Egregor Vol.1 - Actualité manga

Egregor Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 14 June 2019

Chronique 2
  
En juillet 2017, les éditions Meian, qui ont depuis fait un beau bout de chemin en ressortant plusieurs manhwas et surtout en éditant Kingdom, proposaient de découvrir leur toute première série, Egregor, qui plus est en grandes pompes avec la présence sur le salon des trois auteurs, à savoir le scénariste et créateur français Jay Skwar et les deux mangakas Japonaises Kaya Tachibana et Harumo Sanazaki. Sur son premier volume, cette oeuvre franco-japonaise distillait des éléments prometteurs, surtout au niveau du scénario ambitieux et un brin philosophique que Jay Skwar semblait avoir imaginé pour son récit de dark fantasy, mais malheureusement le projet ne vit jamais de suite, à cause de certains problèmes. Depuis, Meian a donc tranquillement poursuivi son chemin, tout en n'oubliant pas le projet Egregor, qui a pu renaître de ses cendres avec un reboot et un nouveau dessinateur, le coréen Kim Jae Hwan. Pour un récit de dark fantasy, difficile de faire meilleur choix: cet artiste possède déjà une longue expérience dans ce registre, avec pas mal d'oeuvres sorties en France depuis plus de 20 ans, comme Rainbow - Les guerriers, plusieurs récits ancrés dans l'univers de Warcraft, et surtout son ouvre-fleuve Demon King. Autant dire qu'en voyant Egregor renaître de ses cendres avec un tel nom au dessin, on a plutôt hâte de voir le résultat !

Et ce résultat, il peut dans un premier temps sembler un peu confus au début, les auteurs installant très vite leur univers, et lâchant diverses informations et des termes assez spécifiques sans forcément tout expliquer dès le départ. Qui plus est, les personnages deviennent très vite nombreux, et il n'est au début pas toujours évident de les reconnaître et de retenir qui est qui. Heureusement, on s'y fait petit à petit, on finit par prendre nos repères au fil du volume, d'autant plus que celles et ceux ayant lu la première version d'Egregor constateront que la trame reste sensiblement la même (il y a des changement bien sûr, mais les grandes idées sont identiques), et que Jay Skwar a eu la bonne idée d'offrir quelques présentations de termes et de personnages entre les chapitres.

On se replonge donc d'abord un petit peu difficilement, dans la confusion, dans l'aventure qui attend notre héros, Foa, jusqu'à s'y laisser immerger de plus en plus, les enjeux ne cessant de grandir au fil du tome. Dans un monde où à chaque pleine lune des êtres appelés Faucheurs viennent massacrer les habitants d'un village spécifique avant que leurs alliés les "Ramasseurs" ne viennent à la nuit tombée récupérer les cadavres pour une raison inconnue, le "Rempart de Salut" a été fondé pour faire face à ces massacres, chacun des chevaliers qui y sont formés, nommés "Egides", sont ensuite affectés à un village ou à une ville pour protéger les lieux. Dans son petit village de Lightyard, notre jeune héroïne est un apprenti forgeron passionné par sa tâche, tant il a à coeur de concevoir les meilleures armes possibles, aux côtés de son maître Darbin, afin de participer à sa manière à la protection de l'humanité. En rentrant un jour d'une mission avec une certaine légèreté, il ne se doute aucunement que son paisible petit bourg va être, à son tour, la cible des terribles Faucheurs. Qui plus est, dans des conditions inédites: pour la première fois, les maléfiques créatures attaquent de nuit. Quel sort attend Foa, ses proches et les autres villageois ? L'Egide du village et les autres combattants seront-ils à la hauteur face à la menace qui se montre toujours plus forte ? Quel est le but réel de cette attaque pas comme les autres ?

Après des premières pages assez légères, le récit change très rapidement, soudainement et brutalement de ton, et les deux auteurs n'épargneront rien avec pas mal de morts violentes, des combats acharnés ou désespérés, des fuites peut-être inutiles... Les planches de chaos se succèdent, et dans l'ensemble Kim Jae Hwan y fait preuve de toute son expérience pour bien faire ressortir l'atmosphère sombre, brutale et impitoyable de ce qui se joue. Ses dessins sont sanglants sans en faire trop, les corps écharpés et découpés ne sont pas rares, ses designs de bêtes et de monstres sont assez convaincants et dégagent la puissance adéquate... C'est, en somme, du bon boulot, qui nous fait facilement dire que l'oeuvre gagne clairement beaucoup, sur le plan visuel, à avoir changé de dessinateur. A cela, il faut ajouter des décors bien présents comme il le faut, d'influences visiblement occidentales, et assez immersifs même si le tout donne régulièrement trop l'impression d'être tiré de photos. Une autre limite (ça dépendra des goûts), peut venir du rendu très numérique de l'auteur, dont les méthodes de travail semblent donc avoir changé depuis ses précédents travaux connus en France. Cet aspect numérique peut avoir autant de qualités que de défauts: on y trouve tantôt une froideur et une densité renforçant le côté implacable du récit, tantôt un côté trop lisse. Mais dans l'ensemble, ça se veut assez riche et bien immersif. Et au-delà des visuels, bien sûr, au fil de l'action l'histoire décolle peu à peu, en répondant aux premières questions, et en lançant peu à peu de façon efficace le destin à venir de Foa et de ses camarades. Enfin, au fil des pages quelques très bonnes idées se distinguent, à l'image des implants neuronals des Egides, leur permettant entre autres d'avoir de brèves visions du futur proche.

Mission globalement accomplie, donc, pour ce premier volume d'Egregor. Il faut prendre le temps de laisser sa chance à l'oeuvre, car les premières dizaines de pages ne sont pas forcément très claires, mais l'oeuvre ne fait que se bonifier au fil du tome, et on ne peut qu'espérer que ça dure !

Qui plus est, Meian nous offre une très belle édition, attirant d'emblée l'oeil avec une jaquette bénéficiant d'un beau marquage argenté sur le logo-titre. Puis la lecture démarre sur 8 premières pages en couleurs permettant d'apprécier les talents de Kim Jae Hwan à la colorisation. Ensuite, le papier s'avère d'excellente qualité, à la fois épais, souple et sans transparence, et l'impression est très bonne avec une encre ne bavant pas. Soulignons également de bons choix de police.
  
  
Chronique 1
  
En voilà un projet compliqué qu'est Egregor ! Premier titre annoncé des éditions Meian, le projet est né du scénario de Jay Skwar, jeune français féru de mangas et de fictions au sens large, qui a initialement pensé son récit comme un roman, avant d'avoir la révélation du format manga après avoir lu Berserk. Suite à quelques recherches, une première collaboration est née avec les autrices japonaises Kaya Tachibana et Harumo Sanazaki. Malheureusement, après un premier tome qui a bénéficié d'une superbe édition collector, le projet a rencontré des difficultés, et Egregor a été avorté... du moins dans sa forme initiale. Voilà donc que Jay Skwar a purement et simplement rebooté son titre, en s'accomapgnant cette fois d'un dessinateur coréen. Kim Jae Hwan n'est pas un inconnu, loin de là même, puisque nous avons déjà pu lire de lui quelques mangas issus de l'univers de Warcfraft, ainsi que Demon King, avant que le titre soit stoppé chez nous.

Depuis environ un siècle, chaque pleine lune marque l'assaut des « Faucheurs » sur une village, exterminant sauvagement ses habitants, avant que des « Ramasseurs » viennent récolter les cadavres, pour une raison mystérieuse. Ces événements, aussi tragiques que brutaux, ont été nommés « Moissons sanglantes ».
Jeune forgeron du village de Lightyard, accomplissant sa tache avec dévotion, Foa ne pensait pas être concerné par ce tragique phénomène. Pourtant, alors qu'il est de retour d'une mission, c'est bien Lightyard qui se trouve être la cible des Faucheurs, dans des circonstances d'ailleurs différentes de d'habitude...

Avec ce premier tome, ce n'est pas une entrée en scène des plus reposantes et naïves que nous proposent Jay Skwar et Kim Jae Hwan. Car c'est par la mécanique de l'élément déclencheur tragique que Jay choisit de lancer son intrigue, lui donnant ainsi une belle aura de dark-fantasy. Et ça n'y manque pas, ce premier opus étant assez impitoyable tant il parvient à assumer sa présentation des personnages principaux et du contexte global de la série, tout en créant une bataille sanguinaire et tragique à souhait. Alors, la courte introduction guillerette autour de Foa est un véritable traquenard pour le lecteur, la suite se révélant plus sombre et sans merci.

Le ton d'Egregor est donc donné, et on ressent rapidement l'influence de Berserk sur le scénariste qui, sans plagier son œuvre fétiche, cherche à créer son propre récit de dark fantasy. Ainsi, le choix de Kim Jae Hwan pour le dessin semble être l'un des meilleurs choix possibles, d'une part parce que l'auteur a déjà fait ses preuves dans les mangas de fantasy, mais aussi parce que son trait et sa narration s'adaptent très bien au récit qui nous est proposé. Son style est assez dense, manque peut-être très légèrement de lisibilité à quelques petits moments, mais fait généralement mouche pour retranscrire la noirceur des événements. Il est ainsi amusant de comparer la première version du manga et cette nouvelle mouture, le constat étant que le reboot de la série aura fait le plus grand bien à Egregor.

Enfin, c'est bien par les promesses de l'univers que ce premier tome captive notre attention. Le pari était plutôt risqué, mais globalement réussi : Jay Swkar, dans son scénario, semble avoir cherché à compiler plusieurs éléments qui devraient forger tout l'intérêt de la série, à travers l'introduction des personnages principaux, le mystère entourant le héros, la destinée de ce beau monde, le concept de base des Faucheurs, et les complots qui existent dans cet univers. Bien sûr, mais certaines de ces facettes, ce n'est que du teasing, à tel point que certains auront peut-être besoin de relire la dernière partie du tome qui se montre très dense en terme d'informations. Mais le ton est donné, la série est lancée, et l'aventure peut maintenant décortiquer tous ces premiers éléments présentés.

Côté édition, Meian a fait un excellent boulot, que ce soit par la qualité de la fabrication (l'effet de dorure argenté à l'effet toujours aussi séduisant) que du contenu, le papier épais restant très appréciable au même titre que la présence de quelques pages couleur. Le seul bémol viendra de l'absence de bonus : Etant donné qu'Egregor est une création originale, il y avait une bonne marge de manœuvre pour nous parler de l'envers du décor... Peut-être dans les prochains volumes ?
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News