Children Vol.2 - Actualité manga

Children Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 04 January 2021

Chronique 2 :

Dans ce véritable enfer qu'est l'orphelinat tenu par la jeune Sakurako, où les enfants sont les bouchers d'adultes qui leurs sont livrés, Tôru trouve un rayon d'espoir : Il fait la promesse à Rinko et Mirai de s'échapper avec elles, ces dernières ne pouvant se faire à ce cadre inhumain. Seulement, le lendemain, Mirai est retrouvée morte tandis que Rinko a purement disparu. Un événement qui marque Tôru qui décide de s'occuper du corps de la petite fille, afin d'honorer sa mémoire, tandis que Kakeru figure parmi les principaux suspects du meurtre. De cet événement, différents drames vont frapper l'orphelinat, levant le voile sur une vérité qui pourrait bien impliquer Tôru, lui aussi...

Violent, volontairement immoral et dérangeant, le premier volume de Children faisait mouche pour quiconque aimait les histoires purement sanglantes et déstabilisantes. L'une des caractéristique de ce premier opus était aussi de planter bon nombre de petits mystères, qu'il s'agisse sur la vérité sur l'orphelinat, ce qui rend Tôru "spécial" auprès de Sakurako, et différentes sous-intrigues autour des personnages. Alors, ce second et dernier tome avait une lourde tâche : Conclure l'histoire comme il se doit tout en confirmant les thématiques mises en exergue par la mangaka, tout en répondant à ces fameux points de mystère.

Sur un deuxième pavé éprouvant et plutôt épais (plus de 255 pages), Miu Miura met un terme à cette histoire où les effusions de sang côtoient les dépeçages d'humains, mais pas que. On sent clairement que l'autrice prend un soin particulier à rendre dérangeant chacun des aspects de cette histoire, aussi bien sur le plan visuel que scénaristique. Si le premier volume conservait une humanité grâce à quelques une de ses figures, cette suite et fin en est une contradiction totale tant elle mise sur la surenchère de violences, physiques ou psychologiques. En ce sens, les amateurs de récits du genre, amoureux de sensations fortes qui se détachent totalement d'une quelconque vraisemblance, peuvent être ravis : Le titre ne faiblit jamais dans cette tonalité jusqu'à ses dernières pages qui, elles, proposent un poil d'apaisement via une conclusion douce amère qui correspond bien au titre, et évite partiellement la clichée fin ouverte.

Alors, il convient de parler du point final proposé par l'auteur qui ne plaira peut-être pas à tous, à cause de ce qui est fait de quelques personnages et de révélations dont on pouvait peut-être en attendre plus. Beaucoup d'éléments se connectent dans un ensemble qui semble parfois confus. Pourtant, Miu Miura a répondu a énormément de questions, presque toutes, et se paie le luxe d'aborder très légèrement quelques thématiques. Dans Children, il est donc question de "normalité" (sans pour autant justifier les actes barbares présentés, ce qui constituait déjà un petit défi) mais aussi sur l'éternelle question de l'opposition entre l'enfant et l'adulte. Des idées qui, sans révolutionner les réflexions du genre, ont le mérite de donner un petit fond à la courte série, qui évite la case du divertissement bourrin et sanglant, bête et méchant.

Dans son ensemble, Children s'impose comme un titre à conseiller avant tout aux fans du genre. Reste qu'en tant que petite œuvre horrifique, le manga de Miu Miura fait son effet, propose une patte graphique, ua présence de petites réflexions de fond, et un récit volontairement borderline qui trouve un scénario honnête. Omaké Manga a donc fait une pioche honorable pour son catalogue qui a le mérite d'aborder le genre de l'horreur sous des angles différents et variés, un genre qui manquait en France malgré la présence disparate de titres chez différents éditeurs.


Chronique 1 :

Alors qu'il pensait travailler tranquillement auprès d'enfants pendant quelques mois, l'étudiant Tôru a découvert en son lieu de travail un orphelinat éloigné de quasiment tout, où la mort rôde en permanence: tous névrosés par leurs rapports tragiques avec leurs parents, les gosses de cet endroit deviennent la nuit de véritables machines à découper et à dépecer les adultes qu'ils haïssent, le tout en suivant les règles très strictes de l'inquiétante directrice Sakurako. Et la situation est loin de s'améliorer quand, un matin, le jeune homme retrouve dans son lit la tête de la petite Mirai. La fillette a été décapitée dans la nuit, tandis que son amie Rinko est portée disparue. Et il ne s'agit là que du premier drame morbide d'une succession de massacres, car pendant que cet événement semble réveille en Tôru ses plus sombres travers, l'heure est venue pour le véritable instigateur de tout ceci de se montrer pour semer le carnage...

Le premier volume de Children ne manquait pas d'avoir un certain impact grâce à son côté particulièrement gore et dérangeant, à base d'enfants s'adonnant au charcutage d'adultes dans leur bâtiment perdu, tandis que la toute dernière page du tome marquait encore plus avec la décapitation de l'adorable Mirai. Avec ce deuxième et dernier opus bien épais puisqu'il compte environ 260 pages, il n'est aucunement question pour Miu Miura de laisser retomber cette ambiance de profond malaise, bien au contraire ! Ainsi, plus encore que dans le premier tome, le sang va couler, les membres se faire amputer, les morts fuser, et peut-être la chose devient-elle, quelque part, encore plus malaisante que dans le premier volume puisque, dans la majeure partie des cas, les enfants bourreaux deviennent des enfants victimes, de nombreux personnages juvéniles étant voués à disparaître dans la violence.

L'aspect trash prend donc encore du galon, mais cela n'empêche aucunement la mangaka de mener à bien son petite scénario, en prenant soin d'apporter toutes les révélations qu'il faut: pourquoi Sakurako offre un traitement de faveur à Tôru, d'où vient le changement de comportement de notre héros, qui est le dénommé Kyôjô, quels sont ses desseins et pourquoi... Peut-être attendait-on un petit peu plus d'originalité sur certains éléments et, surtout, un peu plus de consistance dans ces révélations qui sont parfois balancées un peu vite pour justifier de plus belle le massacre (surtout concernant Kyôjô, en fait), mais au moins on a des réponses suffisantes, et celles-ci ont parfois vraiment le mérité d'apporter une ambiguïté supplémentaire autour des personnages, puisque au bout du compte quasiment aucun n'apparaît vraiment totalement bon ou totalement mauvais, chacun d'eux ayant des névroses dues à son passé, passé qui est bien souvent marqué par des rapports très néfastes entre les enfants et leurs parents.

Néanmoins, s'il y a un fond suffisant pour justifier le massacre malsain qui a lieu, il faut bien avouer que tout va très vite, parfois trop. En accélérant son rythme pour mieux nous happer, Miu Miura prend plus d'une fois de gros raccourcis narratifs qui rendent certains moments moins forts que prévus, d'autant plus que côté mise en scène la brutalité prend souvent purement le dessus sur le travail d'ambiance, ce qui fait que certaines morts finissent par être peu marquantes. En cela, on sent bien que Children fut la première série de l'autrice, avec ce que ça peut impliquer de petites maladresses. Et on se dit volontiers que quelques chapitres de plus n'auraient pas été de trop pour mieux peaufiner l'atmosphère, mieux travailler les révélations, ou même offrir une conclusion un peu moins abrupte.

Mais il reste que, dans l'ensemble, Children fait bien son office. Au-delà des maladresses, Miu Miura propose un divertissement d'horreur trash et malsain à souhait qui s'avère tout à fait honnête, et qui esquisse même succinctement des thèmes dérangeants autour notamment des rapports enfants/parents (ou enfants/adultes).
 

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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