Akira Club

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 04 December 2020

Œuvre forte, particulièrement prisée chez nous pour son film d'animation, Akira est avant tout un manga de Katsuhirô Otomo, intense et puissant, qui n'a pas pris une ride. L'éditeur Glénat nous l'a confirmé avec la récente réédition qui, malgré une qualité plus que discutable sur certains points, a permis de remettre en avant cet incontournable, et ainsi le faire découvrir à un nouveau lectorat.

Plus d'un an après la parution de l'ultime volume de cette nouvelle mouture, Glénat a salué une nouvelle fois Akira en sortant un coffret intégrale, initiative qui n'a pas manqué de frustrer les lecteurs qui se sont montrés fidèles à chaque sortie unitaire (à juste titre). Et non seulement les six opus sont inclus dans la box, mais ils sont accompagnés d'un ouvrage jusqu'ici inédit chez nous : Akira Club. Fort heureusement, une commercialisation parallèle de cet artbook seul a eu lieu, de quoi permettre aux lecteurs de compléter leur collection sans repasser à la caisse en payant une intégrale à prix fort.

Nouveauté chez nous, Akira Club est pourtant une parution ancienne, qui a initialement vu le jour le 1er juin 1995 au Japon. A cette époque, la lecture de l’œuvre restait fraîche dans l'esprit des japonais, le sixième et dernier tome ayant été publié pour la première fois en mars 1993. Et on pourrait dire la même chose du côté de son auteur, Katsuhiro Otomo, qui pouvait profiter du recul nécessaire pour revenir sur ce travail de longue haleine, particulièrement rude du fait de ses propres exigences et de la production en parallèle du film d'animation, des événements sur lesquels l'artiste revient dans le présent ouvrage.

Akirs Club se façonne autour de quatre grandes parties. Dans un premier temps, le chapitre "Akira Illustrations" s'intéresse aux couvertures des six opus, incluant des esquisses et autres essais qui furent mis de côté. Le deuxième chapitre, "Title – Page Collection", comme son nom l'indique, est dédié aux illustrations de début de chapitre, une aubaine pour le lectorat français qui connait la version non chapitrée des opus reliés. La quatrième étape, "Memorial Gallery" est consacrée à l'approche marketing d'Akira, regroupant des visuels promotionnels et autres produits dérivés, y compris du film. Enfin, la partie finale, "Unpublished Works", incarne véritable l'expression « garder le meilleur pour la fin ». Sur quelques pages, ce sont des travaux non publiés qui sont compilés, ces derniers étant toujours accompagnés de longues notes de l'auteur. Il y dévoile sa vision de son travail ou encore ses impressions de composition, afin de transmettre un peu plus ses réflexions artistiques autour d'Akira. On comprend alors que Katsuhiro Otomo s'est montré plus que minutieux sur son manga, ce dont on ne pouvait pas vraiment douter étant donné le sens du détail que l'on retrouve dans ses planches. Et puisque ce dernier chapitre est davantage consacré à l'artiste et à l'Homme, la fin de l'ouvrage compile les questions du "Questionnaire à Otomo", une interrogation ayant été posée au mangaka dans chaque numéro du Young Magazine, entre 1982 et 1990.

On s'en rend compte au fil du parcourt du live et de la lecture des différents encarts textuels, Akira Club a deux portées : Apprécier sur un meilleur bouquin les travaux graphiques les plus imposants du maître sur son chef d’œuvre, et en découvrir davantage sur la création d'Akira sur le plan visuel notamment. On sent ainsi que le titre a été conçu pour faire office de complément aux six opus de la série tant il en fait le tour en apportant moult précisions, en arborant l'allure d'un dernier grand regard à l'aventure de Kaneda, Kei et Tetsuo. Sur 265 pages, on s'extasie alors devant les visuels colorisés de la série tout en appréciant leur étapes de création, on en découvre peut-être plus sur l'importance donnée au titre au Japon, à l'époque, en terme de communication, et on apprécie la démarche d'un auteur pointilleux qui se livre sans complexe sur son sens du détail. Pour quiconque ayant apprécié l'histoire principale, et sa composition graphique notamment, cette appréciation nouvelle de l'ensemble se savoure. Elle étonne et captive, tout en permettant de prolonger un peu plus l'expérience le temps d'un épais ouvrage sur lequel on reviendra à plusieurs reprises, tant il y a de travaux décortiqués à découvrir.

Enfin, c'est aussi (et surtout) la qualité d'édition qui était attendue au tournant. Car la nouvelle édition de la série n'a pas totalement satisfait, la faute à un papier bien trop fin et de qualité moindre qui jaunit très rapidement en plus de donner une allure de catalogue à chacun des six opus. Clairement, Akira méritait mieux.
Heureusement, Glénat a montré plus de soin sur Akira Club, ne serait-ce avec un papier beaucoup plus agréable par son épaisseur et sa solidité. L'éditeur a fait un choix juste en restant sur un couché mat, un papier brillant n'étant peut-être pas idéal. Il en résulte un ouvrage bien plus rigide que les tomes du manga, qui garde une certaine souplesse, et pour lequel on regrettera simplement une reliure manquant de solidité. Il est évident qu'Akira Club aurait mérité un rendu beau livre, ce qui n'est pas le cas ici malgré les qualités de l'objet. Néanmoins, une question d'uniformisation quant aux six tomes du manga s'est sans doute posée afin d'inclure cette bible dans le coffret intégrale. En ce sens, Glénat a fait un bon compromis. Reste qu'Akira mériterait d'avoir, un jour, son beau livre dans nos contrées.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction






MN Actus
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