Mutafukaz - Actualité anime

Mutafukaz

Critique de l'anime : Mutafukaz

Publiée le Mercredi, 04 Juillet 2018

Sorti il y a tout juste deux semaines, Mutafukak est un film d'animation franco-japonais né d'une collaboration entre les studios Ankama et le Studio 4°C. Pour rappel, Ankama est connu dans l'animation pour la série Wakfu et l'excellent film Dofus sorti il y a maintenant deux ans. Quant au Studio 4°C, ils sont notamment connus pour Mind Game, l'excellent film Amer Béton, ou bien encore un des OAV de la série Batman Gotham Knight. Ce film a été réalisé conjointement par Guillaume "Run" Renard et Shojiro Nishimi.



Mutafukaz est l’adaptation de la bande dessinée du même nom parue chez Ankama sous le Label 619 initialement de 2006 à 2015, avant de reparaître cette année en intégrale. On y suit le personnage d'Angelino, un petit être se démarquant assez des autres avec son physique assez particulier : il est petit, tout noir avec une tête parfaitement ronde. Il vit dans la ville de Dark Meat City, ville américaine gangrenée par la pègre, le banditisme et la misère. Les règlements de compte pour un regard de travers sont monnaie courante dans cette ville. Angelino tente d'évoluer dans cet environnement sans trop se faire remarquer. Il habite un appartement envahi par les cafards avec son meilleur ami, Vinz, qui lui se voit affublé d'un crâne enflammé comme tête. L'histoire démarre au moment où Angelino, en train de livrer une pizza, croise le regard d'une jeune fille mystérieuse qui lui fait un clin d’œil. La seconde suivante, Angelino a un accident de la route, il se prend un mauvais coup et perd dans la foulée son emploi. Étant le seul à ramener un salaire, la situation se complique pour nos deux amis. D'autant plus d'un ami assez encombrant d'Angelino, Willy la chauve-souris, se pointe à l'improviste chez eux. Sans le sou, affublé d'un mal de crâne lancinant, Angelino commence alors à voir des choses étranges, des ombres aux formes incompréhensibles chez certaines personnes. Et qui sont ces hommes en costumes qui les suivent ?



Difficile de résumer ce film qui est un condensé de références jouissives à la pop culture. Que ce soit les personnages follement déjantés, l'ambiance poisseuse de la ville gangrenée par le crime et des monstres, l'humour noir à souhait, tout fonctionne parfaitement dans ce film. On sent que l'histoire a été raccourcie (difficile de faire tenir cinq tomes en un peu plus de 1h30), mais ces raccourcis ont été magnifiquement gérés par des transitions drôles, assez vintage. Tout dans ce dessin animé d'ailleurs sent les dessins animés à l'ancienne, tout en se moquant joyeusement des bons vieux clichés de ce genre. Car si on oscille entre les invasions d'extraterrestres, les courses poursuites du pauvre dans des décors arides au milieu de quartiers malfamés, on a aussi le droit à des catcheurs descendants de guerriers...mayas ? Protecteur de la terre... et à des cafards comme animaux de compagnie.... Certains diront que le scénario reste assez classique. A ceux-là, on peut répondre que l'originalité n'est pas toujours gage de qualité. L'univers et les personnages font preuve d'originalité, bien qu'ils soient bourrés de référence. En cela, il n'y avait pas forcément besoin de beaucoup d'« originalité » dans la trame scénaristique, au contraire, trop d'originalité peut tuer film. Ici, la balance est bien équilibrée, et rend l'histoire très plaisante à suivre.



Côté animation, et bien... Il n'y a pas grand-chose à redire. Pour ceux qui avait eu l'occasion de voir le travail du Studio 4°C, on ne peut que voir l'évidence de choisir CE studio japonais comme collaborateurs. L'univers du film colle totalement avec le travail du Studio 4°C. On retrouve cette même ambiance, ces décors tentaculaires très urbains qui semblent écraser nos protagonistes. On retrouve cette animation des personnages assez déconstruite qui nous offre des moments d'action hyper dynamiques. On retrouve ces mouvements de caméra totalement improbable qui servent parfaitement l'action et nous offre des moments totalement jouissifs... Il n'y a pas de doute, le Studio 4°C est un grand studio d'animation que l'on aimerait voir plus souvent sur le devant de la scène !



Niveau bande-son, on a des sonorités très urbaines, allant souvent jusqu'au rap. Les OST sont toutes entraînantes et suivent parfaitement l'ambiance générale du film. On peut remercier le musicien « The Toxic Avenger » pour son travail de qualité sur la bande-son.

Au niveau du doublage (français s'il vous plaît !), on a de très bons choix de casting comme Orel-san pour Angelino ou bien Feodor Atkine (Jafar dans Aladdin) pour Mister K, l'antagoniste principal du film. Un petit bémol sur le choix de Gringe pour Vinz, qui a une voix qui ressemble un peu à celle d'Orel san et qui peut être compliquée à différencier au début du film.

Mutafukaz est sans conteste un grand film d'animation. C'est un petit miracle qui a réussi à naître au sein des frontières françaises, malgré de très, TRES grosses difficultés pour monter le projet, et le distribuer. Je ne peux que vous conseiller de regarder le documentaire "Genre, c'est un film" du Youtubeur Inthepanda pour en apprendre plus sur les aléas que rencontrent de nombreux films de genre (dont Mutafukaz) dans nos frontières.



Mutafukaz est un film important. A l'heure où le cinéma d'animation français se tourne de plus en plus vers la 3D et vers un public jeune, il est important que de tel projet réussissent encore à sortir. Le film n'est pas forcément parfait, mais les quelques menus défauts qu'il a sont vite pardonnés quand on voit les innombrables qualités qui le composent. Malheureusement, ce film a eu le droit à une distribution assez minimaliste, alors si vous n'avez pas pu aller le voir, je vous conseille de vous tourner vers l'intégrale en bande dessinée sortie en parallèle du livre, en attendant que sorte Mutafukaz en DVD et en Bluray aussi j'espère...

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
kayukichan

19 20
MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News