Darling in the FranXX Vol.1 - Actualité manga

Darling in the FranXX Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 13 January 2022

Série animée diffusée début 2018, Darling in the FranXX a particulièrement divisé lors de sa sortie. Co-production entre les studios A-1 Pictures, Cloverworks et Trigger, l'œuvre avait pourtant de quoi enthousiasmer puisque dirigée et écrite par Atsushi Nishigori, l'un des artistes importants du projet Gurren Lagann dont le CV côté animation et direction d'animation est particulièrement intéressant. C'est surtout pour sa gestion du rythme, l'évolution de son intrigue et les interprétations qui peuvent être faites de celle-ci, que la série a eu du mal à fédérer ses spectateurs.

Néanmoins, lors de sa diffusion, Darling in the FranXX fut assez mis en avant, aussi il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une version manga ait été lancée en parallèle. C'est donc la même année, sur la plateforme Shônen Jump+, que l'adaptation est lancée, et elle durera jusqu'en 2020 pour s'achever avec son 8e volume. Le mangaka derrière le projet n'a rien d'un inconnu : Après s'être solidement illustré avec Black Cat, c'est par des registres racoleurs via les tranches de vie humoristiques, coquines et teintées de science-fiction qu'est la saga To Love que Kentarô Yabuki a construit une image dont il semble bien se satisfaire. Si bien qu'aujourd'hui, sa série Ayakashi Triangle semble rester dans ce registre, à tel point que sa prépublication a été supprimée du site Manga Plus, équivalent du Jump et du Jump+ pour l'occident. De base, la série animée Darling in the FranXX ne fait pas toujours dans la finesse par ses sous-entendus. Aussi, choisir un tel auteur pour s'occuper du manga a une certaine cohérence, puisque Kentarô Yabuki prouvera qu'il sait pousser encore plus loin la non finesse de l'oeuvre, rien qu'avec ce premier tome.

Chez nous, c'est sans grande surprise l'éditeur Delcourt/Tonkam qui acquiert la licence. Le choix est logique puisque bien des éléments du titre sont dans l'ADN de l'éditeur, de son aspect adaptation de série mecha qu'on retrouvait déjà avec Code Geass chez Tonkam, jusqu'à la volonté de fidélité à un auteur puisque les œuvres To Love se sont retrouvées dans la catalogue de la maison. Delcourt/Tonkam a d'ailleurs joué d'astuce en lançant en simultanée Darling in the FranXX et Ayakashi Triangle en ce début 2022, de quoi ravir les adeptes du style de Kentarô Yabuki, et de faire grimacer ses détracteurs.

En déterrant les énergies enfouies sous terre, l'être humain a dévasté sa planète, si bien qu'il doit désormais vivre dans de gigantesque dômes qui recréent l'environnement terrestre : Les Plantations. Seulement, l'Homme a aussi trouvé un prédateur via la présence des Hurleurs, des bêtes féroces qui s'attaquent régulièrement aux Plantations. Pour contrer cette menace, des chercheurs mirent au point les FranXX, des robots de combat qui peuvent être uniquement pilotés par des binômes d'enfant, résidant sur la combinaison garçon et fille.
Nommée Parasites, ces jeunes gens sont le seul espoir de la race humaine. Autrefois brillant dans le pilotage des FranXX, le jeune Hiro, aka Code016, a perdu son talent, et ne peut prétendre au titre de Parasite tandis que ses camarades de formation sont sur le point d'être promus. C'est alors qu'il rencontre « Zero Two », une fille aux longs cheveux roses et dotée de cornes qui va vite jeter son dévolu sur le garçon. Hiro aurait-il trouvé sa partenaire idéale pour piloter un FranXX ?

Une Terre au climat post-apocalyptique, des êtres surnaturels qui menacent l'humanité, des enfants pilotes de robots en guise d'unique rempart... Les non connaisseurs de Darling in the FranXX qui découvriraient le titre par ce manga ne seront pas totalement dépaysés, tant les bases de l'histoire restent dans la lignée d'un genre renouvelé par Evangelion. En ce sens, le premier tome du manga s'avère fidèle à la série animée, Kentarô Yabuki faisant le choix de coller au support d'origine, au moins pour ce lancement. Et en soit, ces premiers pas sont plutôt satisfaisants, bien qu'ils manquent encore d'ambition et ne se débarquent pas assez d'œuvres de robot du même genre qui ont brillé dans les décennies précédentes. Le seul point d'innovation, outre les mystères entourant cet univers qui n'attendent que d'être résolus, c'est cette conception particulière des pilotes, assez tendancieuses, reposant sur une alchimie entre un garçon et une fille dans des postures qui laissent la place aux sous-entendus.

Cette sexualisation de l'idée de pilotes, Kentarô Yabuki l'a bien comprise. Lui qui est devenu spécialiste des séries de jolies filles aux sous-entendus narratifs de plus en plus forts au fil des opus, il se plaît totalement à pousser encore plus loin les connotations sexuelles dans cet ensemble. Ce, notamment, avec une présence bien plus forte de la nudité (l'auteur aimant montrer les jeunes pilotes en tenues d'Eve et poitrines non masquées) tandis que sa mise en scène renforce totalement le racoleur de l'œuvre. Entre des gros plans sur les parties intimes ou une Zero-Two rendue encore plus fatale que dans la série, le mangaka sait ce qu'il a à faire et se montre bien à sa place. Dès lors, les amoureux de sa patte coquine seront en territoire connu, mais devront aussi accepter la place des combats de robots.

Car l'intrigue ne repose pas que sur des sous-entendus entre jeunes gens, et fort heureusement. Bien des points ont de quoi attirer notre attention dans Darling in the FranXX, à commencer par la cruauté de cet univers dépouillant la jeunesse de leur innocence, que ce soit en forçant une forme d'accouplement ou en ne considérant les pilotes que par des noms de code, sans compter l'absence de réelle forme parentale. Par cet aspect, le récit est assez dur et loin d'être inintéressant. Des thématiques ne demandent alors qu'à être explorées et les psychologies de personnages fouillées, ce qui arrivera en temps voulu si le manga conserve sa fidélité vis à vis de l'anime. Et évidemment, Zero-Two reste un personnage concept teinté de mystères, qui interpelle par son aura comme par sa singularité dans ce scénario.
L'idée de la menace des Hurleurs contre l'humanité reste donc forte dans cette adaptation manga, et force est d'admettre que Kentarô Yabuki se débrouille assez bien dans la dimension « combat de robots ». Son travail sur les FranXX est particulièrement propre, et les quelques moments d'action lisible et parfois dotés de planches prenantes. L'auteur ayant aussi de l'expérience sur des œuvres endiablées, on apprécie qu'il mette cette partie de son art au service du récit.

Alors, le manga Darling in the FranXX n'est peut-être pas le simple produit opportuniste que peuvent l'être de nombreuses adaptations de séries animées (citons RahXephon ou Code Geass, si on reste dans le genre du robot géant). Poussant certes le racoleur encore plus loin au point de frôler le mauvais goût par moment du fait du jeune âge des personnages, le récit montre néanmoins de l'intérêt par sa proposition du côté de la jeunesse et les quelques mystères qui parsèment le scénario, tant d'aspects qui relèvent de la fidélité à la série animée initiale. On est alors tentés de suivre Yabuki sur cette série, avec l'espoir qu'elle saura mieux calibrer les segments sur lesquels l'original a pu s'égarer.

Côté édition, on pourra saluer le bon travail de Delcourt/Tonkam sur cette bien jolie couverture aux effets métallisés, pour la traduction fidèle de Corentine Sys, le bon lettrage de Laurence Grateau ou la maquette efficace de Yao du studio Delcourt/Soleil.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction






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