Détective Conan Vol.21

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 27 June 2017

Critique 2


Conan, Agasa et les Detective Boys sont accueillis par les propriétaires d’un luxueux château. Mais dès son arrivée, la petite troupe apprend que l’établissement est entouré de mystères et marqué par bien des drames… Sachant qu’un trésor est censé se cacher dans la bâtisse, se pourrait-il qu’un complot se trame ? Conan décide de mener l’enquête, mais il disparaît subitement…


Dans ce vingt-et-unième opus, toujours pas d’avancée de l’intrigue. Mais contrairement au tome précédent qui décevait quelque peu par l’une de ses affaires, celui-ci a le mérite d’apporter différentes enquêtes intéressantes à suivre, dont une qui nous entraîne aux origines de la série.


Dans un premier temps, fin de la « chasse au trésor » au sein du château découvert par Conan et sa bande. Ici, l’enquête brille par l’absence quasi totale de notre détective en herbe, laissant le beau rôle aux Detective Boys et à Ai Haibara, personnage beaucoup trop en retrait pour le charisme qu’il possède. La fin de l’affaire apporte donc sa petite originalité sans toutefois surprendre dans son issue. Là aussi, force est de reconnaître que Gosho Aoyama est allé loin dans les prouesses du meurtrier, un côté invraisemblable qui marque de plus en plus la série.


Si la dernière affaire, non résolue, du tome s’avère intéressante puisque fait revenir Heiji Hattori et entame un léger développement dans l’amitié entre Ran et Kazuha, c’est bien pour les deux affaires qui précèdent que cet opus montre un intérêt fort. Dans un premier temps, l’enquête qui nous est proposée nous ramène bien en arrière et conte la toute première enquête de Shinichi, alors lycéen, et la manière dont il gagnera la confiance du commissaire Maigret. L’affaire est assez classique en elle-même, mais retrouver Shincihi en bonne et due forme apporte un plaisir non négligeable, permettant également d’en remettre une couche sur la relation que le détective lycéen entretient avec Ran.


Enfin, l’enquête du meurtre de la femme du banquier, avant-dernière de ce tome, est intéressante pour tout ce qui est proposé autour de l’affaire. L’investigation est assez plaisante et le stratagème pas forcément tiré par les cheveux (en tout cas moins que dans le tome précédent). Le véritable intérêt de cette partie réside dans l’introduction de différents personnages, l’entourage du commissaire Maigret qui est voué à prendre une place de plus en plus importante dans la série. On retrouve certes Shiratori et Takagi, deux personnages secondaires récurrents, mais c’est surtout l’introduction de l’inspectrice Miwako Satô qui apporte un intérêt certain et surtout un triangle amoureux plutôt amusant qui, à l’avenir, aura le mérite de ne pas tourner en rond indéfiniment. Ce développement des personnages tend à éclipser l’intérêt de l’enquête puisque progressivement, Detective Conan va développer tout un casting de figures secondaires, permettant à la série de gagner en richesse même après des dizaines de tomes.


Au final, c’est un bien bon volume que nous propose Gosho Aoyama. Certes, l’intrigue principale continue de faire du surplace, mais au-delà de ça, de nouveaux personnages importants entrent en scène et l’auteur nous fait un joli cadeau en nous raconter la toute première affaire menée par Shinichi. On croise les doigts pour que la série nous propose davantage de petits arcs de ce genre, par la suite.


Critique 1


Après la (relative) déception du volume précédent, cela fait plaisir de lire un tome de Détective Conan où on retrouve tout le meilleur de cette série: du mystère, du suspense, des personnages intéressants et des histoires passionnantes.



On commence par la suite de l'affaire du château isolé, entamée à la fin du tome précédent. L'enquête se poursuit pour résoudre l'énigme des lieux, mais Conan et le professeur Agasa disparaissent mystérieusement. Ai Haibara et les jeunes détectives ne tardent pas à réaliser que quelqu'un les a enlevés et qu'ils courent un grave danger dans cette demeure. Sans Conan et le professeur, c'est désormais Ai qui doit protéger ses camarades et les tenir à l'écart du danger, mais retrouver leurs compagnons est aussi une priorité et le temps presse. La jeune fille se retrouve alors dans une situation inédite où, pour la première fois, elle doit s'impliquer personnellement dans une affaire au lieu de se contenter d'y assister en simple spectatrice. Et évidemment, quand Ai tient la place du détective, on s'attend forcément à ce que sa personnalité transparaisse dans le déroulement de l'affaire, ce qui ne manque pas. On connait son penchant naturel pour le sarcasme, mais on en oublierait presque sa tendance à dire les choses sans détour et à envisager toujours les pires scénarios imaginables, capable de sortir les pires horreurs en gardant le visage le plus impassible du monde. Sans oublier non plus sa paranoïa légendaire qui la pousse à se méfier de tout le monde et à vouloir prendre seule les risques afin d'éviter que les autres ne soient blessés. Autant de traits de caractères que Gosho Aoyama a brillamment réussi à exploiter dans cette intrigue qui nous en dit long sur ce personnage, permettant de mieux cerner la mentalité de cette jeune fille qui apparait encore plus énigmatique que le château lui-même. Surtout, cette affaire permet à son personnage de s'affirmer comme une addition indispensable au groupe des jeunes détectives, lui donnant un rôle de grande soeur qui va progressivement la faire évoluer et lui permettre de commencer à s'épanouir.

Pour le reste, cette affaire retrouve d'emblée un élément qui avait marqué les lecteurs à la fin du tome précédent: le suspense. Quelle montée de tension, alors que Conan et le professeur disparaissent tour à tour et que les jeunes détectives se retrouvent livrés à eux-mêmes pour résoudre seuls cette affaire ! Entre les passages secrets qui mènent on ne sait trop où, une tour condamnée où les gens disparaissent inexplicablement et un étrange individu qui les traque pour leur faire la peau, nos jeunes héros évoluent dans un environnement aussi hostile que mystérieux pour notre plus grand plaisir. Il n'y a aucun temps mort, pas la moindre retombée de tension, tous les ressorts dramatiques et les effets voulus fonctionnent. Un voyage captivant au pays du mystère qui ne pêche à aucun moment, ni même dans son final aussi original que convaincant. Une vraie réussite !

Après cela, on craint toujours que l'intrigue suivante ne fasse retomber la tension. Quelle n'est alors pas la surprise et la joie de découvrir que l'intrigue en question est l'une des plus populaires de la série ! Cette affaire nous ramène un an en arrière et nous raconte la première enquête de Shinichi Kudo, bien avant qu'il ne devienne Conan Edogawa. L'action se déroule dans un avion, lieu idéal pour un huis clos. C'est là que le futur détective lycéen va mener sa première enquête pour élucider un meurtre. Bien entendu, il se trouve confronté à la réticence de la police et il va lui falloir avant tout faire ses preuves avant de devenir la légende que l'on découvre au début de la série. L'affaire en elle-même se révèle captivante, présentant un casting de personnages convaincants qui ont tous quelque chose à cacher. Du coup, loin de se limiter à chercher un coupable parmi un groupe de suspects en les éliminant au fur et à mesure, la tâche de Shinichi est cette fois de réussir à reconstruire tout un cheminement d'événements impliquant ces différents suspects. Mais le plus difficile sera de retrouver l'arme du crime qui demeure introuvable malgré des recherches approfondies.

Si cette intrigue a autant marqué les lecteurs, ce n'est pas seulement pour nous faire découvrir une enquête passée de Shinichi, mais c'est aussi et surtout par l'excellence de l'affaire en elle-même. La narration est exemplaire à tout point de vue, les personnages sont fascinants d'ambiguités et le mode opératoire du tueur est de loin le plus surprenant de la série. Car si on nous introduit initialement "le crime parfait", c'est pour ensuite mieux nous surprendre par la simplicité et le réalisme extrême de celui-ci, à commencer par l'arme du crime qui ne manquera pas de choquer le lecteur. Ce crime est parfaitement cohérent, réaliste, facile à mettre en pratique et les preuves sont quasiment introuvables: c'en est carrément terrifiant. Tout a été travaillé afin de nous proposer une intrigue mémorable qui arrive à surprendre de bout en bout le lecteur et l'audace de Gosho Aoyama s'avère payante: on peut dire que cette intrigue est un véritable chef d'oeuvre.

On se demande alors si l'auteur pourra nous surprendre davantage avec la prochaine affaire et, ne trahissant pas nos attentes, il nous livre une nouvelle affaire très différente mais digne d'intérêt qui marque les débuts tant attendus de la brigade Megure. Si l'inspecteur Takagi (originaire de la série animée) avait déjà été introduit précédemment, nous découvrons cette fois sa supérieure hiérarchique Miwako Sato et le commissaire Ninzaburo Shiratori (lui aussi un personnage issu de l'animé, originaire des films). C'est l'occasion rêvée pour développer les relations de Megure avec ses subordonnés, mais surtout pour donner davantage d'existence à ces derniers en leur donnant des visages, des personnalités propres et en tissant des relations entre eux. L'inspecteur Takagi est ainsi redéfini en inspecteur timide et un peu gauche mais qui cache en réalité de vraies compétences d'enquêteurs et qui est secrètement amoureux de l'inspectrice Sato, une femme de caractère et une flic de choc téméraire faisant chavirer le coeur de bien des hommes au sein du commissariat. La femme rêvée, objet de toutes les attentions, mais cache un lourd passé dont elle ne parle que très peu mais qui la hante sans cesse. Pour parfaire ce triangle amoureux, Shiratori est l'incarnation même du carriériste: talentueux, ambitieux, issu d'une famille bourgeoise, populaire auprès de la gente féminine et qui ne le sait que trop bien. L'image du rival à qui tout réussit ! Ce trio de choc va dorénavant s'illustrer sur de nombreuses affaires où nous verrons leurs rapports évoluer progressivement à mesure que le triangle amoureux se développera et où Takagi va peu à peu passer d'un simple inspecteur assez bas dans la hiérarchie à l'un des atouts majeurs de la brigade à mesure qu'il élucidera des affaires complexes (avec l'aide de Conan).

L'affaire présentée pour l'heure demeure assez classique dans son déroulement, fonctionnant sur le principe d'un meurtre à distance, mais c'est peut-être justement ce qu'il fallait pour introduire ces nouveaux personnages "en action" et pour construire leurs caractérisations et leurs rapports professionnels à mesure qu'on les voit enquêter. On découvre par exemple que Shiratori, tout en étant très intelligent, a tendance à aller vers les conclusions les plus évidentes, tandis que les inspecteurs Takagi et Sato ont tendance à enquêter sur l'ensemble des éléments, à la manière de Conan, pour faire toute la lumière sur l'affaire avant de tirer des conclusions hâtives. On trouve dès lors une nette opposition entre le carriériste et les inspecteurs sans ambition professionnelle particulière qui veulent faire leur travail le plus consciencieusement possible. Ce sont ces derniers qui trouvent un écho dans les observations de Conan sur l'affaire, réalisant leur importance. L'ajout de ces personnages au casting devient alors intéressant car si, jusque là, Conan était obligé de se servir de Kogoro pour attirer l'attention de la police, ici il se trouve des alliés qui reconnaissent naturellement son talent de détective et qui prêtent attention à ses observations. Mais cela comporte aussi certains risques et il ne peut pas non plus se mettre trop en avant sans compromettre le secret de son identité, préférant dès lors entretenir l'image d'un jeune garçon intelligent qui pointe du doigt des évidences qui échappent aux adultes. Au final, cette intrigue fort sympathique qui vaut notamment pour son apport important à la mythologie de la série, introduisant de nouveaux personnages majeurs et de nouvelles intrigues récurrentes, contribuant ainsi à enrichir encore davantage cet univers déjà gigantesque.

La dernière intrigue, quant à elle, est la première partie d'une nouvelle affaire de meurtre se déroulant au sein d'une riche famille. Pour l'heure, le dernier chapitre ne fait que nous introduire le contexte de cette affaire jusqu'au moment du meurtre, mais elle se révélera par la suite des plus intéressantes et elle nous permet déjà de retrouver les personnages de Heiji Hattori et de Kazuha Toyama avec du character development à la clé.

Au final, un excellent tome de Détective Conan, plein de surprises et qui saura captiver les fans de bout en bout tant on y retrouve à tout instant la richesse de cet univers. Entre les histoires racontées qui sont excellentes et le casting de personnages qui ne cesse de s'enrichir et de gagner en profondeur, ce tome 21 est un must-have de la série ! Détective Conan continue son ascension impressionnante vers le statut d'oeuvre culte qu'il tient aujourd'hui.


Glass heart


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
GlassHeart

19 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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