URUSHIHARA Satoshi - Actualité manga

URUSHIHARA Satoshi うるし原智志

Artists Authors Writers Character Designers

Interview de l'auteur

Grand nom du manga et de l'animation japonaise, Satoshi Urushihara était l'invité d'honneur de la Japan Expo Sud, qui s'est tenue en février dernier au parc Chanot de Marseille. L'auteur, que l'on réduit bien souvent en France à ses œuvres courtes érotiques (Legend of Lemnear, Plastic Little, Dark Crimson), est venu nous présenter l'étendue de son talent au travers de plusieurs masterclass. Entre deux performances, l'artiste s'est prêté au jeu des questions de Manga-News.
  

 
 
Manga-news: Bonjour Mr Urushihara, pouvez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de Manga-News?
Satoshi Urushihara: Bonjour, je m'appelle Satoshi Urushihara et c'est un plaisir pour moi de vous rencontrer. J'ai travaillé comme réalisateur, mangaka, mais également illustrateur pour des jeux vidéos. J'ai notamment l'habitude de m'occuper des différents supports pour une même série. Mais depuis deux ans, je me consacre surtout au domaine de l'animation.


Votre carrière est en effet assez diversifiée. En ce qui concerne l'animation, quelle partie du travail vous tient le plus à cœur?
C'est une question très difficile... J'aime un peu tout en réalité, surtout que je préfère tout faire moi-même! Mais le problème, c'est que généralement, on me demande souvent d'en laisser aux autres. Si j'aime réfléchir aux histoires, le métier de réalisateur me permet aussi de montrer quelque chose de précis. Quand j'ai commencé dans le monde de l'animation, c'était surtout l'idée de faire bouger les dessins qui m'intéressait: donner vie à quelque chose, le faire exister. Mais l'animation me permet aussi de réaliser parfois des choses qui me sont impossibles à faire: par exemple, un manga, on peut le prendre, le toucher, alors que l'animation est quelque chose de beaucoup moins palpable. On doit y rajouter des éléments, des voix, de la musique, pour le rendre concret.
Aujourd'hui, je m'intéresse surtout à l'émergence des procédés informatiques, apparus il y a quelques années. Je me demande souvent si cela ne va pas faire disparaitre l'animation traditionnelle ou si un retour va se produire. C'est une problématique très importante en ce moment, et nous devrions en avoir la réponse très bientôt...


Comment êtes-vous arrivés dans le monde de l'animation ? Quelles ont été vos sources d'inspiration?
En réalité, quand j'étais enfant, je jouais souvent à faire des animations en dessinant des images successives sur des blocs de papier! Cela m'a toujours amusé, et donc je n'ai pas vraiment subi d'influence. Cependant, si je devais citer une inspiration en particulier, je dirais que le travail de Leiji Matsumoto sur Galaxy Express 999 m'avait fait ressentir un certain choc!
   

  
 
Vous avez travaillé sur de nombreux projets, comme des séries animées ou des longs métrages : quels sont vos critères de sélections?
Comme j'aime toucher un peu à tout, j'accepte généralement tout ce qu'on peut me proposer, dans la limite du réalisable. Néanmoins, avec l'âge, je travaille de plus en plus doucement, et je ne peux plus faire beaucoup de choses en même temps. Je me concentre donc essentiellement sur ce que j'ai envie de faire, ou bien des pistes que je n'ai pas encore essayé.
  
  
Vous avez également collaboré dans la création de jeux vidéos: en quoi ce métier diffère-t-il des projets d'animations habituels?
Il y a quelques similitudes: quand je ne travaille que sur le chara-design, c'est le même travail. En revanche, il y a bien plus de contraintes financières. Il faut également créer un certain impact: par exemple, on pourra aller feuilleter un manga en magasin pour savoir s'il nous plait ou non, chose que l'on peut rarement faire avec un jeu vidéo. Il faut donc créer une accroche visuelle sur le boitier même du jeu!
  

  
  
Vos projets se diversifient également par leurs histoires. Vous exploitez de nombreux univers, que ce soit la fantasy, la science-fiction,... selon vous, quels sont les points communs qui reviennent dans vos œuvres? A part les jolies filles, bien entendu!
En fait, je ne sais pas si on peut vraiment en trouver, car justement, j'essaie de ne jamais m'enfermer dans un style commun, mais plutôt d'explorer au maximum l'univers que je crée. Par exemple, dans la fantasy, jusqu'à où je peux dénuder une personne! Ou alors, plus simplement de concevoir les tenues vestimentaires les plus précises selon le thème. Mais au final, j'essaie toujours de sortir des cadres imposés.
Et concernant les jolies filles... contrairement à ce que la plupart des gens peuvent croire, en réalité, je préfère dessiner les hommes que les femmes! J'aime d'ailleurs particulièrement les acteurs de cinéma masculins, qui ont généralement beaucoup de classe, et j'essaie de faire transparaitre ce charisme dans mes mangas ou mes animes.


Aujourd'hui, existe-t-il certains réalisateurs ou mangakas que vous estimez être vos héritiers?
Difficile à dire... Si pour ma part j'ai pu suivre les traces de certains auteurs, je ne sais pas si l'inverse existe. Dans mon style, je n'en vois pas beaucoup. Cela dit, il y a quand même beaucoup de personnes très douées qui ont émergé récemment dans le métier!
 
 
La série Dark Crimson est restée en suspens depuis quelques années: quelles sont les raisons de cet arrêt? Pourrons-nous un jour retrouver la suite des aventures de Sion?
Oui, vous allez pouvoir les retrouver bientôt ! En effet, je vais reprendre le projet d'ici un ou deux mois, et vous pouvez espérer en avoir des nouvelles avant la fin de l'année. Mais je ne peux pas pour l'instant donner plus de détails...
 

 
Merci beaucoup!


Propos recueillis par Tianjun.
Remerciements à Satoshi Urushihara ainsi qu'à Emmanuel Bochew, son interprète, et à l'organisation de la Japan Expo Sud.

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