Dragon Ball Super Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 19 April 2017

Critique 2

Dragon Ball est sans nul doute la série que toutes les générations d'enfants ont connue depuis maintenant des décennies, notamment grâce à la transmission des papas qui regardent avec leurs enfants... Goku a été l’icône de toute une génération et l'est encore aujourd'hui, et malgré quelques ratés, notamment dans sa dernière partie, le manga de Akira Toriyama est et restera à jamais une référence!
Nombreuses ont été les suites non officielles, des fan made de qualités inégales, repoussant toujours plus loin le concept de transformations des Saiyans en tout et n'importe quoi, on a même eu droit à une suite "officielle" en animé, rejetée depuis avec le très douloureux Dragon Ball GT datant tout de même de 1996!
Alors forcément lorsque de nouveaux films de qualité puis plus tard le projet "Dragon Ball Super" ont vu le jour, avec Akira Toriyama himself à la supervision et au scénario, c'est tout un univers de fan qui s'est emballé!

Deux films donc dans un premier temps: "Battle of Gods" et "La résurrection de F", ayant leurs défauts, mais qui ont tout de même mis en émoi de nombreux spectateurs! Dans le premier on découvre l'existence de Dieux de la destruction, d'univers parallèles et on assiste à l'évolution de Goku en Super Saiyan God...rien que ça!
Dans le second, Freezer revient à la vie et après un entraînement de quatre mois (oui seulement), il devient Golden Freeza et affronte un Goku en Super Saiyan Blue (la forme super Saiyan du Super Saiyan God)!
Deux films pour deux évolutions incroyables, remarquées, et surtout annihilant les théories fumeuses de tant de fans qui avaient prophétisés des transformations toutes plus aberrantes les unes que les autres. Avec ces deux films, Toriyama envoyait un message simple, mais fort: il est le seul maître de ses personnages et de leurs évolutions, et là où tout le monde allait chercher des évolutions tirées par les cheveux, toujours plus grandiloquentes, lui avait choisi la simplicité...il remet les pendules à l'heure!

Pourquoi parler de ces deux films pour évoquer le manga? Parce que pour la première fois nous découvrions des films, canons avec la grande saga Dragon Ball, là où même les préférés des fans (Broly - Bojack - Janemba et tous les autres) ne le sont pas! Deux films qui allaient avoir un impact considérable dans l'avenir de la saga en redistribuant toutes les cartes!

Ensuite nous avons pu découvrir l'animé Dragon Ball Super, un animé qui était enfin la suite officielle de l'arc "Boo", reniant au passage DBGT! Le début de cet animé reprenait les deux films quasiment au plan près, mais étendu sur de nombreux épisodes...on y assistait à nouveau à l'apparition de Beerus et de Whis, aux évolutions de Goku et Vegeta, au retour de Freezer...une partie un peu longue pour ceux ayant vu les films auparavant...

Et c'est là, après cette longue introduction, qu'on en arrive enfin au manga qui nous intéresse ici, le premier tome de Dragon Ball Super qui est une adaptation de l'animé et non l'inverse! Akira Toriyama est toujours crédité au scénario, mais le dessin revient à un jeune auteur, au trait similaire (c'est le but recherché) se faisant appeler Toyotaro!
Pourquoi cette longue introduction donc? Pour expliquer que le manga n'existe pas en lui même, qu'il est cruellement dépendant de l'animé et qu'il n'y a aucun intérêt de le lire si on n'a pas vu les films ou l'animé au préalable!
Les films étant canon dans l'histoire de Dragon Ball, le parti pris de la série était de les retranscrire afin que ceux ne les ayant pas vus ne soient pas perdus. C'est discutable, mais ça se tient (et accessoirement cela fait gonfler le nombre d'épisodes)!
Pour le manga le choix a été fait de les évoquer, mais de les survoler très (mais vraiment très) rapidement! A tel point que ceux n'ayant vu ni les films ni l'anime soient totalement perdus! Pour le coup pour une suite officielle à l'arc Boo, ça fait mal!

Alors bien évidemment cela apporte du dynamisme, oui on va directement à l'essentiel, mais le traitement est juste catastrophique!
Chaque transformation de Goku (et accessoirement des autres personnages) a toujours été un moment fort dans la série précédente, et là on parle d'atteindre un statut divin, pour une confrontation entre Dieux (ou presque)...ce moment est iconisé dans le film et dans la série, cela a fait vibrer le cœur de nombreux fans...mais dans le manga il est survolé en seulement quelques pages: allez hop je me transforme en Saiyan God, on se frite deux minutes...tiens donc il existe plusieurs univers...ok bisous à bientôt! Mais quelle horreur, quelle déception affligeante!!
Ensuite le cas du retour de Freezer en encore plus catastrophique! Il est teasé, mais cela ne conduit sur rien puisqu’on le zappe purement et simplement et on retrouve Goku et Vegeta en SS Blue sans la moindre explication...mais au secours!!! Vous n'avez pas le droit de faire ça!

Si on décide de zapper ces deux moments importants en considérant que les films et l'animé on fait le job, alors on les zappe totalement, et on ne les traite pas du tout! On ne perd pas quatre chapitres pour résumer grossièrement et honteusement des moments importants et on passe directement à la suite! Mais des passages aussi forts que deux transformations de Goku se doivent d'exister en format papier...mais traité correctement!
En cela ce premier tome ne constitue nullement un point d'ancrage pour les nouveaux venus dans cet univers (s'il en existe vraiment), et on aurait clairement préféré que ceci ne soit pas évoqué pour entamer directement le tournoi opposant les univers 6 et 7!

Pour le coup la suite, en tout point fidèle à l'animé se montre beaucoup plus intéressante: cela va vite, c'est rythmé (pour le coup beaucoup plus que l'animé qui traîne et traîne encore), mais surtout cela ouvre sur un (des) univers incroyablement vaste où au final Goku est bien loin d'être l'être le plus fort, il va devoir se confronter à de nombreux guerriers, mais surtout également à des Dieux dont la puissance est sans commune mesure, renvoyant les Kaioh à un tout autre petit niveau!
Ça à l'air de sortir de nulle part (c'est d'ailleurs le cas), cela semble improvisé, mais qu'importe puisque l'ensemble se veut cohérent avec tout ce qu'on connaissait au préalable de l'univers Dragon Ball, mais cette fois on a simplement un univers encore plus étendu! Et qui dit univers plus vaste dit davantage d'adversaires, mais également de "Super Dragon Ball" de la taille d'une planète...rien que ça!
Les enjeux de cette nouvelle série s'adaptent donc à cette grandiloquence, la Terre n'est plus qu'un grain de sable au milieu de cette immensité, la survie de cette planète et de ses habitants n'est plus le seul problème, cela se joue à l'échelle de l'univers tout entier...et tout ceci s'avère proportionnel avec la puissance de nos héros qui est de plus en plus conséquente, bien loin de celle du jeune garçon qu'on découvrait dans les premiers tomes de Dragon Ball!

Le concept même du multivers est terriblement excitant et ce qui nous attend avec la découverte de guerriers pouvant venir de 12 autres univers, pouvant renvoyer à des personnages qu'on a connus (ici dans ce premier tome on découvre l'alter ego de Freezer) a de quoi faire frémir. D'ailleurs cela ne tarde pas d'arriver avec déjà les cinq meilleurs guerriers de l'univers 6 se confrontant à ceux de notre univers 7...pour le moment les premiers affrontements sont encore perfectibles, la tension monte tout doucement, mais on sait que la suite sera bien plus intéressante...

En ce qui concerne le trait de Toyotaro, c'est absolument bluffant, on a l'impression de regarder le travail de Toriyama lui-même, on n'est donc pas dépaysé et il faut admettre que cela a presque de quoi émouvoir les fans de la première heure.

La fin du volume nous offre un interview des deux auteurs qui se jettent des fleurs mutuellement....pas passionnant comme bonus, mais intéressant tout de même.

A l'arrivée on ne sait pas trop quoi penser de ce premier opus... Si le traitement des premiers chapitres, qui apparaissent pourtant comme des éléments essentiels, a de quoi choquer, la suite se veut dynamique et prenante. Alors à qui s'adresse ce manga? Ceux qui connaissent l'animé, mais qui du coup se retrouvent avec un tome qui n'apporte rien de plus? Ou ceux qui découvrent totalement, mais qui seront dominés par une terrible frustration?
On est donc curieux malgré tout de voir comment la suite va adapter l'animé, en prenant le temps ou en continuant de tout survoler...


Critique 1

Depuis 2013, la saga Dragon Ball est entrée dans une importante phase de résurrection. L’histoire d’Akira Toriyama s’est ainsi poursuivie dans les films Battle of Gods et La résurrection de ‘F’, sortis respectivement en 2013 et 2015, mais c’est l’annonce du projet Dragon Ball Super qui a bien fait renaître toute la licence. Annoncé en 2015, Dragon Ball Super, dit DBS, est à la fois une série animée de plus de 80 épisodes produits par Toei Animation, ainsi qu’un manga dessiné par Toyotarô, un auteur connu sous le nom de Toyble pour son fanzine Dragon Ball AF, depuis devenu professionnel et désigné par le maître comme son héritier et le nouvel auteur légitime de Dragon Ball. Akira Toriyama, lui, n’est pas éloigné du projet puisqu’il écrit directement le scénario de la série, ensuite adapté par le studio d’animation et Toyotarô, chacun faisant à sa sauce sur chacun des supports tout en restant fidèle au script d’origine. Presque deux ans après le début de la nouvelle œuvre, Glénat lance cette nouvelle série et c’est dans une certaine émotion que les nouvelles aventures de Gokû signent, sur ce premier tome, un certain retour aux sources tout en développant l’univers sans limites du Dragon World…

Des mois se sont écoulés depuis la victoire de terriens sur le démon Majin Buu et depuis, la Terre coule des jours paisibles. Son Gokû a lui aussi retrouvé un quotidien agréable aux côtés de Chichi et de son fils, Son Goten, mais est contraint par sa femme de travailler. Dans ce contexte ordinaire naît une nouvelle menace : Beerus, le dieu de la destruction, est sorti de son sommeil et cherche l’adversaire de valeur qu’il a vu en rêve, le mystérieux « Super Saiyan Divin ». Et en même deux, deux autres entités complotent en secret et se proclament de « l’univers 6 »…

Retrouver Dragon Ball en manga, pour une nouvelle intrigue, est une joie difficilement descriptible, mais on pouvait craindre le passage de flambeau. Si Akira Toriyama reste au scénario général du projet, le dessinateur se nomme Toyotarô et a de quoi nous rassurer avec ce premier volume. En effet, le style du nouveau mangaka se rapproche beaucoup de celui de Toriyama et si on note quelques approximations du trait, on retrouve le cachet visuel des grandes heures de la saga ainsi que toutes les mimiques graphiques dont faisait preuve Toriyama qui n’est désormais plus capable d’atteindre un tel niveau de dessin comme l’atteste l’auteur lui-même ainsi que le one-shot publié chez nous en 2015 : Jaco – The Galactic Patrolman. Il est d’ailleurs conseillé d’avoir lu l’ouvrage tant sa contribution à l’univers est exploitée dans ce premier tome de Dragon Ball Super et plus que jamais, ce tome développe considérablement le monde inventé par Toriyama.

Ce premier volume de Dragon Ball Super ne passe donc pas par quatre chemins. Plus que de simplement reposer sur de nouvelles menaces, la série développe ses propres extensions de l’univers à commencer par les divinités, l’existence d’un niveau caché du Super Saiyan, et surtout l’existence de treize univers, ce qui multiplie à foison les possibilités de décortiquer Dragon Ball. Et dans tous ces développements, une cohérence est gardée puisque des liens sont faits avec les concepts connus jusqu’à présent, des liens sans doute improvisés certes, mais qui rendent le tout cohérent. Alors, difficile de cacher son impatience quant aux manières de développer tous ces nouveaux éléments sachant que toutes ces nouvelles pièces se mettent déjà en place pour la suite de l’œuvre.

Ce premier tome réécrit ainsi le film Battle of Gods tout en développant la mythologie Dragon Ball Super. Et pour éviter la redite complète et ennuyer le lecteur qui aurait vu les derniers films, ce premier opus cherche à aller très vite sur son introduction, trop vite même puisque l’arc du combat contre Beerus est expédié en à peine quatre chapitres, sur les neuf qui composent le volume. L’affrontement est donc écourté tandis que la nouvelle transformation de Son Gokû et Vegeta, charnière pour tout le récit, est survolée et manque alors cruellement d’intensité. Mais il a fallu faire un choix pour que le manga accroche rapidement et propose du nouveau contenu sans plus attendre, aussi le récit compte sur la culture du lecteur qui se doit d’avoir vu les deux derniers films en dates ou lu les anime comics qui leurs sont dédiés.

Mais passé cette faiblesse, l’immersion que nous propose ce premier tome est une belle réussite. A l’instar des débuts de l’arc Majin Buu, le récit propose un retour aux sources et l’entrée en scène de nouveaux dieux et de nouveaux personnages, sur un ton souvent léger bien que des combats dynamiques aient lieu dans ces premiers chapitres. Tous les éléments classiques de Dragon Ball font alors leur retour et ce premier opus en est un parfait condensé : humour absurde, combats, tournois, nouvelles transformations… Difficile pour tout fan de ne pas être entraîné par la recette du manga, beaucoup plus efficace que dans l’anime finalement, tant cette première partir sait nous faire frémir par quelques affrontements et les développements de l’univers opéré, et beaucoup nous faire rire grâce aux gags de Toriyama efficacement dépeints en images par Toyotarô.

Mais en réutilisant des concepts déjà bien connus, Dragon Ball se contenterait de faire du surplace ? Loin de là. Le manga, pour l’heure, brille de son concept des multiverses (qui n’est en rien un plagiat du fanzine éponyme contrairement à ce que pensent de nombreux fans) qui élargit aussi bien la mythologie de la série que ses possibilités de scénario. Pour l’heure, l’entrée en matière est simple et consiste en un tournoi entre deux univers parmi les treize, mais la série aura le temps de nous surprendre par son intrigue par la suite. Pour l’heure, la manière dont est présenté cet univers 6 est convaincante, mais nécessitera de plus amples développements dans le second tome. A l’heure de l’arrivée du manga en France, il est difficile d’être passé à côté de certaines informations sur les prochains arcs, aussi il convient d’affirmer que tout en réutilisant les recettes qui ont fait mouche dans le passé, Dragon Ball Super saura s’affirmer dans la voie qu’il trace lui-même.

Du côté de l’édition, Glénat a fait un travail convaincant. La traduction de Fédoua Lamodière, grande passionnée de l’œuvre de Toriyama, est une réussite et brille de l’implication de la traductrice. Notons, en fin de tome, la présence de l’interview croisée entre Toyotarô et Akira Toriyama, présente aussi dans la version japonaise, qui est un plus indéniable pour comprendre la naissance du manga et le chemin qu’empruntera la série par la suite. Peut-être alors qu’on pourra reprocher au tome d’être trop fin, ce qui jurera avec l’épaissir de la réédition en sens de lecture japonaise qui est celle prévue pour figurer juste avant Dragon Ball Super dans toute mangathèque.

L’évènement qu’est Dragon Ball Super enchante donc par ce premier tome qui consiste une bonne amorce du retour de la saga. Assez léger et réservant les combats dantesques pour plus tard, ce premier tome a le mérite d’enrichir considérablement l’univers de la série et de s’orienter dans sa propre voie pour éviter la redite, tout en conservant les éléments qui ont fait le succès de la série d’origine. Reste alors un début de tome délicat pour ceux qui n’ont pas vu les dernières productions car expédié, de même pour l’arc de la résurrection de Freezer qui est totalement absent malgré la présence de ses troupes qui projettent le retour du tyran. Ce parti-pris de survoler les deux arcs sera donc le seul vrai bémol de ce premier opus. Qu’à cela ne tienne, on attend désormais la suite avec impatience, ne serait-ce pour voir l’ampleur que prendra ce récit centré sur les treize univers et l’omniprésence des dieux !

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

12 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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