Arachnid Vol.1 - Actualité manga

Arachnid Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 22 June 2015

La période débutée à la rentrée 2014 aura été un bon cru pour Soleil Manga qui, proposant ses nouveaux titres, a su surprendre avec quelques OVNI comme Prison School ou proposer tout simplement des œuvres plus classiques, mais dotées de fortes qualités. Après quelques titres misant sur les amourettes et la frivolité, l’éditeur propose avec Arachnid un seinen orienté action, une série plutôt longue sachant qu’elle a dépassé les onze tomes au Japon. Titre de Shinya Murata au scénario et Shinsen Ifuji au dessin, le manga nous propose en amorce pas déplaisante pour ce premier opus.

Il existe une organisation travaillant pour des filiales de l’ombre qui emploie des tueurs à gages dans le but de trafiquer les identités. Ainsi, l’individu assassiné existe toujours pour la société puisque l’identité est revendue à un tiers. « L’araignée » travaille pour ce groupe en tant qu’assassin et a un jour la mission de prendre la vie de l’oncle tyrannique de la jeune Alice, contrainte de vivre avec la seule famille qui lui reste. Mais lorsque le prédateur s’attaque à la jeune fille, celle-ci fait preuve de réflexes étonnants pour répliquer. Aucun doutes, la jeune fille souffre du C.E.C, une maladie neurologique engendrant de fortes crises de concentration. Mais une fois ce talent maîtrisé, il devient une arme redoutable pour accroître les sens, et c’est ce qui va pousser l’Araignée à prendre Alice pour disciple. Mais il n’est pas dit que ce soit du goût de l’organisation dont le boss reste tapi dans l’ombre…

Ce premier tome représente à lui seul une introduction à la série. Insistant fortement sur le contexte, il met l’accent sur l’héroïne, Alice, et la manière dont elle va se retrouver immergée dans un monde nouveau, la société de l’ombre. Mais pour l’instant, l’aspect mafieux et criminel du titre n’est pas tant développé, et l’important est de donner à Alice des capacités et des objectifs. L’histoire ne passe donc pas par quatre chemins. Rapidement, il nous est dit que l’héroïne a d’incroyables dons, et c’est en les assimilant qu’elle pourra devenir une tout autre personne. L’idée d’Arachnid est alors d’utiliser comme pouvoir une « maladie » plongeant celui qui en est atteint dans un puissant état de concentration qui le coupe du monde. L’idée est plutôt originale d’autant plus que le parallèle avec les capacités de l’araignée (l’insecte) a quelque chose de farfelu, même si ce qu’on retient est finalement une simple augmentation des réflexes de l’individu. Les pouvoirs d’Alice sont finalement faciles à comprendre d’autant plus que les auteurs nous montrent qu’ils n’ont pas l’intention de procéder à une interminable phase de développement de la jeune fille. Un « entraînement » a donc lieu, mais il n’est que partiellement montré afin de ne pas ennuyer le lecteur d’entrée de jeu. On apprécie la démarche.

Le second point fort de ce tome est la relation entre Alice et son mentor, objet de ce premier volet que l’on voit déjà comme sujet phare de l’œuvre. L’Araignée est un tueur à gages à la fois impitoyable et humain tandis qu’Alice n’a jamais connu de famille aimante, deux éléments classiques qui peuvent néanmoins former une bonne combinaison s’ils sont bien exploités tout le long de la série. On entrevoit alors certains semblants d’évolution… jusqu’au twist final du volume qui est, pour le coup, très audacieux et prend l’ensemble du récit à contrepied. Il n’en faut alors pas tellement plus pour cerner le devenir de la série qui se renouvellera dès le volume suivant.

Mais derrière ces bonnes idées se cachent certains défauts, ou plus particulièrement une grande zone d’ombre : l’héroïne elle-même. Le fait qu’elle ne soit pas une figure originale n’est pas gênant en soi, tout dépendant du développement du personnage sur le long terme. Le souci est qu’Alice manque cruellement de personnalité voire de cohérence. Ainsi, nous nous retrouvons avec une jeune fille pas plus choquée que ça parce les changements dans sa vie, qui se trouve prête à tuer du jour au lendemain et que le meurtre ne choque pas. Heureusement, le personnage parvient à se rattraper dans ses rapports avec son mentor.

Pour un premier volume, le trait de Shinsen Ifuji parvient à se défendre. Le trait est fin, net, et on ressent une implication dans les expressions des personnages. Le tout manque néanmoins de consistance et de personnalité, sans compter que les scènes d’action paraissent souvent statiques, si bien que les quelques audaces de mise en scène ne parviennent pas à nous scotcher lors des scènes de combat.

Du côté de l’édition, Soleil montre qu’il mise énormément sur son nouveau seinen et propose un travail de qualité. Certes, il y a le texte convaincant de Florent Gorges ainsi que l’impression somme toute correcte de l’ouvrage, mais on retient surtout la belle alchimie entre les effets de reliefs dus au verni sélectif sur le titre et les toiles d’araignée de la couverture, le tout sur un papier mat pour un rendu vraiment réussi et donnant une âme à l’ouvrage. Voilà un pari éditorial comme on aimerait en voir plus souvent.

Ce premier tome nous propose ainsi une introduction appréciable pour Arachnid. Il est certain que nous n’aurons pas affaire à l’œuvre qui bouleversera tout un genre, mais pour l’instant, grâce à ses bonnes idées et ses rebondissements bien pensés, la série séduit. L’histoire va toutefois prendre un tout autre tournant, ce qui, on l’espère, sera signe de qualité pour la série.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
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