Bienvenue au café des chats - Manga

Bienvenue au café des chats

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 05 Décembre 2022

Quelques mois seulement après la conclusion du superbe Demande à Modigiliani !, la toute première série de sa carrière avec laquelle elle a su nous conquérir, la mangaka Ikue Aizawa est de retour dans notre pays, toujouts aux éditions naBan, avec un court one-shot de 120 pages: Bienvenue au café des chat !. De son nom original Coffee to Neko no Kakurega (littéralement "Café et refuge pour chats"), cette oeuvre se compose de 15 courts chapitres de 8 pages chacun, que l'autrice a prépubliés en 2019-2020, parallèlement à la conception de Demande à Modigliani !, au sein du magazine mensuel Manga Town des éditions Futabasha, magazine surtout connu par chez nous pour avoir autrefois accueilli les aventures délirantes de Shin Chan du regretté Yoshito Usui.

Comme son nom le laisse bien deviner, cet ouvrage nous immisce dans le quotidien d'un café à chats tenus par deux femmes: Michiko, la gérante au premier abord froide mais qui voue le plus grand soin aux félins, et son employée Ushirogi, bien souvent tout sourire et passée maîtresse dans l'art du latte. Tous les types de client(e)s sont bienvenu(e) dans ce lieu qui a quelques petites particularités supplémentaires par rapport à bien d'autres bars à chats qui proposent souvent de beaux félins de race: ici les félins sont de toutes les espèces mais sont souvent des croisés car ils ont été recueillis dans la rue, et ils sont traités comme des employés à part entière jusqu'à ce qu'ils trouvent des maîtres aimants, après que Michiko se soit assurée de la fiabilités des potentiels maîtres bien sûr.

Les mangas de chats sont légion, et ceux se déroulant dans des bars à chats ne sont pas forcément rares eux non plus: par exemple, il y a encore quelques mois, les éditions Doki-Doki lançaient dans notre langue le manga Chat de Yakuza qui se déroule dans ce cadre. Toutefois, Bienvenue au café des chats ! trouve assez facilement son unicité pour certaines raisons, à commencer par la patte visuelle immédiatement reconnaissable d'Ikue Aizawa: même si la tonalité est plus légère, dans l'ensemble, que dans Demande à Modigliani! qui abordait la vie, les tumultes et les doutes d'étudiants dans une école d'art, la dessinatrice conserve ici le même style justement très artistique où tout semble fait à la main (y compris les décors et les remplissages pourtant très présents), en conférant dès lors à son oeuvre un cachet assez authentique.

L'autre intérêt vient beaucoup du concept proposé par la patronne, où les chats ne sont pas voués à rester dans son café, et où elle recueille des félins dont elle s'occupe jusqu'à leur trouver un nouveau cadre de vie où ils pourront se sentir bien. Elle les recueille donc, les soigne, leur donne à manger, leur confie des jouets... et doit aussi composer avec leurs caractères respectif car aucun matou n'est semblable à un autre, à l'image d'un chaton forcément un peu craintif ou encore de Mumu, un très gros matou qui ne touche pas à sa nourriture au départ. Il va donc de soi que, pour chacun deux, les deux femmes du café doivent tâcher de trouver le maître qui leur correspondra.

Mais n'oublions pas qu'en plus d'être un refuge, le lieu est avant tout un café à chats, ce qui implique la venue de clientes et clients ! Un salarié pressé qui sort du travail et qui finit par se relaxer en réfléchissant sur l'écoulement du temps avec un félin sur les genoux, des adolescentes qui ont le sentiment que les chats ne les aiment pas, ou encore un homme d'âge mûr qui se demande si ce n'est pas gênant de voir quelqu'un comme lui fréquenter ce type de café, sont quelques-uns des visages croisés dans cette lecture et qui, bien souvent, vont ressortir un peu changés de leur contact avec ces chats puisque, à l'instar des chiens, les félins et autres animaux peuvent apporter beaucoup dans une vie humaine. Et ça, on le sentira aussi dans les cas de Michiko et d'Ushirogi, dès lors que certains moments réveillent en elles des souvenirs du passé: leur rencontre au collège-lycée, leurs éloignement avant de se retrouver pour ce café, comment la patronne a commencé cette activité...

La lecture défile vite, à vrai dire on en aurait bien repris un peu pour voir l'autrice aborder encore plus de choses, mais dans l'ensemble Bienvenue au café des chats ! se présente comme une jolie petite lecture, qui plus est servie dans une édition tout à fait honnête. Le livre a beau être peu épais, son prix de 9,90€ peut se justifier par le grand format permettant de profiter au mieux du style visuel unique d'Aizawa. On trouve également un papier certes un peu transparent mais souple et permettant une bonne qualité d'impression, un lettrage assez propre et un joli logo de couverture de Florent Faguet, et une traduction soignée de Pierre Sarot qui était déjà à l'oeuvre sur Demande à Modigilani !. Enfin, n'oubliez pas de lire la sympathique postface de l'autrice, où elle présente l'expérience qui lui a donné l'idée de ce bref manga.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
15 20
Note de la rédaction