Centaures Vol.3 - Actualité manga

Centaures Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 09 October 2019

La suite de Centaures se sera faite attendre pendant un peu plus d'un an et demi en France, chose pas forcément frustrante dans l'immédiat puisque le tome 2 achevait un premier cycle. Mais alors que l'excellente série fantastique de Ryo Sumiyoshi devrait en théorie bientôt s'achever dans son pays d'origine (puisque l'oeuvre était initialement prévue pour compter 5 tomes au total), l'heure est enfin venue pour Glénat de nous nous en proposer le deuxième cycle, dans un rythme normalement soutenu puisque le prochain tome devrait paraître en novembre.

Ce troisième volume ouvre donc une nouvelle étape dans l'histoire et la mythologie inventées par Sumiyoshi autour de ses êtres fabuleux et fascinants que sont les centaures. Bien du temps est passé depuis que Matsukaze, face à la folie et à l'oppression des hommes, s'est sacrifié pour permettre aux siens de subsister dans leur habitat naturel. Dans un style assez proche de l'art féodal nippon qui ancre très bien le récit dans un aspect "historique", les premières pages du tome nous narrent très bien comment, face aux guerres civiles humaines et autres tares des hommes qui ont forcément bouleversé leur mode de vie, les centaures ont dû s'adapter tant bien que mal. Mais à présent, le défilement des années aidant, les plus graves tensions et drames entre humains et centaures semblent révolus, et les deux peuples cherchent peu à peu à bâtir un mode de vie basé sur leur respect et leur coopération mutuelle, même s'il reste forcément des tensions dans un camp comme dans l'autre, car on ne peut pas changer soudainement les mentalité en seulement quelques années.

Gonta semble, lui, rester parmi ceux ne pouvant pardonner aux humains, qui l'ont blessé dans son corps et ont abattu son père Matsukaze. Les années sont passées, le petite centaure a bien grandi et est devenu un adulte, mais la douleur et la haine envers les humains sont restées toujours là, tandis qu'il grandissait dans la montagne auprès de Mikuni et des autres. Mais quand il croise la route de Tanikaze, un jeune centaure qui a toujours vécu au fin fond de la montagne et qui n'a jamais connu la guerre, ses pas l'amènent vers l'impensable, auprès des humains...

Le deuxième cycle de Centaures devrait donc aborder la nouvelle situation des centaures face aux humains, à travers les cas de quatre visages bien différents. Gonta, bien sûr, qui reste le plus virulent envers les humains qui ont brisé son enfance, et qui risque de ne jamais pouvoir leur pardonner. Mais aussi Tanikaze, jeune centaure qui contrebalance totalement Gonta: n'ayant jamais connu la guerre, il est pur et naïf, et n'a aucune haine personnelle pour les hommes. Entre les deux, Mikuni montre des choses intéressantes: celui qui, dans son adolescence, dévorait des humains par vengeance, semble avoir déjà en partie évolué, comme si sa revanche avait bien été accomplie. Il ne peut évidemment accorder aucune confiance aveugle aux humains, mais il montre des choses et des réflexions qui pourraient avoir un impact sur Gonta. Enfin, il y a le cas de la dénommée Shagozen, une nouvelle venue tout à fait atypique, aux origines aussi bien de centaure que d'humain, et qui, dans son parcours déjà riche en société humaine, a pas mal de choses à véhiculer, que ce soit sur l'entente entre les deux peuples, sur la façon ont ils peuvent coopérer et apprendre à vivre ensemble, ou même sur l'amour entre humain et centaure.

La notion de vivre-ensemble pourrait être l'une des clés de ce deuxième cycle, et Ryo Sumiyoshi pourrait bien y glisser des messages bénéfiques, y compris de tolérance. C'est même déjà le cas, via des remarques idiotes sur le fait que les centaures "étrangers" viendraient "voler le travail" des humains, la métaphore de notre monde n'étant alors pas bien loin. Autant dire qu'au bout de ce volume de mise en place, les nouveaux éléments de ce fascinant univers sont prometteurs, et que l'on a hâte de lire la suite.

Visuellement, le trait de Sumiyoshi reste séduisant. Il y a sans doute moins de mise en valeur des anatomies précises que l'autrice est capable d'inventer, et forcément moins d'envolées épiques voire enragées puisque l'heure n'est plus à la guerre, mais la mangaka livre toujours des designs variés ainsi qu'une expressivité pure.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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