Dernière Heure Vol.4 - Actualité manga

Dernière Heure Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 07 Décembre 2017

Un soir, Miyako et Kitayama ont surpris Saku et Shinokawa en train de s'embrasser. Bien sûr, l'amie d'enfance de Saku, qui a toujours été amoureuse de lui, en est ressortie bouleversée, mais elle n'a jamais osé aborder le sujet, toujours sans savoir que Kitayama est lui-même secrètement épris d'elle. Depuis, le temps a continué de s'écouler, et la mystérieuse guerre du continent a poursuivi son oeuvre. Semaine après semaine, la population s'est réduite, au fil des appels à se rendre au front. Sans que personne ne puisse rien y faire, les enfants et adolescents ont disparu les uns après les autres, au point que les adultes, à leur tour, furent bientôt appelés. Terrible, la guerre n'épargne absolument personne, ou presque. De la vie quotidienne et du bonheur simple de l'île, il ne reste plus grand-chose. Alors, comment se finira cette guerre ? Et, surtout, quelle vérité se cache derrière celle-ci ?


A ces interrogations, Yû finit par apporter les réponses nécessaires, et à certains égards celles-ci ont vraiment de quoi surprendre, tant les origines de la guerre sont à grande échelle. La mangaka y distille tout ce qu'il nous faut savoir, en justifiant la plupart des principales énigmes : ce qu'est le lapin, pourquoi il n'y a plus aucune naissance, ce que cache en réalité le dieu Minokami, ce qu'est l'objet trouvé par Sekizen et nommé "contracepteur", la raison pour laquelle Saku et Miyako ne sont pas envoyés au front... Même si on aurait voulu en savoir plus sur certains éléments (comme ces colonnes s'élevant dans le ciel), l'ensemble se veut suffisamment cohérent et laisse sur une impression assez forte, d'autant que l'on peut y déceler également une vision de la folie humaine.


L'ensemble accompagne donc bien ce qui reste la grande qualité de l'oeuvre, à savoir son travail sur des personnages embarqués dans ce drame à grande échelle alors que leurs aspirations restent on ne peut plus simples et humaines. 


Dans cette optique, Yû installe dès les premières pages du tome une atmosphère plus dramatique que jamais, en évoquant sobrement le temps qui s'est écoulé en emportant, les uns après les autres, des visages que l'on a parfois côtoyés de près auparavant. Dès lors, on sait quelle sera l'atmosphère de cet ultime volume... Puis tout au long du tome, la mangaka, en restant toujours dans une certaine pudeur (en dehors de quelques cases un petit peu plus crues), en ne montrant jamais la réalité sanglante du continent et en préférant continuer de s'occuper exclusivement de ceux qui restent sur l'île, fait preuve de beaucoup de talent pour accompagner ses héros avec beaucoup de tristesse et de douceur, grâce à son dessin qui reste rond et qui bénéficie souvent d'un superbe travail sur les visages et les yeux en particulier. A cela s'ajoutent des instants de mise en scène très poignants, à l'image de ce passage du chapitre 22 où Miyako cuisine chez elle en ayant une vision d'un passé heureux et insouciant pas si lointain que ça.


Plus d'une fois, la narration est, elle aussi, très intelligente, en nous plongeant parfois au plus près des pensées des personnages. Et ce dès les premiers chapitres, tour à tour centrés sur Saku et ce qu'il ressent pour Shinokawa, sur Miyako, ou même sur M. Kumazawa. On suit avec intérêt les profonds regrets de l'enseignant, la conclusion de l'amour de Kitayama, les interrogations... et Yû dépeint alors une multitude de choses simplement humaines, que celles-ci soient bonnes ou mauvaises : l'amour, la jalousie, les regrets, le sentiment de culpabilité, la tristesse face à la perte d'êtres chers, la peur de mourir, la crainte de la solitude, la fuite, le suicide, un peu d'égoïsme aussi... Autant de choses finalement balayées par le conflit.


Tout au long du volume, s'il y a bien un personnage qui touche profondément, c'est Miyako. Malgré toute la tristesse qu'elle a pu emmagasiner au fil de la série, la jeune fille a toujours cherché à être réconfortante, en offrant ce qu'elle sait faire de mieux, la cuisine, avec toujours un sourire un peu triste, mais encourageant, comme une lueur d'espoir. Cet espoir, on le retrouve bien dans la toute fin qui offre un symbole d'avenir, malgré une situation très, très loin d'être idéale.


La conclusion de Dernière Heure s'avère donc très réussie, à la fois juste, et bouleversante sans avoir besoin d'en faire trop, simplement en s'intéressant d'assez près aux personnages. Partie bien trop tôt, la regrettée Yû nous offre ici une unique série originale qui a largement de quoi questionner et marquer les esprits.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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