HATA Kenjirô 畑健二郎

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Interview de l'auteur

Publiée le Mercredi, 12 August 2015

A l'occasion de la traduction de Seiyû's life sur le site de Japan Expo et de la diffusion en avant-première de l'épisode 1 de son adaptation animée pendant le salon le dimanche, le salon parisien avait l'honneur d'accueillir lors de son dernier jour le dessinateur de l'oeuvre, Kenjirô Hata, que l'on connaît également très bien en France pour Hayate the Combat Butler.

Présent uniquement une partie du dimanche, l'auteur eut un programme assez serré, mais nous avons tout de même pu le rencontrer pendant une poignée de minutes qui furent l'occasion de revenir un peu sur ses deux séries.




Mr Hata, merci beaucoup d'avoir accepté cette entrevue. Commençons par évoquer l'oeuvre pour laquelle vous êtes présent à Paris, Seiyû's Life. Comment est né ce manga ? Pourquoi avoir choisi le format doujinshi pour le publier au Japon ?

Kenjirô Hata : Tout a commencé par ma rencontre avec la seiyû (ndlr, comédienne de doublage) Masumi Asano lors de la création de l'adaptation animée de Hayate, pour laquelle elle a chanté des génériques et a doublé le personnage de Risa Asakaze. A partir de cette rencontre, nous sommes restés en contact.
Plus tard, elle m'a dit qu'elle souhaitait écrire un doujinshi sur le milieu dans lequel elle travaille. Mais comme elle n'est pas dessinatrice, elle m'a proposé de tenir ce rôle et de réaliser toute la partie visuelle.


Quel est votre rôle sur l'adaptation animée de Seiyû's Life, dont nous avons découvert le premier épisode en avant-première à Japan Expo ?

Je me suis moi-même occupé de présenter et de vendre le projet auprès des sociétés impliquées. En quelque sorte, j'ai quasiment tenu un rôle de producteur puisque j'ai effectué toutes les démarches.


On vous connaît également très bien pour la série Hayate the Combat Butler, qui nous a beaucoup charmés pour sa palette de personnages nombreux, variés et hauts en couleur. Comment procédez-vous pour créer ces caractères ?

C'est à chaque fois un défi. Pour chaque personnage, je commence par m'inspirer de quelqu'un qui existe réellement, puis je vais garder quelques-uns de ses traits de caractère, en enlever certains, en exagérer d'autres... Le plus difficile est sûrement de veiller à ce qu'aucun d'eux ne se ressemble trop.



Hayate profite désormais d'une longévité assez exceptionnelle pour une comédie puisqu'elle vient d'atteindre les 45 volumes. Au départ, imaginiez-vous un tel succès ? Comment expliqueriez-vous la longévité de votre série ?

Au départ, je n'imaginais évidemment pas que la série serait aussi longue.
A mon avis, le succès vient de deux points.
Premièrement, je ne pense jamais la série sur la longueur. Elle se crée petits bouts par petits bouts, selon mes inspirations du moment. La seule exception était l'arc "The End of the World", que j'avais imaginé dès le début et que j'espérais vivement pouvoir dessiner au moment opportun.
Deuxièmement, il semble que beaucoup de lecteurs apprécient le personnage de Hayate et notamment sa force physique et sa malchance. A mon avis, l'attachement des lecteurs aux personnages principaux est l'une des clés de la réussite d'un manga. Tant que les personnages plaisent et restent attachants, une série peut continuer.


On a d'ailleurs remarqué qu'avec des séries comme Hayate, Détective Conan, Zettai Karen Children et bien d'autres, votre magazine de prépublication le Shônen Sunday est plutôt coutumier de ce genre de séries faites de petits arcs.

C'est un magazine qui, généralement, peut compter sur un lectorat fidèle, qui va vraiment s'attacher aux personnages et à l'univers sur la longueur et qui va donc leur permettre d'"exister" pendant longtemps sur le papier.



Et comment faites-vous pour vous renouveler constamment, alors même que la recette faite de petits arcs reste globalement identique ?

Une grande partie de mes inspirations vient de ma propre vie. Chaque fois que je vis quelque chose d'un peu original, je le reprends dans la série, quitte à l'exagérer bien sûr.


Il y a sûrement aussi toute l'influence de la culture otaku que vous semblez suivre de très près, au vu des très nombreux clins d'oeil et références parsemant sans cesse la série...

Bien sûr. Vous savez, je suis moi-même assez otaku sur les bords. Si je suis de près les univers manga/anime/jeux vidéo, c'est avant tout parce que ça me plaît, et pas uniquement pour pouvoir glisser les références dans Hayate. C'est aussi pour ça que j'ai accepté de dessiner Seiyû's Life : c'est un milieu qui me plaît, celui de l'animation.


Votre façon de glisser de nombreuses références dans Hayate rappelle beaucoup la série Sayonara Monsieur Désespoir de Kôji Kumeta, auteur dont vous avez été l'assistant. Pensez-vous que ce dernier a influencé votre façon de travailler ?

Je ne pense pas. En fait, Avant d'être son assistant, je souhaitais déjà concevoir un manga jonché de références de ce type.



Et récemment, quelles oeuvres vous ont tapé dans l'oeil ?

En ce moment j'aime beaucoup Love Live. Et je suis toujours de près la saga Gundam.


Actuellement vous devez donc jongler entre Hayate et Seiyû's Life. Avez-vous dû revoir votre façon de travailler pour gérer au mieux les deux séries en parallèle ?

Je suis parvenu à trouver un rythme qui me permet de travailler en même temps sur les deux séries sur un pied d'égalité, en n'en privilégiant aucune des deux sur l'autre. Au départ ce n'était pas forcément évident car je ne souhaitais pas que le rythme de Hayate soit ralenti.


Et d'autres projets ont-ils déjà germé dans votre esprit ?

J'ai un nouveau projet qui devrait voir le jour avant la fin de cette année. Toujours dans le registre de la comédie.


Remerciements à Mr Hata et à son éditeur, ainsi qu'à l'interprète et au staff pour la mise en place de cette rencontre.
  
Mise en ligne le 12/08/2015.

MN Actus
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