Bomber Boy Vol.1 - Actualité manga

Bomber Boy Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 26 July 2021

Dans un monde en conflit, le Yamato est un archipel qui a profité de l'effondrement du shogunat pour tenter d'asseoir son hégémonie sur d'autres nations, ce en les envahissant afin de mettre la main sur leurs ressources. Seulement, un puissant opposant en profita pour lancer ses hostilités sur le petit pays : La nation de Mars. Plus solide sur le plan militaire, Mars a su mettre en déroule le Yamato, aujourd'hui bien affaibli.

Le conflit perdure. Sur l'île de Gallet, le chef d'escadron Jin-E Tatsumi tente de remporter la victoire tout en préservant la vie de ses hommes. Mais la dure réalité les rattrape quand au lieu de trouver les renforts du Yamato, ce sont les troupes de Mars qui les accueille. La fin semble être arrivée pour Tatsumi... jusqu'à ce que les renforts inespérés de son pays dévoile l'arme surpuissante que le Yamato gardait en réserve.

Bomber Boy est l’œuvre de Mikumo Seto, un mangaka qui fit ses débuts en 2009 en obtenant quelques récompenses dont la troisième place du Get The Sun Rookie Award. Après plusieurs histoires courtes, il publie sa première série en 2011. Intitulée Kokoro Dessin, celle-ci ne comptera qu'une poignée de chapitres non condensés en tome relié. C'est en 2013, dans la revue Gessan de l'éditeur Shôgakukan, que l'artiste lance sa première série qui sera compilée en deux ouvrages : Aoni no Sora ni Ryû wa Naku. Puis, en 2018, il démarre le titre qui nous intéresse ici. Bomber Boy paraît entre 2018 et 2020, pour un total de 4 tomes, toujours dans la revue Gessan. Confirmant sa volonté de relancer les séries délaissées de son catalogue tout en proposant de nouvelles trouvailles, Panini propose le premier opus de la série en ce mois de juillet 2021, ce qui constitue notre première découverte de Mikumo Seto.

Très rapidement, dès ses premières pages en réalité, le manga s'impose comme un récit de guerre présentant un Japon factice dominé par l'un de ses rivaux, la nation de Mars. L'association entre le pays du soleil levant et la terre héroïne de cette histoire ne fait aucun doute, Yamato renvoyant à la fameuse classe de cuirassés déployée lors de la Seconde Guerre Mondiale, largement réutilisée et réinterprétée dans la fiction dont la saga Space Battleship Yamato. Et quand on observe les plans élogieux que le mangaka octroie aux imposants navires de guerre, le rapport est plus qu'évident.

Un récit de guerre donc, et a priori impitoyable. Le premier chapitre nous met dans le bain d'un conflit sans pitié, narrant une vraie hécatombe autour de Jin-E Tatsumi, désigné comme protagoniste de cette histoire. Ceci avant d'être sauvé par Kitetsu, un robot à la forme d'enfance dont la puissance sur le champ de bataille est sans commune mesure. De récit de guerre plein de désespoir, le titre évolue alors vers le manga d'action dans lequel nous sommes amenés à suivre une petite escouade effectuant ses missions en se servant de Kitetsu comme joker. La formule n'est pas sans rappeler de nombreuses œuvres de fiction nippone, et notamment les œuvres mecha telles que Gundam où le robot phare sert d'élément salvateur pour les héros, dans un conflit qui les dépasse. Il n'est donc pas étonnant que Panini ait jeté son dévolu sur le titre puisque la maison d'origine italienne semble avoir un faible pour les œuvres utilisant les codes des séries de robots, comme l'atteste le très bon Sarissa. Panini serait donc tout désigné pour rééditer du Gundam chez nous, mais l'heure n'est pas au lobbying.

En observant les éléments liés à l'armée navale nippone, on pouvait craindre un titre faisant la gloire du pays et de son armée d'autrefois, un encensement de la nation nippone comme on peut le voir dans certains récits couvrant la période de la Seconde Guerre Mondiale. Si le parallèle temporel est simple, on se rassure au fil de la lecture quant à cette orientation. Bomber Boy est un récit de guerre autour d'un Japon nommé différemment, certes, mais l'ensemble de ce premier tome atteste un titre finalement nuancé. Ces premiers chapitres, plus qu'une histoire de jeune robot faisant ses prouesses sur le champ de bataille, propose une histoire de guerre où l'armée est un corps impitoyable, ponctué de ses notes les plus sauvages, mais ou un relent d'humanité persiste. Le titre vient même nous prendre à contrepied à certains instants, ce grâce à un héros empli d'humanité. Et concernant Kitetsu, le jeune robot reste entouré de mystères qu'on espère voir s'éclaircir au fil des opus. Ceci couplé à la rivalité grandissante entre Mars et le pays du Yamato qui remonte la pente grâce à sa carte maîtresse, et on obtient un manga de guerre globalement rythmé, efficace et séduisant dans ce qu'il propose. La patte de Mikumo Seto n'est pas étrangère à ce rendu, loin de là même. Dense, fouillé et expressif, avec des relents d'influence Otomo concernant l'allure à la fois mécanique et organique de Kitetsu, le récit est aussi une expérience visuelle et narrative prenante. Si on se questionne sur la possibilité de narrer une trame globale et bouclée en seulement quatre tome, la curiosité de découvrir la suite est bien là.

Concernant l'édition, Panini nous offre là un bien joli pavé. Pas de pages couleur mais un papier épais, un lettrage bien fichu de la part de Barbara Stavel, et une traduction a priori pertinente signé Fabien Nabhan. A noter que ce premier volume est proposé au prix de lancement de 5,99€ jusqu'à la fin de l'année. Pour les curieux, voilà un prix modique et accessible permettant de découvrir le titre à moindres frais.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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