And (&) Vol.4 - Actualité manga

And (&) Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 24 September 2021

Le Docteur Yagai, après avoir essayé de garder ses distances avec Kaoru, a fini par craquer, en avouant à la jeune femme qu'elle lui plaît, mais aussi en la mettant en garde sur ce qu'il ne pourra jamais lui offrir. Tous deux finissent ainsi par passer leur première nuit ensemble, et c'est une étape que Mari Okazaki décortique très bien dans les premières dizaines de pages, sans voyeurisme mais avec intensité et, surtout, avec un certain travail sur les personnages. Il y a les hésitations qui se mêlent au désir de toucher l'autre, les troubles de la première fois pour la jeune femme, la prise de conscience de Nagai qu'il doit rester attentif puisque c'est la première fois pour elle... Le moment est important pour Kaoru: elle passe enfin à l'acte avec l'homme qu'elle désirait, elle qui n'était jamais tombée amoureuse, qui avait même peut d'être touchée jusque-là et qui se focalisait sur le travail. Mais ce moment tant attendu, sera-t-il exactement comme elle l'espérait, comme elle l'imaginait ? Que ressentira-t-elle à son issue ? Kaoru pensait que coucher ensemble signifie que les sentiments ne font plus qu'un, que faire l'amour rapprochait deux êtres de la parfaite harmonie... mais est-ce bien le cas ? Et puis, il y a l'éventuelle absence du romantisme que l'on rabâche si souvent, d'autant que Nagai est plus âgé, a moins d'endurance qu'avant, et s'endort directement après l'acte.

C'est portée par cette nouvelle étape importance de son existence que la jeune femme, alors, va continuer de se questionner par la suite, son passage à l'acte n'étant pas sans conséquences. Sur le plan sentimental, le désir de toucher Nagai et d'être touchée par lui reste omniprésent, elle se dit même heureuse de ne faire qu'un avec lui, et leur relation se poursuit... mais vers quoi ? La prochaine étape, c'est censé être quoi ? Le mariage, comme semblent le penser tant de femmes dans son entourage ? Ce mariage que Nagai est incapable de lui offrir, comme il l'a clairement affirmé d'emblée ? Pour avancer, il faudrait peut-être déjà qu'elle trouve la force de parler de Nagai à sa mère. Son avenir, quel est-il exactement ? De fil en aiguille, c'est aussi sur le plan professionnel que Kaoru s'interroge concernant l'avenir. Quel futur a-t-elle à l'hôpital où elle risque de se cantonner à son travail habituel, et à la location de Shiro où elle exerce ce travail de manucure qui ne lui rapporte quasiment rien même si elle s'y accroche car ça lui plaît ?

"Dans tout ce que je récolte, il n'y a aucune perspective d'avenir."

Ainsi, Mari Okazaki continue de fort bien décortiquer les doutes de son héroïne sur différents aspects: ses sentiments, le travail, l'avenir... Mais Kaoru est loin d'être la seule en vue dans ce volume. Il y a bien sûr Nagai, qui s'interroge aussi à sa manière, ressent de la sincère admiration pour Kaoru mais se demande où tout ça les mènera, d'autant plus qu'il est bien plus âgé qu'elle, et qu'il tue totalement sa santé au travail jusqu'à un possible point de non-retour. Mais Shiro n'est pas en reste: comprenant que Kaoru lui échappe, le jeune homme a désormais un comportement assez ambigu, part chercher du réconfort auprès de sa cadette de fac Iku... Mais si Iku se raccroche réellement à cette relation naissante au point de voir d'un mauvais oeil Kaoru, il en semble tout autre pour le jeune homme. Quant à Miyuki, elle reste elle aussi très intéressante, que ce soit dans son inquiétude et son amitié pour Kaoru même si les deux femmes ont des visions bien différentes, dans son désir de gravir les marches avec force pour ne pas garder ce sentiment d'impuissance que la société peut faire peser sur les femmes. C'est aussi dans cette optique que sa relation avec le docteur Akasaka pourrait évoluer.

Que dire d'autre ? Eh bien, que Mari Okazaki offre une nouvelle petite salve de détails sur le monde médical au Japon, avec son aspect éreintant, ses heures supp' non payées, ses jours de repos quasiment impossibles à prendre. Et que la dessinatrice livre encore un grand nombre de superbes découpages, surtout quand les cases se chevauchent ou se déstructurent dans les moments les plus intenses.
 

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Note de la rédaction






MN Actus
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