Chronique animation - RahXephon le film : Pluralitas Concentio - Edition collector DVD- Actus manga
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Dvd Chronique animation - RahXephon le film : Pluralitas Concentio - Edition collector DVD


Samedi, 19 September 2020 à 17h00 - Source :Univers Animation

Le dernier épisode de la série animée RahXephon est diffusé le 11 septembre 2002. Avec ce 26e épisode, la série orchestrée par Yutaka Izubuchi prenait fin, de fort belle manière d'ailleurs, mais la licence n'était pas enterrée pour autant. Comme c'est souvent le cas quand un autre projet est en cours, un teaser est dévoilé à l'occasion de l'ultime diffusion. Aussi, les spectateurs (comme les seiyû) découvrent avec surprise qu'un film RahXephon est en préparation, à la fin de l'épisode 26.


Intitulé au Japon RahXephon : Tagen Hensôkyoku (pour "Variations multiples"), le long-métrage d'animation paraît dans les cinémas japonais le 19 avril 2003. Long de près de deux heures, il a la charge de recomposer la série d'origine en proposant une vision nouvelle, l'affiche promettant même de livrer les clés de tous les mystères du scénario (ce qui ne sera finalement pas sa vocation ultime). Et pour se faire, Yutaka Izubuchi ne dirige plus le projet mais se contente de le superviser. Il délègue la fonction de réalisateur à Tomoki Kyôda, qui l'assistait sur la série télévisée. Un joli poste pour celui qui dirigera ensuite la saga Eureka Seven et passera sur plusieurs grosses licences au storyboard, dont Gundam et Evangelion.

Chez nous, le film RahXephon sort sous l'égide de Dybex en juin 2009, dans un premier temps dans une sympathique édition collector agrémentée de bonus (sur lesquels nous reviendrons). Le métrage est proposé chez nous sous son intrigue international, à savoir RahXephon : Pluralitas Concentio, que l'on peut traduire par "La pluralité des harmonies", ce qui donne déjà un certain indice sur la direction de l'histoire.


L'accord sous un autre angle

La direction du film RahXephon par Tomoki Kyoda amène une autre vision de l'histoire. Car si dans les grandes lignes le scénario reste très proche de la série animée, son point de vue apporte des différences.

Collégiens, Ayato Kamina et Haruka Mishima sont deux amoureux particulièrement complices. Leur relation est pure et se déroule sans accroc, mais un caprice du destin va les séparer. Alors, quand Haruka quitte Tokyo pour rendre visite à de la famille, l'envahisseur Mû lance une offensive sur le monde entier, et isole la capitale japonaise dans un immense dôme infranchissable. Ceci est la première étape de la guerre entre les humains et les muliens, qui se poursuivra encore pendant longtemps.

Mais au sein de ce qui est désormais Tokyo Jupiter, Ayato n'a pas conscience de ce qui s'est passé. Pire encore, lui et les autres citoyens vivent dans le dome comme si de rien était, et pensent que le reste de l'humanité a péri. Il se souvient vaguement de celle qu'il aimait autrefois, mais qui n'est désormais plus à ses côtés. C'est alors que les forces de TERRA, branche armée de défense contre Mû, lance une offensive dans Tokyo Jupiter afin de récupérer Ayato. Ce dernier se retrouve face à Haruka Shitow, un agent de "l'autre côté" dont Ayato ne soupçonne pas la vraie identité. Cette dernière le conduit jusqu'à RahXephon, dieu mécanique créé par Mû, que Ayato est le seul à pouvoir piloter. A son bord et avec Haruka, il découvre le reste du monde et participe au conflit contre les muliens. Pour l'adolescent, une quête plus personnelle a lieu : Celle des retrouvailles progressives avec son amour d'autrefois...


Un remontage fidèle ?

RahXephon : Pluralitas Concentio s'ouvre dans une salle de classe, à l'époque où Ayato et Haruka étaient deux jeunes amoureux. D'entrée de jeu, le film prend un parti-pris différent et nous dévoile la clé de son histoire d'amour principale, ce qui impacte le récit dans son ensemble. Plus que de fidélité par rapport à la série animée, il convient alors de se questionner sur la manière dont Tomoki Kyoda a souhaité tourné l'histoire afin de proposer une approche qui diffère de l'oeuvre originale. Après tout, si les fans sont allés en salle découvrir le film, ce n'est pas pour revoir l'exact copier/coller de la série animée, en version compactée.

Pourtant, le synopsis ne diffère pas tant dans ses grandes lignes. L'histoire de RahXephon reste l'histoire de RahXephon, à savoir la lutte entre les humains et les muliens, avec en évidence le jeune Ayato Kamina qui se retrouve aux commandes d'un dieu mécanique, pour que l'accord du monde soit une finalité du scénario. Mais cette orientation différente, davantage centrée sur l'histoire d'amour (sur laquelle nous reviendrons) apporte une plus-value à l'ensemble. En ce sens, nous avons la certitude de ne pas être face à un simple « film résumé ». Dans cette optique de remaniement du scénario, bien des éléments passent à la trappe, y compris plusieurs personnages qui n'apparaissent tout simplement pas. Le film n'a pas le temps de ce concentrer sur chaque portrait, aussi seul les moments majeurs de la série sont réutilisés dans le long-métrage. Autre différence notable : L'utilisation très intéressante du personnage de Quon, encore plus mystique puisque celle-ci est assumée jusqu'au bout comme une Belle aux bois dormants.


S'attaquer au film RahXephon pour en découvrir l'intrigue serait donc une grave erreur. L'ensemble est globalement pensé pour ceux qui ont suivi la série animée, et qui connaissent donc les clés de l'univers afin de les remettre en perspective et mieux comprendre la vision du long-métrage. Sans un visionnage de l’œuvre d'origine, le tout s'apparente à une histoire allant beaucoup trop vite, et qui ne prend ni le temps de développer ses personnages secondaires, ni son univers. A ce titre, un exemple parlant est celui de Mamoru Oshii, le talentueux réalisateur de Ghost in the Shell mais aussi des films Patlabor, dont le livret bonus du coffret dont il est question dévoile une intéressante conversation croisée avec Yutaka Izubuchi. Ce dernier, bien sévère, tente de pointer du doigt quelques limites du film, sachant qu'il n'a vu que quelques minutes de la série animée. Son discours sonne alors parfois à côté de la plaque, puisqu'il n'était pas la cible du long-métrage.

Alors, pour le spectateur qui connait déjà la série animée, il resulte un long-métrage intéressant pour ses perspectives nouvelles... mais aussi ses scènes supplémentaires. La série RahXephon est complexe et nécessite plusieurs visionnages pour que son scénario soit compris, sachant que le spectateur a pour tache d'assembler les pièces du puzzle de l'intrigue (de l'aveu même d'Izubuchi). Le film apporte quelques pistes nouvelles, apportant de légères précision sur la richesse de l'univers et de ses enjeux mystiques, notamment parce que des ajouts sont faits du côté de l'énigmatique mais important Lord Bähbem. Pour ces spectateurs qui aimeraient découvrir ces ajouts et disposer de quelques clés de compréhension supplémentaires, le visionnage de Pluralitas Concentio sera donc un petit plus, en plus d'être un visionnage globalement agréable.


Au-delà du mystère, l'Amour


Précédemment, nous avons brièvement abordé la question de l'histoire d'amour entre Ayato et Haruka, présentée sous un angle différent dans le film RahXephon, et même sous une optique innovante. De l'aveu même du réalisateur, Tomoki Kyoda, cette romance est un aspect fort du long-métrage, un point même plus important que l'intrigue mystérieuse qui a captivé les spectateurs dans la série animée. Peut-être que le directeur du film estime que ce point a déjà été traité comme il se doit par Yutaka Izubuchi et qu'il cherche à présenter l'histoire sous une approche neuve, ce qui pourrait expliquer toute l'importance donnée à la romance principale de RahXephon. Principale, oui, car la série était composée de toutes sortes de drames humains. Megumi, personnage très secondaire dans la version long-métrage, était notamment menée de déception sentimentale en déception sentimentale, ce qui créait une réelle empathie envers le personnage.

RahXephon : Pluralitas Concention démarre par l'histoire d'amour entre Ayato et Haruka, et se termine aussi par elle. Plusieurs des nouvelles scènes concernent d'aileurs cette approche, notamment une séquence nouvelle en deuxième partie de récit qui pourra surprendre les spectateurs, de par la différence d'âge physique entre les deux amants. Dans sa démarche, Tomoki Kyoda a cherché à caractériser différemment cette histoire. Celle-ci est aussi vive qu'un drame shakespearien, et aussi touchante dans sa dimension douce-amère qui survient à la fin, et apporte d'ailleurs une conclusion nouvelle. Ainsi, l'accord du monde (ou plutôt des mondes) menée par Ayato prend une autre tournure, une dimension mélancolique qui nous permet d'apprécier l'histoire des deux protagonistes avec un œil neuf. Si la fin de la série animée était un véritable happy end, celle du film est un peu plus ambiguë. Elle n'est pas triste à proprement parler, mais la décision ultime d'Ayato s'éloigne du monde qu'il a forgé dans l’œuvre d'origine, concernant son futur avec Haruka. D'une certaine sorte, on pourrait résumer le film RahXephon comme ceci : Une romance teintée de science-fiction aux élans dramatiques, et qui oscille entre le doux et le tragique.


Une édition garnie de bonus

D'une manière très générale, nos éditions française d'animation japonaise ne sont pas les plus riches en termes de bonus vidéo. Si on met de côté les éditions plus prestigieuses de films dits « classiques », il n'y a que rarement quelque chose à se mettre sous la dent en terme d'interviews ou autres making-of. Pourtant, la première édition française du film RahXephon bénéficie d'un petit traitement de faveur, ce parce que Dybex a pu mettre la main sur des suppléments assez nombreux pour permettre l'existence d'un second disque réservés aux bonus.

Avant tout, parlons de l'édition physique. Le collector DVD du film RahXephon : Pluralitas Concentio se présente de manière assez classique puisqu'il accueille deux boitiers amarays, chacun contenant un DVD, ainsi qu'un livret d'un peu plus de cinquante pages dans un fourreau cartonné souple. Rien de très exaltant, bien que le livret proposé soit assez dense puisqu'il regroupe différents artworks autour du film, quelques fiches d'information ainsi que plusieurs interviews de comédiens et des réalisateurs. Nous l'avons évoquée plus tôt, mais la cerise sur le gâteau est bien la discussion croisée entre Yutaka Izubuchi et Mamoru Oshii, deux réalisateurs à la relation toute particulière mélangeant respect et insupport mutuels. Une interview suffisamment longue pour permettre à Oshii d'avoir ses dérives, ce qui fera inmanquablement réagir le lecteur. Cinéaste trop sévère ? Élève bien trop fidèle de l'école Evangelion, ce qui entrave son objectivité ? Amoureux pointilleux de l'animation ? Chacun sera juge.

Nous ne reviendrons pas sur les suppléments du premier disque, celui du film, qui se résume à quelques trailers d'autres œuvres proposées par Dybex. Le programme du DVD consacré aux bonus est, en revanche, plus palpitant : L'intégralité des trailers du film, quelques courtes interviews de Yutaka Izubuchi et Tomoki Kyoda, mais aussi de Hiro Shimono et Aya Hisakawa (les seiyû d'Ayato et Haruka), et enfin quelques interventions du staff lors de différentes séances japonaises. Le temps d'une petite heure environ, il y a de quoi se mettre sous la dent, tout en découvrant les points de vue globalement intéressants des différents intervenants. Chacun a sa vision du film, et il est intéressant d'observer les avis de ceux qui ont pris part au projet, avec quelques anecdotes sur le déroulement de la production et des enregistrements. Pour ceux qui ont aimé la série et le film RahXephon, c'est un disque bonus plaisant de bout en bout.


Enfin, achevons cette analyse de l'édition par un sacré point noir : Le doublage du film. Si celui de la série est de très bonne facture, notamment parce que chaque comédien se fond particulièrement bien dans son personnage au point de nous faire oublier le manque de variété du casting, difficile d'en dire autant pour le long-métrage. Mis à part quelques vois principales, bon nombre de comédiens de la série n'ont pas été rappelés sur le film. Un problème plus grinçant quand certains acteurs n'ont ni la voix adéquates, ni l'implication nécessaire pour une telle œuvre. Ainsi, Martiel Le Minoux se retrouve remplacé sur Itsuki Kisaragi et Mamoru Torigai. Pour le premier, le comédien (dont le carton de doublage ne donne pas l'identité) n'a tout simplement pas la voix nécessaire pour le caractère du personnage, tandis que le deuxième cas est maintenant interprété par Yannick Blivet qui ne semble tout simplement pas croire ce en quoi il joue. Et on pourrait établir le même constat pour Nayeli Forest, qui campe une Hiroko beaucoup moins empathique. Enfin, il y a out simplement un soucis de synchronisation labiale. Ainsi, les paroles ne correspondent pas toujours aux mouvements des lèvres, ce qui fera tiquer à plusieurs reprises. En réalité, tout porte à croire que le doublage a été réalisé dans une certaine précipitation. Passé quelques minutes, difficile de résister à la tentation de passer en version originale, là où la version française de la série animée était suffisamment bien menée pour qu'on la laisse nous bercer sur 26 épisodes.

En conclusion

Si le film RahXephon compile la trame de la série, il n'est pas accessible au premier venu. La richesse de son univers et de ses personnages ne peuvent être résumés en un temps si record, aussi le long-métrage est surtout orienté pour les fans qui aimeraient retrouver l'histoire avec de légers éléments inédits, et narrée sous un angle différent. De série de mécha principalement, le récit devient surtout une belle histoire d'amour, poignante et souvent touchante. Il accomplit plutôt bien ce rôle et agit ainsi comme un sympathique complément à la série télévisée.

Cette édition collector, elle, sera bien difficile à trouver. Dommage, car ses différents bonus sont plutôt appréciables, des suppléments finalement rares à trouver dans l'animation japonaises, hors films dits « cultes ». Néanmoins, le film a vieilli, de même pour l'édition DVD, aussi un format Blu-ray ne serait pas de trop au jour d'aujourd'hui. Après avoir proposé un superbe collector A4, Dybex aurait tout intérêt à faire profiter de Pluralitas Concentio le même traitement de faveur.

L'avis du chroniqueur
Takato

Samedi, 19 September 2020
14.5 20




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