Barrage Vol.1 - Actualité manga

Barrage Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 04 Febuary 2019

Chronique 2
  
En peu de temps, Kôhei Horikoshi a acquis une belle notoriété, ce grâce à son succès mondial : My Hero Academia. Pourtant, la carrière de l'auteur ne se limite pas à ça. Tandis que la série super-héroïque de Kôhei Horikoshi se lançait au Japon, l'éditeur Delcourt proposait une des deux œuvres antérieures de l'artiste : le très bon, mais boudé par le lectorat japonais, Crazy Zoo. Aujourd'hui, conscientes que les lecteur s'intéresseront sûrement au passif du mangaka, les éditions Ki-oon nous proposent la seconde œuvre réalisée avant My Hero Academia : Barrage. Un titre en deux tome publié en 2012 en Japon, dans les pages du Shônen Jump, dont la courte durée laisse prévoir une œuvre annulée à cause d'un manque de succès. Aujourd'hui, l'information peut faire sourire puisque, peu après, l'auteur a rempilé avec l'incroyable succès qui passionne actuellement le monde.

Dans une galaxie lointaine, une platine subit des assauts répétés d'extra-terrestre suite au développement des échanges stellaires. Bien que le roi maintienne un semblant de paix, les envahisseurs sont légions et ne demandent qu'à renverser le pouvoir en place. Une situation qui ne concerne pas tellement Astro, un gamin des rues qui essaie, tant bien que mal, de nourrir une poignée d’orphelins qu'il a recueilli, avec le maigre salaire qu'il récolte.
Seulement, suite à une altercation avec un extra-terrestre, Astro perd son emploi. Coup de « chance » : Devant lui se dresse Barrage, fils du Roi et prince du royaume, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, et lui propose d'échanger leurs places...

Dans son contexte, Barrage rappelle un certain Gintama. Des envahisseurs extra-terrestres menaçant la planète... voilà qui constitue un ait de déjà-vu. Fort heureusement, la comparaison s'arrête là puisque, dans son récit, Kôhei Horikoshi présente des intentions totalement différentes, et se destine à un shônen d'aventure pur qui, malgré ses quelques touches d'humour, ne s'orientera pas vers l'absurde.

Même si, de part sa courte durée, il est difficile de placer de grands espoirs dans ce diptyque, ce premier tome de Barrage se révèle globalement séduisant. D'abord, retrouver la patte du mangaka constitue toujours un réel plaisir, son trait n'ayant pas énormément évolué entre la présente série et le premier tome de My Hero Academia. Le principal bémol visuel viendra du manque d'alchimie esthétique : là où l'auteur propose un style très hybride sur Crazy Zoo et My Hero Academia, ce parce qu'il joue entre forme humaines et formes diverses, cette patte est absente de Barrage, exception faite de quelques extra-terrestres. Dès lors, on ne retrouve pas totalement cette esthétique si propre à l'auteur, qui constitue sa marque de fabrique.

Pourtant, son travail graphique sur les personnages reste reconnaissable. Et le coup de crayon mis de côté, le récit s'apprécie facilement tant il récence les ingrédients essentiels d'une série d'aventure, ne perdant pas trop de temps pour lancer le périple de son héros. Celui incarne l'archétype du protagoniste noble, mais présente quand même un petit plus touchant de par sa volonté de protéger la famille qu'il a recueilli. Un bon point donc, bien qu'il marque l'envie de l'auteur de partir dans un récit aux codes classiques. Ce qui n'est pas forcément un problème en soi, le mangaka ayant prouvé avec My Hero Academia qu'il sait utiliser astucieusement les ficelles du genre pour nourrir une œuvre efficace.

Néanmoins, sur Barrage, la sauce prend moins, peut-être parce qu'on ne retrouve pas totalement toute la folie de l'auteur. Force est de constater que le registre super-héroïque et les formes de vie hybride lui conviennent beaucoup mieux. Pourtant, les péripéties narrées par ce premier volet se suivent avec un joli plaisir, le tout étant rythmé, garni de personnages attachants, tout en plantant les premiers éléments d'un univers plaisant à découvrir. Et s'il s'ancre dans un certain classicisme, ce premier volet propose quelques surprises narratives, notamment en ce qui concerne le rôle d'Astro vis à vis du Roi. Si on s'attendait à ce que le quiproquo perdure, ce qui aurait été aussi cliché que redondant, le parti-pris de Kôhei Horikoshi est audacieux et appréciable.

Seulement, aussi plaisante soit la lecture, il est difficile d'imaginer comment l'auteur parviendra à développer une bonne fin en seulement un volume supplémentaire. L'aventure d'Astro est lancée, et ce dernier a tout un royaume à sauver. En un tome, cela paraît assez juste, il ne fait alors nuls doutes que la série a été annulée en cours de route. Néanmoins la suite (et fin) s'appréciera comme un bon divertissement, et permettra d'observer l'évolution de l'auteur sur une série courte. Pour les fans de My Hero Academia qui souhaiteraient s'intéresser à la carrière de Kôhei Horikoshi, c'est un petit plus à prendre, et c'est sans doute dans cette optique que Ki-oon a publié le court titre en France.
  
  
Chronique 1
  
En ce début 2019 il apparaît évident que tous lecteurs de mangas qui se respectent a déjà lu, regardé ou tout simplement entendu parler de My Hero Academia, phénomène shonen parvenu à renouveler le genre tout en respectant ses codes, véritable coup de génie au sein d'un genre qui commençait à tourner en rond!
Cette réussite on la doit à Kohei Horikoshi, auteur génial qui aime ce qu'il fait et transmet sa passion aux lecteurs qui ne peuvent que la ressentir! A ce jour MHA est sans doute le plus gros titre de l'éditeur Ki-oon qui a toujours été fidèle à ses auteurs fétiches, ce n'est donc pas surprenant de voir apparaître chez eux le précédent titre de l'auteur, celui qui nous intéresse ici: Barrage!
Cette courte série composée uniquement de deux tomes n'est pas la première de son auteur, elle vient après "Crazy Zoo", paru chez Delcourt, mais est bel et bien antérieur au génial My Hero Academia; ainsi s'attarder sur ce titre c'est un peu étudier l'évolution d'un auteur qui est désormais une référence auprès de ses pairs!

La guerre fait rage depuis des décennies entre humains et extraterrestres de toutes sortes! Astro (qui n'est pas un robot) est un orphelin de guerre vivant sur une planète au régime monarchique dirigée par les humains. Il multiplie les petits boulots pour faire vivre des enfants qu'il a recueillis, également orphelins de guerre!
Un jour, Barrage, le prince du royaume apparaît devant lui et lui demande de prendre sa place afin de pouvoir s'échapper de ses obligations...en effet les deux garçons se ressemblent étrangement. Les événements se précipitent alors: Barrage est abattu par un sniper, la garde royale vient récupérer Astro pensant qu'il est le prince et notre jeune héros se retrouve au palais à devoir remplir un rôle dont il ignore tout! Mais c'est aussi la possibilité pour lui de pouvoir réellement aider les enfants qu'il considère comme sa famille!
Bien qu'il ne se sente pas à sa place, Astro semble avoir hérité des pouvoirs du prince lui permettant d'utiliser une lance magique, chose que le prince lui même ne parvenait pas à faire...
Un drôle de destin l'attend alors!

Avant les super héros Kohei Horikoshi s'est donc essayé au space opera, et force est de constater qu'on retrouve immédiatement la patte de l'auteur! Sa patte graphique bien évidemment, puisque lorsqu'il écrit Barrage il n'est déjà plus un débutant et maîtrise déjà son style, mais aussi et surtout au niveau du dynamisme et de l'énergie qui se dégage de son récit! Tout va très vite, peut être même un peu trop vite, notamment dans les premiers chapitres où les événements s’enchaînent peut être un peu trop rapidement. Mais si le lecteur est bousculé, cela nous permet de nous mettre dans la peau de Astro qui est lui aussi bousculé et ne comprend pas ce qui lui arrive!

L'auteur n'attendra pas non plus pour nous proposer des séquences d'actions très dynamiques et stylisées, celles ci étant déjà claires et explicites!
On pourrait croire que le contexte de space opera change de ce qu'on connaît de l'auteur, mais en fait pas tant que ça...les extraterrestres, nombreux et différents peuvent tout à fait rappeler les possesseurs d'Alters que nous découvrirons dans MHA. Si au niveau du design des différentes races on reconnaît là encore tout à fait le style de l'auteur, qu'on pourrait rapprocher chaque race d'un ou plusieurs personnages de MHA, chacune de ces races possède également des capacités qui leur sont propres, renvoyant là encore aux alters... Mais ne prenons pas les choses à l’envers Barrage est bel et bien antérieur au gros succès de MHA, mais cela nous permet de voir que l'auteur avait déjà des affinités avec ces concepts et qu'il cherchait le bon univers pour les exploiter comme il l'entendait!

Pour ce qui est du personnage principal il possède bien des points communs avec Izuku. Notamment le fait qu'il se retrouve propulsé dans un monde qui lui était étranger, voire interdit, que par sa grandeur d'âme et son courage ce monde lui ouvre ses portes et qu'il parvienne à réaliser des prouesses que ceux qui étaient déjà dans ce monde avant lui ne parvenaient pas à réaliser. On retrouve cette volonté de protéger les siens, de faire le bien quoi qu'il en coûte, même avec des idées naïves...bon à ce niveau là ce n'est pas propre à Kohei Horikoshi mais bel et bien le genre qui veut ça.

Malgré tout on ressent justement une certaine naïveté chez l'auteur qui nous propose un récit pour le coup vraiment classique où tout va trop vite, on enchaîne les événements trop rapidement pour les savourer pleinement, pour en mesurer l'ampleur et la portée et surtout on se doute qu'en seulement deux tomes l'auteur n'aura pas les moyens de ses ambitions: entre le lien étrange existant entre Astro et Barrage, les différentes races aliens et cette guerre planétaire, ce tour du monde pour libérer les peuples de l'oppression de dangereux aliens...cela fait beaucoup pour uniquement deux tomes.
D'autant que l'auteur lui même ne semble pas exploiter tout ceci correctement: d'un coté il nous délivre un message de tolérance et d'acceptation entre les différentes races, de l'autre il ne nous présente que des aliens agressifs et souhaitant la mort des humains...en terme de manichéisme ça se pose là!
Ensuite le coté space opera n'est pas non plus spécialement exploité: tout se déroule sur la planète, on ne ressent pas spécialement ce coté futuriste puisque contrebalancé par ce système monarchique et tout le design qui va avec (château de type moyenâgeux, apparence du roi et de ses sujets, on ne sait pas si l'artefact qu'utilise Astro est magique ou issu de la technologie...) et au risque de se répéter, les races extraterrestres seraient des mutants, des monstres, des démons ou quoi que ce soit d'autre, ce serait pareil...on est plus proche de la fantasy que du space opera.

On a donc le sentiment que l'auteur ne pousse pas ses idées à fond, qu'il ne va pas au bout des choses, qu'il ne les développe pas suffisamment, qu'il se retient et hésite entre plusieurs univers sans parvenir à les fusionner correctement.

Ce qu'on retiendra de ce premier tome, le maître mot qui en ressort c'est donc la naïveté de son auteur qui se cherche encore, qui possède déjà le talent graphique, une mise en scène énergique et vivante, qui regorge d'idées, mais qui n'est pas encore parvenu à les exploiter tout à fait correctement au sein d'un univers qui ne lui correspond peut être pas.

Cela reste malgré tout un bon moment de lecture, une série plus que sympathique et on lira le second opus avec grand plaisir!
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

13 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

14 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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