Deep Sea Aquarium Magmell Vol.1 - Actualité manga

Deep Sea Aquarium Magmell Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 05 October 2018

Critique 2


Ce début de mois d'octobre est marqué par l'arrivée en France d'un nouvel éditeur de manga: Vega. Présenté il y a quelques mois, celui-ci est né de l'association entre le groupe Steinkis et Nexusbook, et, avec en directeur éditorial Stéphane Ferrand (ancien directeur éditorial de Glénat et de Milan), devrait avant tout chercher à proposer du seinen aux thématiques variées et originales. Ainsi, les trois premières oeuvres à débarquer sont le récit de guerre Peleliu, le manga post-apocalyptique Survivant - L'histoire du jeune S (remake du manga Survivant de Takao Saito, déjà édité par Stéphane Ferrand à l'époque où il était chez Milan), ainsi qu'un récit plus axé sur la tranche de vie et la découverte d'un monde insoupçonné: Deep Sea Aquarium Magmell.


De son nom original Magmell Shinkai Suizokukan, cette série a été lancée en 2017 dan le magazine Go Go Bunch des éditions Shinchôsha, puis a été transférée sur le site Kurage Bunch quand le Gogo Bunch s'est arrêté en février 2018. On y découvre Kiyomi Sugishita, mangaka qui signe là sa toute première série.


MagMell, c'est d'abord, dans la mythologie celtique d'Irlande, une sorte de royaume mythique sous les océans, où l'on accède par la gloire. Ici, ce domaine prend vie sous les trait d'un aquarium très particulier: lui aussi est situé sous les océans, plus précisément 200m sous la surface, et est le tout première aquarium des abysses au monde. Après bien des efforts, le directeur Minato a pu inaugurer cet aquarium d'un tout nouveau genre puisque la faune qu'on y observe est abyssale et reste sauvage. Il espère ainsi mieux faire connaître l'univers qui le passionne depuis toujours, voire changer la vie des personnes qui viendront observer des animaux trop méconnus... et cela arrive dès l'inauguration de l'aquarium: en observant un calmar géant, une créature qui normalement est très méfiante et ne se montre quasiment jamais, le jeune Kôtarô est subjugué. Cinq ans plus tard, son admiration ne l'a jamais quitté: il adore les animaux abyssaux, et est parvenu à se faire embaucher au sein de l'aquarium Magmell ! Tout d'abord en tant que simple gardien. Mais à force de passion et de rencontres, il pourrait vite, non seulement en découvrir toujours plus sur les animaux des profondeurs marines, mais aussi évoluer dans son implication au sein de l'aquarium.


On a souvent les yeux tournés vers les haut, vers l'espace... alors même que sur Terre, il y a toujours des endroit dont on ne sait finalement presque rien, car il est presque impossible d'y aller et d'y observer les choses. C'est le cas des plus profonds fonds marins, ou abysses, le sujet principal de ce manga, que Kiyomi Sugishita a vraiment à coeur de dépeindre avec beauté. Nous voici donc plognés ici dans un aquarium incroyable, dans la mesure où il permet aux visiteurs d'observer ce qui, en réalité, est quasiment impossible à observer. Mais au sein de cet aquarium unique, pas question pour Sugishita d'inventer des choses: du calmar géant au bathynome géant en passant par le requin-lézard ou corbeille de vénus, toute la fane que l'on découvre ici existe bel et bien. Les animaux sont dessinés avec un certain réalisme et, mieux encore, ne se contentent pas d'être fascinants à observer: il y a une réelle documentation sur chacun d'eux, on apprend à les découvrir au fil d'un récit à la fois documentaire et assez contemplatif.


Mais n'allez pas croire que Sugishita se contente d'un simple guide, car tout est très bien emballé dans un récit de vie qui se forge petit à petit, autour de différents personnages. Figure centrale du récit, Kôtarô est un jeune homme que l'on prend beaucoup de plaisir à suivre et à découvrir, de par son côté passionné et son amour profond des êtres vivants. Sa passion se ressent bien, et on en cerne bien les origines, qui passent par sa première visite à l'inauguration de l'aquarium bien sûr, mais pas que: il aime les animaux abyssaux depuis tout petit, notamment grâce à un père dont le sort reste pour l'instant mystérieux. Nul doute que son évolution au sein de l'aquarium sera un plaisir à suivre, d'autant que ceci est ponctué de rencontres avec des visiteurs bien sûr, mais aussi avec d'autres employés. En tête, le directeur évidemment, mais aussi, entre autres, la petite Nagisa dotée d'un joli caractère, la collègue Shizuka, les pêcheurs Oki et Shinya... Chacun d'eux a sa petite personnalité, et a aussi des choses à transmettre à Kôtarô pour continuer de le faire évoluer dans ce milieu qui le captive. par exemple, il comprendra bien que l'aquarium ne consiste pas qu'à "exposer" les animaux: il faut de nombreuses méthodes et des efforts pour aider tous ces animaux à se sentir bien et à grandir. Loin des livres qui l'ont longtemps nourri, Kôtarô découvre désormais toute la pratique, prend conscience de ce qu'implique la protection d'un être vivant, son poids, etc... et découvre également peu à peu les spécificités de ce lieu unique qu'est l'aquarium. On entrevoit en même temps que lui l'architecture des bâtiments, certains appareils spécifiques comme le téléphérique "bathysphère" qui permet de remonter à la surface... Ainsi, en plus d'être une invitation assez contemplative à la découverte, la lecture offre une profonde immersion dans le fonctionnement même du lieu et auprès de ces créatures à protéger, et cela rapproche pas mal l'oeuvre d'un manga comme l'excellent Une vie au zoo, paru aux éditions nobi nobi !.


Visuellement, en plus du dessins réaliste des animaux et du design immersif de Magmell, Sugishita offre des designs de personnages assez fins et bien expressifs, où chacun a ses propres particularités physique, ne serait-ce que les traits des yeux ou les coiffures. La mangaka soigne beaucoup son découpage, amène quand il le faut des pages très contemplatives, distille bien son ambiance, sait bien remplir les planches avec des trames assez légère... L'ambiance voulue est vraiment là.


En nous plongeant avec beaucoup de réussite dans un univers sauvage que l'on connaît encore très mal, aux côté de personnages réussis, au gré d'une ambiance et d'un dessin captivants, Deep Sea Aquarium Magmell se pose déjà comme une petite merveille dans sa catégorie. L'oeuvre inaugure impeccablement le catalogue du nouvel éditeur Vega, en attendant de voir que que Peleliu et Survivant ont à proposer.


Critique 1


Il y a quelques mois, un nouvel acteur du marché français du manga s'est dévoilé : les éditions Vega. Maison présentant déjà une spécialisation seinen, avec comme volonté d'en devenir une référence, Vega a aussi annoncé ses trois premières séries qui sortent simultanément en ce début octobre 2018. L'un de ces titres, et peut-être le plus attendu étant donné les réactions sur la toile, est Deep Sea Aquarium Magmell, toute première série du mangaka Kiyomi Sugishita qui compte actuellement deux volumes au Japon, et est toujours en cours. Un récit qui s'annonce contemplatif avec pour univers les fonds marins, un premier aperçu tout à fait conforme avec ce qui nous attend.


5 ans auparavant a été inauguré un aquarium révolutionnaire. Basé dans les profondeurs, inconnues et insoupçonnées, le Magmell accueille et fascine toujours plus de visiteurs. Par le biais de son père disparu, le jeune Keitaro Amagi nourrit un sincère amour pour les créatures de l'océan, ce depuis son plus jeune âge. Ainsi, lorsqu'il dégote un poste de balayeur au sein du Magmell, le rêve semble à portée de mains. Et, en effet, le jeune adulte vogue entre passion et fascination tout le long de ses journées. Ses connaissances lui permettent d'expliquer aux visiteurs les secrets de l'océan, des connaissances qui n'échappent pas au directeur du musée qui va alors donner sa chance à Keitaro...


Il n'est pas commun de trouver des titres traitant de l'univers marin en profondeur. Voir des mangas parlant de mer ou d'océan est une chose, mais les profondeurs, sombres et inconnues, accueillant en leurs lieux des espèces étonnantes, restent souvent boudées. La série de Kiyomi Sugishita fait la part belle à ces fonds marins à travers un concept propice à la contemplation de cet environnement presque inconnu : un aquarium situé dans les profondeurs. Une idée de série alléchante et qui permet au mangaka d'exprimer un certain amour de l'océan, dans l'espoir de nous le faire découvrir à nous aussi.


Avec ce premier tome de Deep Sea Aquarium Magmell, le lecteur n'est pas si différent du visiteur lambda présenté dans ces premiers chapitres. C'est sans doute la curiosité qui l'a guidé vers cette lecture, et peut-être son envie de spectacle, mais l'oeuvre s'annonce très rapidement plus subtile qu'il n'y paraît. On ne pourrait renier la dimension contemplative de ce premier opus tant l'auteur a un réel talent pour poser un univers marin aussi calme que saisissant, ce grâce à son trait particulièrement fin et son goût pour les illustrations en doubles-pages qui attestent toute la majesté du fond des océans. Au-delà de ça, le quotidien de Keitaro nous mène de découverte en découverte, nous apprenant à considérer le bestiaire des mers comme autre chose qu'une simple curiosité à même de nous divertir : une faune qui mérite qu'on s'y intéresse, qui agit sur notre environnement, et qui souffre même à son échelle de certaines de nos actions humaines. Ainsi, chaque chapitre de ce premier tome prend sa propre direction. L'idée du rêve à travers la passion des fonds marins, particulièrement noble, est très solennellement exposée tandis que le récit agit très souvent comme un envoûtant didacticiel. Quand Keitaro ne nous explique par quelques subtilités sur certaines créatures peu connues de l'océan, ce sont ses missions qui nous apprennent à considérer ces animaux de l'océan avec les égards qui leur sont dus.


Deep Sea Aquarium Magmell présente ainsi une triple identité particulièrement maîtrisée. L'idée du rêve, l'enseignement sur les profondeurs et la dimension écologique du titre sont trois facettes parfaitement mariées par Kiyomi Sugishita dans ce premier tome. On pourrait reprocher quelques idées de scénario un peu convenues, par exemple les liens du père de Keitaro qu'on soupçonne assez vite, mais ce n'est qu'une poussière par rapport aux différentes thématiques habilement mêlées et décortiquées dans ce premier tome. Il y aurait énormément à dire sur chacune d'elle, l'auteur nous enseignant aussi le respect des profondeurs et l'importance d'un tel aquarium qui n'est pas qu'un lieu de divertissement, mais aussi un endroit où les espèces des profondeurs sont préservées, ce qui démontre aussi que le mangaka a énormément de suite dans les idées, sur un simple premier tome. Il est encore tôt pour s'exprimer sur le potentiel de la série à se renouveler et aller encore plus loin dans ses développements, seuls deux tomes étant parus à ce jour au Japon, mais Kiyomi Sugishita nous offre déjà une lecture aussi divertissante qu'enrichissante et propice à l'émerveillement, ce aussi bien grâce à ses idées de récit qu'à sa patte artistique. Excellente pioche pour Vega donc, preuve que le jeune éditeur n'a pas sélectionné ses premiers titres par hasard, aussi c'est avec grand plaisir que l'on suivra le quotidien de Keitaro sur la durée, d'autant plus que la conclusion du tome annonce de grands changements pour le jeune homme.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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