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Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 17 Febuary 2020

Paru aux éditions Taifu Comics fin janvier, FILES est un récit en 5 chapitres (plus un chapitre 0 et un petit bonus en forme d'épilogue) qui a été publié au Japon en 2017 dans le magazine Canna des éditions Printemps Shuppan, et qui est la toute première parution française de Tsubame Sato, une autrice ayant débuté dans la première moitié des années 2010. Ici, elle nous immisce dans un petit cabinet de détectives... où, toutefois, les affaires concerneront surtout ses pensionnaires, et pas vraiment ses clients.

Tout commence très vite, peut-être même trop vite, sans réelle introduction: un certain Kikuchi vient se plaindre auprès du détective privé Yoshino, à cause de qui il a été viré de son travail car il a révélé sa liaison avec la femme de son patron. Vu comment ces deux-là se parlent, on se dit qu'ils doivent déjà bien se connaître, mais rien n'est dit là-dessus. En tout cas, désormais Kikuchi veut forcer Yoshino à l'engager, le tout sous les yeux un peu circonspects de son assistante Minami. Franc et sans doute un peu ingénu, Kikuchi reçoit évidemment un refus dans un premier temps, mais ne se laisse pas décourager, jusqu'à participer sans demander son avis à Yoshino à une affaire, voire à s'impliquer dans les affaires personnelles du détective, ce dernier poursuivant un but secret...

Malgré son immersion dans un petit cabinet de détective et son titre, FILES n'est donc pas un boy's love très axé sur les enquête, hormis peut-être au tout début même si l'enquête en question tient sur trois fois rien. Tsubame Sato joue plutôt sur une ambiance globalement alternant entre le léger et l'intrigant, avec essentiellement d'un côté le comportement d'un Kikuchi déterminé à s'incruster dans le travail et dans la vie de Yoshino, et d'un autre côté la question du but recherché par le détective, vis-à-vis de son grand frère ayant mystérieusement disparu depuis deux ans. Pour accompagner tout ça, l'autrice peut compter sur son coup de crayon assez agréable, avec des designs propres, un découpage soigné, des décors assez classiques mais efficaces où le mérite de l'autrice est surtout de bien jouer sur le cadre du petit bureau de détective et de l'appartement accolé...

Mais malheureusement, au fil de ce petit récit finalement assez tendre et mignon, le scénario ne cesse de nous laisser sur notre faim, tant tout semble facile, simpliste et un peu expédié. Ainsi, côté sentimental, l'évolution de la relation entre nos deux héros manque cruellement de consistance, tant l'évolution des sentiments de chacun d'eux deux apparaît soudaine car jamais vraiment développée, à tel point qu'on peut parfois trouver que leurs sentiments sortent un peu de nulle part. En ce qui concerne les personnages secondaires, il y en a des prometteurs, comme Minami, mais leur développement se résume à trois fois rien et leur apport dans le récit reste finalement minime, y compris pour le personnage du frère de Yoshino. Enfin, concernant la recherche de ce frère justement, là aussi les choses ne font que rester en surface, sans réel développement ni émotion, quand bien même le chapitre 0 place ce frère en personnage principal mais pour ne pas en faire grand chose.

Le plus gros problème dans tout ceci, c'est que la plupart des vagues rebondissements reposent sur des hasards. Hasard de la découverte par Kikuchi du secret de Minami. Hasard de la façon dont Kikuchi reconnaît le frère de Yoshino qui est là où il ne faut pas quand il ne faut pas (pas très prudent le gars, même s'il est très vaguement déguisé). Etc, etc... sans oublier la conclusion qui est trop expéditive et ne conclut pas tout.

Au bout du compte, FILES aurait pu être un très bon boy's love soft avec un peu plus d'ampleur, d'ambition et de travail scénaristique. Surtout grâce au trait sympathique de la mangaka, on ne passe pas du tout un mauvais moment, mais sur de nombreux plans la lecture reste trop fade, si bien que l'ouvrage est plutôt anecdotique.

Concernant l'édition, Taifu livre une belle copie, portée par une très bonne qualité de papier et d'impression, et par une sympathique première page en couleur. A la traduction, Margot Maillac livre des dialogues soignés, collant assez bien aux personnages.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

11.5 20
Note de la rédaction






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