AKANE Kazuki - Actualité manga

AKANE Kazuki 赤根和樹

Interview de l'auteur

Après Satoshi Urushihara, nous vous proposons de découvrir notre interview du storyboarder et réalisateur Kazuki Akane (Vision d'Escaflowne, Noein,...), qui est venu nous montrer les différents aspects de son travail via plusieurs masterclass lors de la dernière Japan Expo Sud.
  



Manga-news: Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots aux lecteurs de Manga-News?
Kazuki Akane: Bonjour ! Une fois sorti des mes études en 1982, j'ai eu la chance d'intégrer le studio d'animation Sunrise. J'ai étudié pendant trois ans en tant qu'assistant-directeur et storyboarder, puis je suis passé directeur la quatrième année. Mon premier travail en tant que réalisateur a été la série Vision d'Escaflowne. Mon dernier projet en date s'intitule Tetsuwan Birdy, terminé l'année dernière au Japon.
   

 
 
Vous avez également une grande carrière en tant que storyboarder. Pouvez-vous nous expliquer quel est ce rôle et comment s'organise une journée de travail?
C'est assez difficile à déterminer. Déjà, tout change si en plus d'être scénariste, on tient aussi le rôle de réalisateur. Dans ce cas-là, on travaille véritablement 24h/24! Il faut en effet s'appliquer au scénario, à la réalisation, aux dialogues, ... tout jusqu'aux bruitages que l'on veut avoir dans la série. Tout décider, mettre tout sur papier... tout cela est au final vraiment épuisant. Alors que quand on est uniquement en charge de l'e-conte*, c'est bien plus reposant! Il suffit de suivre les indications données.
Quand on travaille sur les différents rôles, on a également tendance à modifier l'e-conte en imaginant déjà le travail de réalisation. Une interaction se crée et on est au final toujours en train de modifier les choses.

*e-conte : scénario agrémenté de petit dessins et d'indications scéniques qui permet de présenter sommairement l'action, à ne pas confondre avec le scénario. Assimilable à un stroy-board, l'e-conte se singularise par son découpage vertical.
  
  
Justement, quelle a été votre première impression lorsque vous êtes passé pour la première fois à la réalisation?
Ce passage a en effet été difficile et a entrainé beaucoup de stress. Durant cette période, je suis même allé jusqu'à perdre du poids !


Quelles études avez-vous faites pour arriver dans le monde de l'animation ? Avez-vous eu des influences particulières?
En réalité, j'ai plutôt été un autodidacte, puisqu'à l'université, j'ai fait une école d'architecture, ce qui n'a pas grand chose à voir. C'est après mes premières années en tant que scénariste à la Sunrise que je me suis finalement persuadé d'avoir les moyens de passer à la réalisation.
J'ai toujours eu une passion pour la direction de films, que ce soit en prise de vue réelles ou d'animation, en particulier les films de Hayao Miyazaki. Je me rappelle notamment de Lupin: Le château de Cagliostro. Le véritable déclic, dans ma jeunesse, a d'ailleurs été le jour où j'ai eu la chance de pouvoir assister à une masterclass de ce grand réalisateur, qui avait alors parlé en profondeur de ce métier. Sans parler du fait que je suis issu de la génération Gundam!
 

  
 
Vous avez participé à de nombreuses séries d'animation, la plupart devenues cultes: pour quel projet avez-vous eu le plus de plaisir à participer?
On retient surtout dans ma carrière Escaflowne, mais mon coup de cœur va à Noein, où j'ai eu vraiment à m'occuper de tous les rôles et qui constitue ma première véritable grande expérience. C'était un très grand plaisir vu qu'il s'agissait de ma création. Mon bébé, en quelque sorte!
  



Pour revenir à Escaflowne: qu'est-ce qui vous a amené à participer à ce projet, et quelles sont les qualités que vous lui trouvez particulièrement?
En fait, j'ai été tout simplement choisi par le directeur d'Escaflowne pour intégrer le projet. J'aime surtout les différents personnages de la série, notamment Vaan et Hitomi, pour les émotions qu'ils peuvent dégager.

 
Est-ce que dans une certaine mesure, on peut comparer le métier de rédacteur d'e-conte à celui de mangaka ? Auriez-vous pu vous tourner vers une telle carrière?
Ce sont deux métiers qui sont tout de même radicalement différents. Selon moi, le but du e-conte est de tirer 120% du potentiel des animateurs derrière, pour réussir à faire passer l'émotion, qu'ils réalisent mes idées et en comprennent bien le sens. Il y a ainsi une émulsion qui se crée au sein de l'équipe, chose qui, à mon sens, ne se retrouve pas dans le métier de mangaka, où le travail est plus solitaire. Dans l'animation, chacun peut apporter sa pierre à l'édifice et amener sa propre patte pour se démarquer. C'est une expérience très intéressante, même s'il y a parfois quelques disputes!
   

 
  
Aujourd'hui, y a-t-il certains mangas ou anime qui retiennent votre attention? Vous intéressez-vous aux œuvres européennes ou américaines?
J'ai toujours eu un faible pour les films d'Akira Kurosawa, même s'il n'en fait plus maintenant. Et dans les réalisateurs français, je penserais plutôt à Godard, même si ses films sont assez difficiles et mal perçus. Pour le reste... en réalité, je n'ai pas vraiment le temps ni l'envie de voir des films, j'ai surtout envie de les faire! Plutôt que de regarder ce qui sort, je reste concentré sur mes propres projets.


Merci beaucoup!
  
 
Propos recueillis par Tianjun.
Remerciements à Kazuki Akane ainsi qu'à Stéphane Tranchemer, son interprète, et à l'organisation de la Japan Expo Sud.

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