Détective Conan Vol.17

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 24 March 2016

Critique 1


Kogoro Mouri et sa petite famille sont invités dans la demeure d’un célèbre sculpteur du nom de Kikuemon, un artiste particulièrement fan du détective. Conan fait alors la rencontre des trois disciples de Kikuemon et de la femme de son défunt fils. Mais après une soirée arrosée, cette dernière est retrouvée pendue ! Tout s’apparente à un suicide, mais Conan est persuadé qu’ils ont affaire à un meurtre…
Nous voici face à un volume pour garni que la normale en termes d’intrigues puisqu’il compte à lui seul trois affaires complètes, la fin de la résolution du meurtre de l’atelier Kikuemon et le début d’une dernière affaire.

Globalement, on navigue entre les enquêtes classiques avec des affaires qui s’avèrent plus originales dans leur forme. Ainsi, la fin de l’investigation du tome seize ne surprendra pas dans son cheminement, bien que les stratagèmes inventés par Gosho Aoyama s’avèrent toujours aussi ingénieux. Dans la même optique, le début de l’enquête de fin de tome se présente comme un arc ordinaire, mais plusieurs éléments nous intriguent déjà. Pour une fois, l’identité du coupable est connue, mais c’est bien l’inventivité des méthodes du coupable qui pique notre curiosité tant le meurtre semble impossible.

Le meilleur segment du volume reste alors l’enquête sur le bord de plage qui, chose rare dans la série, ne fait aucune victime. Là aussi, l’originalité des méthodes de la tentative de meurtre est particulièrement bien trouvée voire un peu saugrenue, mais c’est sur un autre plan que l’arc s’avère passionnant. L’affaire voit ainsi le retour d’Eri, la mère de Ran, et c’est bien à la relation entre cette dernière et Kogoro que s’intéresse l’intrigue. Les développements autour de l’ancien couple sont particulièrement intéressants puisqu’elles permettent d’apporter de la consistance chez ce benêt de Kogoro qui ne s’attire que rarement notre respect. Il faudra encore bien des volumes pour voir un réel rapprochement entre le détective Mouri et Eri, mais cette orientation de Détective Conan consistant à faire intervenir différents personnages régulièrement pour mieux les traiter est un atout séduisant pour diversifier les intrigues.

Les deux dernières enquêtes ne sont pas des affaires de meurtre à proprement parler, ce qui les rend originales. C’est en partie le chapitre de l’hôpital qui surprend pour sa courte durée, soit un seul chapitre, qui fut l’occasion pour le mangaka de s’en donner à cœur joie et montrer l’étendue du génie de Conan, conférant à l’énigme un certain burlesque. Elle est ainsi suivie d’une affaire d’énigme s’apparentant davantage à une chasse au trésor, un mystère là aussi bien complexe même si certain rebondissements s’avèrent prévisibles.

Nous voici donc avec un dix-septième opus plus chargé que les précédents par son nombre d’intrigues, mais s’avérant très agréable pour l’inventivité des énigmes et le fait que Gosho Aoyama renouvelle les formules de ses arcs pour ne pas s’ancrer dans une éternelle redondance. L’enquête mettant en scène la dynamique Kogoro/Eri reste la plus réussie du tome, car apportant énormément au développement des personnages de l’œuvre. Le volume est alors une réussite dans sa globalité, on espère même revoir Eri le plus rapidement possible.


Critique 2


Détective Conan poursuit son bonhomme de chemin avec pas moins de cinq affaires traitées dans ce tome. Décidément, les affaires criminelles ne cessent de le suivre où qu'il aille et les cadavres s'amoncellent sur sa route.

Le tome commence donc avec la suite d'une affaire débutée dans le tome précédent, située dans le milieu de la poterie. Si l'introduction était très prometteuse, la suite est déjà beaucoup plus classique et, tout en restant d'un bon niveau, ne surprend guère plus à ce stade face à la quantité d'intrigues similaires qu'on trouve déjà dans la série. Une bonne histoire aurait pu faire toute la différence, mais, dans le cas présent, c'est juste une affaire comme une autre, sans réelle importance sur la mythologie de la série.

Les choses changent au cours de la deuxième intrigue du tome. En vacances sur les plages d'Izu, Kogoro Mouri a la désagréable surprise de retrouver sa femme, l'avocate Eri Kisaki, dont il vit séparé et qu'il n'avait plus revue depuis plusieurs années. Des retrouvailles arrangées par Ran qui compte profiter de l'ambiance paradisiaque pour rapprocher ses parents dans l'espoir d'une réconciliation. Loin d'avoir l'effet escompté, les choses tournent au cauchemar, le couple ne cessant de se disputer, et la menace d'un divorce est plus que jamais présente au grand désespoir de leur fille. Là-dessus, il faut reconnaître tout le talent d'un auteur comme Gosho Aoyama qui réussit à traiter avec humour et dérision un sujet aussi sensible et délicat sans en oublier pour autant la dimension très sérieuse du thème abordé. A aucun moment, la question du divorce n'est dédramatisée et un réel soin a été apporté aux répliques des personnages pour les rendre les plus crédibles et les plus "vrais" possible. Si le comique de situation est bien évidemment efficace et jouissif, le sujet reste donc abordé avec intelligence et perspicacité et l'auteur arrive à nous faire rire tout en nous faisant ressentir la portée du drame qui se joue, la tension entre le couple et la détresse insupportable que traverse actuellement le personnage de Ran.

Pour faire écho à la crise que traverse le couple Mouri, l'auteur établit un parallèle avec un jeune couple d'amis d'enfance qui se prépare à son tour à s'unir devant le très haut. S'ensuit une séquence d'anthologie au cours de laquelle le couple séparé partage toutes ses cruelles désillusions par rapport au mariage et prépare d'ores et déjà le jeune couple à cette guerre judiciaire sans pitié qui a pour nom "divorce". Comment bien commencer dans la vie par le couple Mouri: s'aimer, mais se préparer toujours au pire. "Un partout, la balle au centre..."

L'affaire en elle-même qui implique ce jeune couple et leurs amis est assez sympathique et relativement originale, bien que ce ne soit assurément pas l'une des plus complexes de la série. Mais c'est peut-être justement cette simplicité qui fait son charme, et qui se ressent jusqu'à un dénouement plus positif et optimiste que ce à quoi on est habitué dans ce manga. Quand chacun finit par reconnaître ses propres erreurs, certaines tragédies peuvent encore être évitées et la vie peut reprendre son cours. Mine de rien, cette fin plus positive nous présente une alternative intéressante et importante aux nombreuses affaires qui se sont achevées de manière beaucoup plus tragique et cela nous montre qu'une issue favorable reste possible dans certains cas. Cela rend paradoxalement l'univers de la franchise encore plus dramatique, car les affaires finissant mal apparaissent plus clairement avoir franchi un point de non-retour qui n'a pas eu lieu ici. Cela nous ramène encore une fois à la triste réalité de cette série: les coupables sont des humains comme les autres dans le fond, souvent eux-mêmes des victimes des aspects les plus sombres de la société ou de rapports humains compliqués. Le démon se trouve en chacun de nous et il suffit parfois d'un événement particulier pour qu'il s'éveille et que des vies soient irrémédiablement brisées. Combien de fois des drames n'ont-ils cessé de se répéter sous les yeux de Conan ? Pour une fois, deux personnes sont parvenues à surmonter cette difficile épreuve et une tragédie a pu être évitée de justesse. L'issue aurait certainement été tout autre si ces personnes n'avaient pas eu la force de se racheter...

L'affaire suivante est un cas très particulier dans la série puisqu'il s'agit d'un one-shot. Pour une fois, on est placé dans la perspective d'un coupable en devenir et on découvre le personnage de Conan sous un tout autre point de vue, ce qui nous permet de réaliser tout le caractère étrange et mystérieux que ce dernier peut évoquer aux personnes qu'il croise. D'un côté, il apparaît être un enfant comme les autres qui aime s'amuser avec ses amis, de l'autre il fait preuve d'une étonnante maturité et apparaît comme un ange gardien improbable venu ramener les personnes dans le droit chemin. Mais la grande réussite de ce one-shot reste la manière dont, en à peine quelques pages, l'auteur arrive à nous plonger dans l'esprit de ce suspect, dans sa détresse grandissante alors qu'approche le moment de passer à l'acte, et la tension ne cesse de grandir avec un suspense digne d'un film d'Alfred Hitchcock, tel un hommage d'un brillant auteur à un autre. Un seul chapitre, certes, mais quelle réussite, parfaitement maîtrisée et bourrée de subtilités et de perspicacité dans la mise en scène ! Un travail de maître qui témoigne encore une fois de l'auteur de génie qu'est Gosho Aoyama !

La quatrième affaire du tome (oui, déjà !) nous plonge cette fois dans l'univers d'une étrange demeure à laquelle se mêle le faux fantastique. Des événements étranges y surviennent et une présence semble hanter ces murs, tandis que les propriétaires des lieux ont des attitudes étrangement suspectes. Tous les ingrédients des films fantastiques à tendance horrifique sont là, mais pourtant la vérité de cette affaire est bien autre et ne manque pas de surprendre. Si l'intrigue est menée de manière à maintenir une certaine cohérence entre les deux dimensions de cette affaire, je trouve que cette fois l'auteur n'a pas forcément exploité tout le potentiel que cette histoire pouvait lui offrir et s'est peut-être trop focalisé sur la dimension "enquête" que sur l'ambiance particulière qu'il aurait pu créer, bien que l'affaire à proprement parler se révèle suffisamment complexe et bien ficelée pour capter l'intérêt du lecteur. Toutefois, cette affaire repose sur des éléments connus principalement des Japonais et il y a donc peu de chances que le public occidental se sente aussi impliqué dans l'enquête que nos amis nippons.

Enfin, le volume s'achève sur le premier chapitre d'une nouvelle affaire impliquant cette fois un scandale d'adultère entre un couple d'acteurs célèbres. Le chapitre prend le temps de nous introduire ces personnages, les lieux et les prémices du drame. Le tome s'achève au moment même de la découverte du corps, dans des conditions qui ne laissent planer aucun doute sur le fait que le coupable n'est autre que l'amant de la jeune femme et voisin du couple. Toutefois, le lecteur est conscient que le véritable meurtrier est en réalité le mari et Conan le réalise aussi sur la fin, mais la mise en scène est tellement parfaite et même notre grand détective n'y trouve aucune faille et a bien du mal à comprendre comment il aurait pu s'y prendre. Il faudra malheureusement attendre le tome suivant pour découvrir la vérité de cette affaire déroutante. Toutefois, en faisant bien attention aux détails, il y a un élément particulier qui, sans révéler directement la vérité de l'affaire, devrait suffisamment intriguer le lecteur pour l'amener à se poser de sérieuses questions sur les circonstances du meurtre.

Au final, on se retrouve avec un tome 17 toujours bien sympathique, nous proposant une variété d'affaires assez différentes. Si la plupart des intrigues demeurent assez classiques par rapport à tout ce qu'on a déjà vu (mais néanmoins efficaces dans l'ensemble), quelques-unes parviennent à sortir davantage du lot. L'intrigue impliquant le couple Mouri représente ainsi une addition importante à la mythologie de la série, donnant l'occasion à l'auteur de développer davantage la situation familiale difficile de la famille et leurs relations tendues en nous les mettant pour la première fois face à face. Une rencontre explosive qui tient toutes ses promesses et qui ne manque pas d'amuser le lecteur autant qu'on en vient à s'inquiéter pour ces personnages en pleine période de crise. Cette histoire s'inscrit dans une des nombreuses intrigues récurrentes de la série au cours de laquelle Ran va multiplier les tentatives pour tenter de rapprocher ses parents. Mine de rien, c'est précisément ce genre d'intrigues impliquant les personnages à un niveau très personnel et les faisant évoluer que les lecteurs apprécient tout particulièrement et qui constituent l'essence même de la richesse et du succès de cette formidable série.

Toutefois, à ce stade, une question se soulève inévitablement: on est déjà au 17ème tome et Conan semble ne pas avoir progressé d'un pas dans sa recherche des hommes en noir responsables de son état, ce qui est quand même l'intrigue principale de la série à la base. Et il est vrai que ça commence à faire long ! Pourtant, c'est bel et bien à partir du tome suivant que les choses vont commencer à s'accélérer et que l'histoire de la série va véritablement décoller. Détective Conan est sur le point de vivre une véritable révolution qui va changer complètement l'identité du titre et qui va forger le mythe que l'on connaît aujourd'hui. A présent que les bases sont (très) solidement installées (l'auteur aura bien pris son temps), les choses sérieuses vont pouvoir commencer...


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
GlassHeart

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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