Cléopâtre (2013) - Actualité manga

Cléopâtre (2013)

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 18 January 2021

En 2020, nobi nobi!, éditeur devenu depuis désormais quelques années le label jeunesse de Pika Edition, a lancé une toute nouvelle collection: "Les grands noms de l'histoire en manga", qui propose des ouvrages visant à faire découvrir aux plus jeunes les biographies de célèbres figures historiques en version manga. Initialement prévu à partir de juin dernier, le lancement de cette collection, sûrement en partie à cause de la crise sanitaire, a dû être repoussé à septembre, ce qui a au moins eu le mérite de coïncider avec la rentrée scolaire. Et pour l'inaugurer, deux ouvrages sont parus: l'un sur l'une des plus célèbres figures françaises de ces derniers siècles, Napoléon, et l'autre sur la célèbre reine d'Egypte, Cléopâtre.

Sorti au Japon en 2013 chez l'éditeur Poplar Publishing sous le titre Comic Ban Sekai no Denki - Cleopatra, ce bref manga a été dessiné par une autrice qui n'est pas tout à fait inconnue en France: Natsumi Mukai. Remarquée dans les années 2000 pour les séries +Anima (sortie chez Taifu Comics) et Nui! (publiée par Ki-oon), cette mangaka a ensuite été un peu perdue de vue et se contente finalement, depuis environ 10 ans, de dessiner des travaux de commande pour Poplar consacrés à diverses personnalités historiques. Ainsi, Cléopâtre est loin d'être la seule figure de l'histoire à être passée sous son coup de crayon: Beethoven, la Reine Elizabeth, Clara Schumann, Louis Braille, Maya Plisetskaya, Catherine II, Abraham Lincoln ou encore Maria Theresa en ont aussi fait les frais.

Figure historique, Cléopâtre est restée célèbre sur ce plan pour certaines raisons: ses relations peut-être en partie stratégiques avec deux grands hommes de l'Empire romain (Jules César puis Marc-Antoine) ayant permis à l'Egypte de tomber moins vite sous la domination de Rome, ou encore sa mort ayant marqué la fin de la dynastie des Ptolémée et fait tomber son pays sous le joug romain. Mais pour une figure historique aussi ancienne, ayant vécu il y a plus de deux millénaires et sur qui il existe forcément bien moins de traces historiquement fiables que pour des personnalités historiques de ces derniers siècles, concevoir un pur manga historique relève forcément d'une certaine complexité, d'autant qu'au fil du temps l'histoire de Cléopâtre a été idéalisée et s'est enrichie d'aspects plus fleur bleue ou tragiques pour entretenir son mythe et nourrir notamment des fictions. Pour éviter de trop s'égarer, Natsumi Mukai a alors pu compter sur un superviseur: Nozomu Kawai, un professeur en égyptologie de l'Université de Kanazawa. Mais est-ce suffisant pour faire un manga réussi historiquement ? Malheureusement, la réponse est plutôt non, et tient en premier lieu en une chose...

100 pages. 100 malheureuses pages tout pile, pas une de plus ni de moins. C'est tout ce à quoi on a droit ici pour narrer l'Histoire pourtant assez riche de Cléopâtre et du contexte de l'époque, ce qui est forcément très insuffisant, même pour un manga ayant pour vocation de rester dans les grandes lignes en guise de première approche historique. Au vu de l'épaisseur du tome, similaire à celle de Napoléon dans la même collection, on ne s'attendait pas forcément à ça, mais bon, quand en fin de tome on grossit l'épaisseur avec plus d'une trentaine de pages vierges ou de pubs... C'est un peu la douche froide, quand bien même on a également droit à un dossier d'approfondissement de 22 pages richement illustré. Mais même si ce dossier est sympathique et permettra au jeune public d'apprendre pas mal de petites choses en plus, il est lui aussi plutôt insuffisant, en s'égarant sur des à côté (comme les 7 Merveilles du Monde, même si c'est intéressant de les présenter) qui n'ont pas vraiment de rapport direct avec Cléopâtre ou le contexte égyptien/romain d'alors. C'est alors cette part contextuelle qui, même si elle est un peu abordée, en pâtit, en ne comportant pas assez de précisions. Dommage, car la volonté de bien faire est là avec ce petit dossier, mais la plupart des textes passent à côté du principal.

Quant au manga en lui-même... eh bien, Mukai ne fait pas de miracles. Là où le manga Napoléon parvenait assez bien, avec un certain rythme et de manière fluide et concise, à condenser l'essentiel et les faits en 140 pages, ici on a un résultat assez indigeste, exposant les choses à la chaîne de manière très plan-plan voire un peu soporifique parfois, et en manquant de temps à autre d'une contextualisation qui aurait dû être un peu plus poussée, et en oubliant un peu trop d'aborder certains visages qui avaient leur importance, comme Césarion qui est un peu balancé en cours de route.

Bref, c'est un peu triste à dire, surtout pour un manga chargé de lancer une collection pourtant très prometteuse sur le papier, mais ce manga sur Cléopâtre est plutôt un échec. Entre les manques un peu trop nombreux, et une brièveté contraignant la mangaka à un résultat ennuyant, plan-plan et peu immersif, l'ouvrage passe en grande partie à côté de son but premier, celui d'intéresser le jeune public à l'Histoire.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

8 20
Note de la rédaction






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