Black Butler Vol.20

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 26 October 2015

La situation semble critique pour Sebastian. Ciel se trouvant toujours dans un puissant état de psychose à cause des miasmes des loups-garous, son majordome ne peut pas l’approcher. Pire encore, celui-ci ne sait pas comment sortir de ce mauvais pas… Voilà que son contrat démoniaque avec Ciel est sur le point de se rompre, à moins que ce diable de majordome n’ait une solution ?

Quel tome déroutant que celui-ci, du moins sur sa première partie. Le volume précédent ayant développé une atmosphère oppressante par le biais des loups-garous, on s’attendait à une continuité après avoir insisté sur l’introspection de Ciel, très intéressante pour le traitement interne du personnage qui était inexistant jusqu’à présent. Et finalement, la dualité intérieure du comte Phantomhive est le moment clef de la première partie de ce tome, étape indispensable pour que l’enquête suive son cours. La scène qui s’en suit opère même une facette inédit par rapport à ce que la série nous a proposé jusqu’ici puisque l’introspection de Ciel est dépeinte avec une esthétique à laquelle Yana Toboso de s’était jamais risqué. Scénaristiquement, développer l’attitude de Ciel et ses éventuels regrets permet d’aborder un peu plus l’humanité du personnage qui, jusqu’ici, était resté froid et impassible. Les effets de son traumatisme sur sa psychologie sont alors dépeints, et ceci avec une certaine poésie par moment, comme en attestent quelques pages du milieu de tome qui prouvent que plus qu’une simple dessinatrice d’univers sombre, la mangaka est une artiste dans le détail de ses planches et ses talents de mise en scène, talents qu’on aimerait voir davantage dans la série.

Après les belles surprises narratives de la première partie de tome, la seconde revient à un Black Butler plus classique en présentant la résolution de l’enquête, à peu près comme à chaque fin d’arc. Certaines révélations sont assez convenues et, associées au reste du contexte de l’arc, renvoient facilement au film « Le Village » de Night Shyamalan, mais d’autres laissent place à plus de surprise tout en parvenant à relier les différents éléments de l’arc entre eux. Yana Toboso a toujours été douée dans ce genre de résolutions efficace et l’auteure ne faiblit pas dans ces pages, mais c’est aussi parce que le personnage de Sarivan bénéficie d’un bon traitement et ne fait pas simplement office de personnage de figuration temporaire pour les besoins de l’arc. A ce stade, on s’attend même à ce qu’elle rejoigne l’équipe Phantomhive, une anticipation qui serait logique puisque ce volume s’intéresse comme il se doit aux tourments de la petite fille, mais aussi à ses rêves, ce qui la rend au passage plus sympathique que dans l’opus précédent. Gageons toutefois que dans tous ces développements sur finalement peu de temps, certains tournants de l’histoire s’avèrent un peu téléphonés, on pense notamment à la manière de Sarivan de résoudre ses problèmes de magie qui s’apparente à une petite facilité scénaristique, mais ceci dans le but de ne pas faire traîner l’histoire et garder une dynamique dans le traitement de l’arc.

Entre le superbe moment introspectif sur Ciel et la résolution de l’enquête qui laisse place aux révélations et à la surprise, ce tome hybride continue de faire monter le niveau de l’arc qui pourtant, sur ses débuts, ne semblait rien renouveler dans la série. Votre serviteur lui-même était mauvaise langue et force est de constater que dans son écriture, Yana Toboso maîtrise son œuvre. Gageons que l’arc de la forêt aux loups-garous n’est pas tout à fait terminé et peut réserver quelques surprises qu’on a hâte de découvrir.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News