditeur, qui de plus n’est pas régulier dans les contrastes (trop approfondis ou alors uniformément légers, ce qui donne l’impression d’avoir un voile devant les yeux) et qui, évidemment, propose toujours ses titres à un prix trop élevé.


NiDNiM


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM
13 20
Note de la rédaction
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