Arte Vol.8 - Actualité manga

Arte Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 11 Octobre 2018

Arte a joliment accompli sa mission de portraitiste et de tutrice de la petite Caterina à Venise, au point de s'être attirée les faveurs de la famille Fariel, et désormais il ne lui reste plus qu'à se préparer à quitter la cité vénitienne pour regagner Florence et retrouver Léo. L'arc à Venise se referme alors joliment dans un début de tome à la fois festif et doux. Kei Ohkubo s'offre quelques pages de carnaval et de festivités typiques (comme la regata) emballantes (on aurait presque aimé en voir un peu plus), mais séduit surtout pour la manière dont elle nous laisse dire vite et bien au revoir aux membres de la famille Fariel, en même temps que son héroïne. En tête, bien sûr, Caterina, qui a vraiment changé au fil de l'arc, et avec qui Arte a bâti un joli lien.


Mais ce n'est pas parce qu'Arte est de retour dans sa ville que les choses vont retomber, bien au contraire ! Son succès chez les Fariel, famille assez prestigieuse, vaut à la jeune fille d'être de plus en plus reconnue en tant qu'artiste, si bien qu'elle reçoit même plusieurs commandes en son nom propre ! Clairement, la petite aristo progresse de plus en plus dans le milieu artistique... et par la même occasion certaines interrogations ne peuvent que se poser, chez elle comme chez Leo.


Il a beau avoir repris sous son aile Arte lors de son retour à Florence, et ça a beau être évident que la demoiselle lui a manqué, Leo ne peut que se demander si la garder avec elle est vraiment la bonne solution. A une époque à Raphaël et Leonard se sont récemment éteints, où une nouvelle ère semble proche dans le domaine de l'Art, une femme comme Arte pourrait peut-être bien continuer de s'élever dans le milieu, et ce n'est pas forcément le petit atelier de Leo qui pourrait l'y aider... D'autant plus que dans sa progression, Arte risque de se confronter à bien d'autres problèmes: elle a beau exceller désormais dans les portraits, en est-il autant pour d'autres types de peintures, notamment religieuses ? Au-delà de ses propres méconnaissances, notre héroïne pourrait surtout être confrontée à certaines nouvelles inégalités entre hommes et femmes, notamment certaines soi-disant méconnaissances qui rendraient les femmes moins savantes que les hommes. Une réalité de l'époque qui, pourtant, continuer d'être un peu secouée par Arte, en serait-ce que via les cours de mathématiques qu'elle donne à la jeune couseuse qui a soif d'apprendre.


Mais il n'y a pas que de ce côté-là que le sujet des inégalités hommes/femmes reste présent dans la série, car Arte pourra en voir une autre à l'occasion de l'une de ses commandes, visant à peindre une jeune femme promise en mariage. Les demandes du père de la mariée sont plutôt étonnantes: faire en sorte que sa fille paraisse plus belle sur la toile qu'en vrai, comme si elle n'avait aucun charme. Et par la même occasion, c'est le principe des dots qui est également évoqué, mettant là aussi en exergue un aspect de la condition féminine à l'époque. Heureusement, Arte, par sa sincérité et ses talents, aura plus d'un tour dans son sac pour faire un peu évoluer la fille et son père dans leur appréciation d'eux-mêmes.


Et puis, peut-être est-ce aussi notre héroïne elle-même qui en ressortira changée ? En effet, tout comme Leo, elle ne peut que s'interroger sur son avenir en tant qu'artiste. Que veut-elle ? Est-ce que progresser pour être reconnue de tous est ce qui l'intéresse le plus ? Est-ce la gloire qu'elle recherche au fond d'elle ? Ou autre chose ? On la sent bien, au fil des pages, commencer à se forger un peu plus un idéal, une vision de ce que serait pour elle le bonheur en tant qu'artiste peintre.


Sous les visuels toujours aussi savoureux d'Ohkubo, Arte reste donc une excellente lecture, riche, fine et assez enlevée, avec ce huitième volume.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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