Boss Rénoma Vol.1 - Actualité manga

Boss Rénoma Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 30 June 2022

En avril 2018, le manga fleuve de Shinobu Seguchi qu'est Prisonnier Riku prenait fin avec son 38e tome. Dans ce titre d'action carcéral, le mangaka dépeignait une lutte sociale forte, aux côtés de jeunes laissés pour compte qui ne rêvaient que de justice et de liberté. Et sans doute que la conclusion a ému le mangaka autant que ses lecteurs, puisque c'est quelques mois plus tard qu'il est revenu avec un spin-off : Boss Renoma. Lancé le 30 août 2018 dans le magazine hebdomadaire Shônen Champion des éditions Akita Shoten, le manga est revenu sur le passé du charismatique Renoma, le temps de deux volumes.


Chez nous, aux éditions Akata, Prisonnier Riku est une série qui a gagné en notoriété au fil des années, devenant le manga le plus long de la maison indépendante ainsi que le seul vrai shônen d'action de leur catalogue. C'est sans maintenir le suspense trop longtemps qu'Akata annonça la sortie du préquel dans nos librairies, une parution simultanée des deux tomes d'abord prévue pour début 2022 avant de finalement avoir lieu le 30 juin, un report qui s'explique par la grande crise actuelle touchant notamment le papier. Moins d'un an après la fin de Prisonnier Riku dans nos contrées, il était donc temps de retrouver pour un temps éphémère l'univers sans merci de Shinobu Seguchi, sa patte trop dynamique et ses grandes odes à l'humanité.


Des années avant l'incarcération du jeune Riku sur l'Île du Paradis, Renoma dirigeait du puissant clan du Double Dragon Cross. A la tête de 6000 hommes, le chef impitoyable mettait un point d'honneur à protéger son immense famille, au point d'endosser la responsabilité d'un meurtre qui lui vaut une peine au fameux pénitencier isolé du reste du monde. Sur place, il intègre une 27e menuiserie impitoyable, dirigée par un seul homme aussi puissant que cruel. Rapidement, Renoma se fixe donc un objectif : Devenir celui qui régnera sur cette section de l'île.


Pour le lecteur assidu de Prisonnier Riku, le premier volume de Boss Renoma a un petit air de nostalgie. Des années après l'avoir quittée, le lecteur est de retour dans la fameuse prison de l'Île du Paradis, accompagnant un Renoma plus jeune et physiquement éloigné du colosse qu'il deviendra plus tard. A cette nostalgie se greffe donc une certaine fraîcheur : Le charismatique personnage est un poil éloigné de celui que nous avons connu, et Riku n'est pas encore là pour imposer ses valeurs et sa morale. Alors, on s'imagine d'entrée de jeu un pénitencier encore plus violent que ce que nous avons connu dans la série principale.


Dans Prisonnier Riku, Shinobu Seguchi nous présentait d'abord un Renoma fait presque office d'adversaire, avant que celui-ci s'adoucisse au contacte de son nouveau camarade de menuiserie. Établir un bon équilibre chez le leader du Double Dragon Cross était donc essentiel, ce que cette première moitié réussit à faire. Renoma n'est pas ici pour se créer une nouvelle famille mais pour survivre, et c'est par la force qu'il compte mettre son plan en œuvre. Pourtant, sa condition de chef d'un clan soudé reste un point très présent de ce préquel, tant pour dépeindre les valeurs que le boss rechigne à afficher ouvertement que pour servir de levier à la progression du scénario.


Le spin-off affiche rapidement un objectif clair et ne démontre pas de grandes prétentions. L'idée de Shinobu Seguchi, c'est de revenir durant un temps limité sur l'ascension de Renoma sur l'Île du Paradis et ainsi boucler la boucle d'une grande aventure entamée au début des années 2010. Ce premier tome honore amplement cette volonté en nous régalant des retrouvailles avec les bases de la série et notamment avec le suspense de son premier grand arc narratif dans lequel les personnages devaient jouer d'astuce dans cet univers carcéral rigide afin d'accomplir leurs objectifs. Les seules différences ici, c'est que Renoma n'envisage pas l'évasion, et il n'a pas tout à fait la morale de Riku. Plutôt que laisser parler son cœur, lui laisse parler ses poings, et c'est de cette manière qu'il compte imposer sa loi.


Les ingrédients forts de Prisonnier Riku, ceux qui nous ont charmés, se retrouvent donc dans ce préquel. Et dans cette idée de retour aux origines, on apprécie que l'auteur ait renoncé à la patte excentrique qu'il affichait surtout dans le deuxième arc de la série principal. Ici, son style est plus sage et en phase avec ce qu'il montrait dans la longue phase d'époque de l'Île du Paradis. Chacun sera juge de ce choix, mais difficile de ne pas y voir un désir de croquer de nouveau à pleines dents l'atmosphère d'époque que l'arc.


Cette première moitié de Boss Renoma mécontentera difficilement les adeptes de Prisonnier Riku, tant l'énergie de la série phare de Shunobu Seguchi se retrouve. Seul le point de vue change ainsi que les enjeux, découvrir Renoma sous un autre jour devenant un plaisir tant le mangaka ne dénature aucunement le personnage malgré le bond dans le passé.


Côté édition, Akata livre un travail aussi plaisant qu'à l'accoutumée. Alexandre Goy nous offre une traduction dans la dynamique parfaite de la série, Farid Daoud un lettrage bien calibré, et Philippe « Yao » Bouaka un joli travail graphique sur la couverture afin de correspondre à l'ambiance de l’œuvre comme à l'image du charismatique Renoma.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
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