Sword Art Online - Film - Ordinal Scale - Actualité anime

Sword Art Online - Film - Ordinal Scale

Review de l'anime : Sword Art Online - Film - Ordinal Scale

Publiée le Vendredi, 03 November 2017

La saga Sword Art Online est, sans conteste, l’un des phénomènes de la pop-culture japonaise de ces dernières années. Les origines de la franchise viennent du light-novel écrit par Reki Kawahara dans les années 2000, mais édité professionnellement à partir de 2009, le tout illustré par le dessinateur abec. A ce jour, 18 tomes sont parus au Japon, et le puissant engouement autour de la licence est né des multiples adaptations dont SAO a fait l’objet, mangas et jeux vidéo notamment, mais surtout animées. Depuis 2012, le studio A-1 Pictures décortique l’œuvre de Reki Kawahara, avec plus ou moins de fidélité, ce qui donnait lieu à 2 saisons télévisées et un téléfilm récapitulatif jusqu’en 2017.


Au mois de février, de la même année, sort dans les cinémas japonais Sword Art Online : Ordinal Scale, premier film entièrement original de la franchise, mais non sans liens avec la chronologie officielle puisque Reki Kawahara, l’auteur original, a en charge le scénario complet du projet, sur une réalisation de Tomohiko Ito, directeur de la série animée depuis ses débuts. L’annonce du film s’est d’ailleurs faite en grande pompe si bien qu’à Japan Expo 2016, la conférence autour de SAO annonçait déjà une sortie dans les cinémas français, peu de temps après le Japon… Promesse exaucée puisque les 19 et 20 février, un jour à peine après la sortie du film au Japon, des avant-premières ont lieu à Paris et à Lille, puis de nouvelles dans différentes villes de France le 20 avril suivant. C’est finalement le 17 mai 2017 que le film profitera d’une sortie nationale, sur un plus long terme.


Les mois se sont écoulés depuis la fin de l’aventure Sword Art Online, un événement tragique qui a ôté la vie à des milliers de joueurs et secoué la société japonaise entière. Mais cela n’empêche pas la technologie full-dive de continuer à progresser via des appareils plus sécurisés. Cependant, une machine concurrente fait de plus en plus parler d’elle et s’impose dans le quotidien des citoyens : l’Augma, un appareil de réalité augmentée permettant aussi bien de converser avec autrui qu’à s’adonner à des jeux prenant vie dans de véritables environnements, via des matérialisations proposées par l’appareil. C’est précisément ce qu’est Ordinal Scale, un nouveau jeu qui séduit de plus en plus, dont Kirito, Asuna et toute leur bande. Mais se mouvoir dans un jeu avec son propre corps est très différent de l’expérience fluide proposée par le full-dive, aussi Kirito peine à réussir contrairement à Asuna ou Klein… Mais rapidement, d’étranges événements viennent titiller la curiosité de ces vétérans de SAO : pourquoi les boss de l’Aincrad commencent à apparaître ? Et qui est ce garçon, Eiji, qui semble cibler les anciens joueurs du jeu programmé par Akihiko Kayaba ?


C’est donc sur un concept assez original que débute Ordinal Scale, film se situant chronologiquement après les arcs Phantom Bullet et Mother’s Rosario, et juste avant Alicization. Cette fois, pas question d’un nouveau VRMMORPG, l’idée de Reki Kawahara est beaucoup plus surprenante, propice à une aventure nouvelle et pleine de possibilités, et toujours conforme à la volonté de l’écrivain-scénariste de parler de technologies avancées et leur impact sur notre société. Ainsi, la première partie met en place ce nouveau contexte et réussit plutôt bien à marquer les conséquences qu’à l’Augma auprès de la jeune population japonaise, un élément de présentation d’autant plus appréciable qu’il insiste sur la troupe de Kirito en tant que bande d’amis et non comme de simples camarades de jeux, des interactions sociales qui seront appuyées tout le long du film et qui manquaient cruellement dans la saga, jusqu’ici. L’élément principal qu’est Ordinal Scale ne tarde pas non plus à apparaître et, là aussi, le concept est plutôt plaisant, proposant un jeu aux dimensions nouvelles et dont les spécificités incluent de se mouvoir avec nos propres aptitudes humaines, un point de logique qui mettra bien à mal Kirito sur la première moitié du film. Il demeure alors une première partie d’exposition tout à fait plaisante et qui instaure progressivement bon nombre de mystères, notamment autour de Yuna, cette idole liée au jeu qui ne serait qu’une intelligence artificielle, ou le mystérieux Eiji qui se présente vite comme l’adversaire à abattre.


Mais nous sommes dans Sword Art Online, aussi l’histoire n’allait pas se contenter de simplement raconter les aventures de Kirito et compagnie dans un nouveau jeu. Après la mise en place de ce nouveau décor, des éléments beaucoup plus sérieux et en phase avec les récits de Kawahara se mettent en place : des événements un peu moins ordinaires qui auront des conséquences graves sur Asuna, d’abord, le tout lié à un complot dont le spectateur connaitra les origines à la toute fin de l’œuvre, bien que de cruciaux indices soient donnés assez tôt dans le film. Et on arrive alors à l’un des aspects bancals d’Ordinal Scale : l’évolution prévisible de son intrigue, et des rebondissements parfois cousus de fil blanc. Clairement, le spectateur aura identifié le réel antagoniste dès les premières secondes de la production tandis que certains éléments narratifs, concernant Yuna notamment, peuvent facilement se deviner, au moins en grande partie. Eiji, le sombre et talentueux adversaire de ce film, constituait un point d’intérêt certain de par ses liens avec l’ancienne guilde d’Asuna, mais malheureusement pour le personnage, il sera bien trop peu exploité, voire mis violemment sur le banc de touche sans avoir une véritable occasion de briller.


Pourtant, la gestion des personnages est beaucoup moins maladroite que dans les deux premières saisons de Sword Art Online. Ainsi, il est plaisant de voir Klein mis en avant de manière sérieuse, même si l’histoire ne manque pas de rappeler régulièrement son côté guignolesque, et les demoiselles que sont Silica et Lizbeth ont aussi droit à des apparitions plus régulières. Certes, elles ne servent à pas grand-chose, mais elles font, dans ce film, beaucoup plus que dans les deux saisons réunies. On notera aussi une exploitation correcte et cohérente de Sinon, amie particulièrement charismatique de Kirito rencontrée dans l’arc Phantom Bullet, preuve que Reki Kawahara a cherché à respecter un minimum ses personnages, sans forcément avoir eu le temps de faire un cas par cas plus sérieux. C’est pourtant la grande scène du climax qui essaiera de gérer au mieux ces multiples figures, principales comme secondaires, à travers un affrontement final d’anthologie, totalement exagérée et assumée dans le fan-service qu’il propose, mais qui ne manquera pas d’émoustiller les fans et de faire vibrer par sa réalisation particulièrement dynamique et magnifiquement réalisée dans ses jeux de caméras, effets de lumières et explosions à tout va. D’ailleurs, cette réalisation s’avère de très bonne facture d’un bout à l’autre du film. Les premiers affrontements sont moins intenses que le dernier, certes, mais assument totalement le divertissement tout en parvenant à rythmer l’intrigue entre deux phases d’enquête ou d’interactions sociales.


Et parce qu’on a parlé de personnages, difficile de ne pas évoquer les cas de Kirito et Asuna, élément phare du film si bien que tous deux dominent sur l’affiche principale, qui aurait pourtant pu mettre Yuna beaucoup plus en avant. Cette mise en avant est justifiée puisque, enfin, Kirito et Asuna sont présentés comme un couple, deux amoureux qui évoluent ensemble et qui forgent des projets d’avenir, là où passé l’arc Aincrad (et Fairy Dance, dans une certaine mesure), les deux individus se montraient proches, mais sans plus. La solidité de ce lien est sans cesse rappelée dans le film et, par les rebondissements proposés dans l’intrigue, aboutit à des moments d’intensité dramatique réussie. Oui, enfin, on s’attache à Kirito et Asuna en tant que tourtereaux, aussi la scène finale entre les deux met sans problème du baume au cœur. Ce rapprochement est d’ailleurs loin d’être anodin par rapport au début de l’arc Alicization qui insistera encore sur la puissance du couple, mais c’est une autre histoire…



Kirito, héros toujours assez agaçant dans SAO par la volonté de Reki Kawahara d’en faire un joueur exagérément doué dans toutes circonstances, se rattrape donc dans Ordinal Scale, que ce soit dans son dévouement envers Asuna qui nous fait oublier le petit plaisir qu’a le jeune homme à être au centre d’un harem dans les autres arcs, ou dans les difficultés qu’il éprouve à se battre dans le mmorpg de l’Augma. Un point cohérent qu’il convenait de souligner, au début du film. Mais parce qu’Ordinal Scale reste du Sword Art Online, Kawahara n’a pu s’empêcher de partir dans certains excès sur l’entraînement un peu trop efficace du héros. Certes, il fallait le rendre plus fort pour avancer dans l’intrigue, mais étant donné ses progrès, il y a parfois exagération. Heureusement que l’efficacité du combat final nous empêche de totalement regretter ce choix scénaristique.



La musique a une place importante dans Ordinal Scale, beaucoup plus que dans les deux premières saisons. Outre l’efficace bande originale de Yuki Kajiura, qui reprend les thèmes les plus épiques des deux saisons télévisées, la seiyuu du personnage de Yuna, Sayaka Kanda, interprète bon nombre de chansons qui sont jouées lors des affrontements. La voix de la comédienne et chanteuse est assez mélodieuse et apporte systématiquement une ambiance aux scènes de batailles, épique parfois, mais aussi plus dramatique. Si le choix d’inclure une idole virtuelle pourra hérisser les poils de certains, il est appréciable que ce choix du scénario soit assumé jusqu’au bout et apporte même dans la mise en scène du film.

On pourra alors saluer les efforts fournis par Eurozoom et @anime pour l’organisation de séances si proches de la sortie japonaise. Il conviendra toutefois de soulever quelques choix étonnants comme la diffusion de la vostfr dans certaines salles et de la vf dans d’autres, et de soucis logistiques dans la livraison des goodies promis aux fans, des quantités livrées incomplètes dans certaines salles tandis que d'autres n'ont tout simplement pas été fournies.


Alors, quel verdict pour Sword Art Online – Ordinal Scale ? Globalement, le film constitue un divertissement de très bonne facture et, malgré un scénario prévisible, propose une histoire rythmée qui sait tenir en haleine, ne serait-ce pour quelques développements appréciables concernant Kirito et Asuna. On retiendra aussi une réalisation particulièrement efficace dans sa globalité et une utilisation des personnages, même si elle n’est pas parfaite, beaucoup plus soutenue que dans les précédents arcs (qui préféraient systématiquement mettre les nouvelles têtes d’affiche en avant, de manière logique). Le film jouant énormément avec la chronologie SAO et proposant une quantité phénoménale de fan-service (parfois sans réel sens d’ailleurs), Ordinal Scale est à conseiller davantage aux initiés de la franchise, même si son côté grand spectacle constituera une bonne expérience de visionnage aux néophytes, qui seraient toutefois déçus de passer par les saisons télévisées ensuite… Mais en guise de visionnage entre les tomes 4 et 5 de l’édition française du light-novel, Ordinal Scale trouve une bonne crédibilité.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
MN Actus
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