Double Vol.3 - Manga

Double Vol.3

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 30 Novembre 2022

Le tournage des Ephémères, le nouveau film de Kurozu, touche à sa fin et fut une expérience un peu éprouvante pour Takara sur certains aspects, le singulier comédien s'étant frotté à un cinéaste un brin tyrannique pour une raison précise: il avait déjà tout son film dans la tête. Takara est sur le point de ressortir de cette première expérience dans le cinéma plutôt tiraillé... et pourtant, Kurozu souhaite tourner des scènes supplémentaires l'impliquant. Puis quand le cinéaste vient assister à l'une de ses représentations théâtrales, un déclic supplémentaire semble se faire face à la prestation possédée du comédien. Si bien que Kurozu émet la volonté de travailler à nouveau avec lui, cette fois-ci dans le cadre d'une publicité pour une marque connue internationalement. Celle-ci est un véritable succès où Takara brille par son aura, si bien qu'il est amené à enchaîner plusieurs apparitions en plateaux télé et en tournage. Cela semble donc être le début de la gloire, mais jusqu'où le jeune homme pourra-t-il supporter cette célébrité qui l'éloigne de Yûjin ?

Ce troisième volume marque donc une progression fulgurante dans la carrière de Takara, mais il reste à voir si le jeune homme parviendra à gérer cela, à commencer par une chose: l'obligation pour lui de s'émanciper de Yûjin. D'un côté, on a alors un Yûjin qui s'inquiète un peu à l'idée que Takara doive se débrouiller seul, mais qui fait mine de rien : pour la première fois il peut prendre un peu de distance avec lui, et il affirme même que c'est leur relation presque fusionnelle qui était anormale. Mais de l'autre côté, on retrouve un Takara qui, face aux affres de la célébrité, semble quelque peu en perdition: il ne se sent pas forcément à sa place, il doit faire des concessions dans ses rôles en attendant de recevoir des propositions qui le stimuleront plus, une extinction de voix le forçant au repos lui donne un profond sentiment d'inutilité... Il y a un spleen en Takara, spleen découlant en partie de son éloignement de Yûjin, car selon lui c'est ce dernier qui lui a permis d'aller aussi loin. La situation est d'autant plus éprouvante pour lui que jouer la comédie lui permet de découvrir le monde à travers ses rôles, pour essayer de comprendre ce que lui-même fait là, sur cette Terre. mais est-ce vraiment possible si les rôles qu'il joue ne le satisfont pas toujours ?

A côté de ça, on appréciera la place qui est également accordée, à ses côtés, à Tsumeta et à Imagire, deux femmes qui prennent encore un peu plus de consistance à son contact, l'une en dévoilant brièvement son passé et la place qu'elle a trouvée dans son travail "de l'ombre", et l'autre en se rapprochant encore de lui y compris physiquement, tout en mettant encore un peu plus en évidences les qualités du jeune homme, en tête cette faculté à capter l'essence des choses en un coup d'oeil.

Ayako Noda soigne toujours autant ses éléments d'introspection, ses visuels, ses références aux oeuvres théâtrales et cinématographiques, tout comme elle offre quelques surprises sur lesquelles nous n'en dirons pas plus pour ne pas spoiler. Et à l'arrivée, cette espèce de bromance dans le monde des acteurs reste aussi habile que passionnante à suivre.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
16 20
Note de la rédaction