Candy & Cigarettes Vol.2 - Actualité manga

Candy & Cigarettes Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 22 August 2019

Elle a 11 ans, elle est toute mimi, mais se bastonne divinement et manie la gâchette comme pas deux. Il a 65 ans, il est plutôt classe, il est récemment retraité, mais pour financer les soins de son petit-fils malade il est désormais associé à cette jeune chipie qu'il vaut mieux pas chercher. Ensemble, Miharu Suzukaze et Raizô Hiraga forment à présent le plus improbable et efficace duo de tueurs à gages, pour le compte de leur taciturne employeuse Kinume, à la tête de l'agence SS. Leur but: faire tomber dans le sang les criminels inaccessibles par les voies légales, car trop puissants, inscrits dans les plus hautes sphères du pays, et reliées au gouvernement. Leur cible principale: Saburô Musô, vieil homme officiellement à la retraite mais continuant ses manigances sur le pays, en étant à la tête d'un grand empire financier qu'il a bâti tout au long de cette dernière moitié de siècle. Mais l'homme prend soin de se camoufler: personne ne sait où il se cache. Alors pour le faire sortir de sa tanière, il faut être prêt à mettre la main sur ce qui l'obligerait à se montrer. Quitte à se salir "un peu" les mains.

Le risque de Candy & Cigarettes était, a priori, de ne nous offrir que des petites missions indépendantes pendant trop longtemps. Heureusement, dès le premier tome, Tomonori Inoue, tout en régalant dans la mise en place de son duo de héros bien campé, distillait déjà les prémisses d'une lutte contre un grand ennemi beaucoup plus imposant en la personne de Saburô Musô. Une piste qui, avec ce deuxième tome, prend d'ores et déjà plus de consistance, car la chute de Musô devient clairement la priorité ! Ils 'agit d'abord de parvenir à la faire sortir de sa planque, et pour ça les trois membres de l'agence SS vont devoir procéder méthodiquement, via deux missions rattachées l'une à l'autre et qui vont occuper tout le tome.

La première est la plus courte, et aussi la plus simple, voire un peu simpliste dans ses rebondissements de fin (comprendre par là que nos deux héros accomplissent un peu trop facilement leur mission, sans grosse gêne). Mais elle n'en est pas moins intéressante dans ses enjeux et dans certains petits rebondissements, en têtes desquels l'entrée en scène de Saitô, un ancien cadet de Raizô à la police qui semble voué à prendre une certaine importance sur la longueur, puis l'identité de la personne que nos héros doivent réellement liquider, l'auteur s'amusant à brouiller un petit peu les pistes.

La deuxième occupe l'essentiel du volume et se veut déjà un peu plus corsée, le duo devant aller récupérer des papiers compromettants et liquider son possesseur tout en haut d'une tour sévèrement gardée. Entre petite séance de "tyrolienne de fortune" depuis un autre immeuble, séparation du duo à cause du vertige de Raizô, et arrivée d'un autre tueur implacable qui bosse pour Musô, les problèmes se posent là et entretiennent bien le rythme. Mais parallèlement à tout ça, Inoue parvient également, vite et très bien, à continuer de décortiquer un petit peu plus ses anti-héros, entre une Miharu dont on se demande toujours plus où elle a bien pu apprendre à se battre, un Raizô qui s'inquiète réellement pour sa petite partenaire (au point de braver ses phobies ?)... et, surtout, tout un voile qui se lève autour de la "troisième membre du duo": Kinume, qui se confronte là à son passé et à son enfance. Aussi classique que prenant, le focus sur cette femme a, mine de rien, beaucoup de choses à nous dire sur son caractère, son comportement, ses motivations... si bien que l'on finit par discerner quelque chose de plus humain derrière sa carapace de neutralité.

Bien sûr, pour bien entretenir le rythme ça continue de pas mal pétarader et se battre, avec à la clé des moments aussi intenses que décomplexés où Miharu n'a clairement pas froid aux yeux, quelques réparties bien trouvées, des angles de vue et découpages entretenant très bien l'action... de quoi nous satisfaire avant une fin de tome un peu plus calme, et ce n'est pas plus mal car ça sert aussi le récit, puisque le duo principal continue de se renforcer un peu, entre une Miharu qui rend visite à Raizô et se confie un petit peu, où un papi qui invite la fillette à venir rendre visite à Shôta comme si elle faisait partie de sa famille.

Mais dans Candy & Cigarettes, le repos peut rarement durer, et c'est sur un bon petit double-climax que se referme le volume. En attendant de voir ce que ça donnera, on est ici sur du divertissement redoutablement efficace, où Inoue parvient à consolider toutes les qualités vues dans le premier tome, tout en accentuant d'un gros cran les enjeux autour de nos héros et de leur principal ennemi.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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