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Vertical Vol.18

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 26 Avril 2017

Critique 2

Quelle douleur ! Venant à peine de refermer la couverture de cet ultime ouvrage, c’est la main tremblante et la mine hagarde que votre humble serviteur s’apprête à écrire ces piètres bribes.

Fin d’une superbe série. Mais pareillement dernier volume d’un saisissant arc qui en aura compté quatre. Une dernière aventure durant laquelle Sanpo poursuivait un voyage initiatique dans un Himalaya un brin galvaudé. Lors du précédent pavé, Sanpo faisait une infidélité à son ascension du Lhotse. Apercevant d’étranges nuages s’approcher de l’Everest comme de mauvais présages, il décidait alors de porter soutien à son ami Oscar. Lui qui allait s’embourber dans un implacable blizzard.

Un tome sous la tempête. Tout le monde semble vouer à mourir : Oscar, Angela, Oda, Pete, le vieux couple et l’expédition indienne tout entière. Néanmoins, Sanpo ne manquera pas d’entrer en scène tel le messie. Lui et tout son panache, toute sa fougue. Les planches sont chargées : sorte de magma nocturne plein de bourrasques givrées. La majorité des évènements ayant lieu la nuit, le noir est très présent, parfois envahissant, abyssal, dérangeant. Le sentiment de danger et la confusion n’en sont que plus pesants.

La gravité de la narration est insoutenable : étau qui se resserre froidement, puissamment. Sanpo ne cessera les allers-retours entre le sommet et le camp, encore et encore. Pour que chacun trouve l’abri, pour que tous ceux-là soient saufs. Les heures passent : Sanpo perd les sens ; les doigts se recouvrent de sang ; le givre apostrophe le visage et s’en vient remplir la légendaire crinière ; la fatigue se fait voisine ; le manque d’oxygène lacère le cerveau… Cependant, en ses yeux, la lueur demeure. Elle scintillera jusqu’au bout, à jamais.

L’auteur fait des merveilles dans la retranscription de cette atmosphère de tempête, le dénouement qui aura lieu dans un calme froid bercé par un soleil roi ne fera qu’accentuer une beauté éthérée, la cruauté du vide. A pleurer toutes les larmes de son corps. Finalement, il aura été aperçu plus grand que l’Everest, l’âme d’un homme dont la profondeur n’avait pas son pareil : Sanpo Shimazaki.

Et si Vertical apparait comme une sorte d’incontournable du manga, cela sera également sans doute parce que son protagoniste principal n’est autre qu’un des plus importants et édifiants personnages de manga jamais créé jusqu’alors.

Le dernier chapitre en guise de prologue s’affère aux protagonistes secondaires, au temps qui passe et à la transmission. Bouleversant. Pas de sentiments dégoulinants ; seulement l’éloquence du réel. Une vingtaine de pages qui semblera une éternité.

Pour être davantage léger, sachez que l’éditeur eu le bon élan d’offrir les quatre dernières pages en couleur. Aussi, les couvertures réunies des tomes dix-sept et dix-huit forment l’esquisse complète au sein de laquelle Sanpo contemple sa propre destinée. 

Ô ! Sanpo !
Quel homme incroyable.
Parmi tous les autres, tu as été le plus « courageux ».
« Une dernière tasse de café » et après nous te rejoignons…
 

Critique 1

Dans le précédent opus, nous avions laissé Sosuke perdu en pleine tempête dans la "Death Zone" de l'Everest. Affrontant des vents déchainés et un froid glacial, il allait chuter lorsqu'il fut sauvé in extremis par la main secourable de Sanpo, revenu de son ascension du Lhotse...

Cet ultime tome de Vertical démarre sur les chapeaux de roues avec un Sanpo au meilleur de sa forme, qui parvient à secourir avec classe et assurance l'alpiniste Sosuke qui était sur le point de perdre la vie. Néanmoins, cette scène impressionnante ne cache pas une terrible réalité : d'autres alpinistes sont en détresse alors que le blizzard fait toujours rage...

Malgré cette situation désespérée, c'est l'esprit clair et accompagné de son éternel optimisme que notre héros va se remettre en route pour sauver les autres alpinistes. Plus que jamais, Sanpo apparaîtra comme une espèce de surhomme alors qu'il enchainera les sauvetages sans même porter un masque d'oxygène. Cependant, en enchainant les aller-retour dans un milieu si hostile, même un surhomme montrera vite ses limites. On va commencer à voir Sanpo souffrir, et notre inquiétude, autant que la tension dramatique, ne va cesser d'augmenter alors qu'on dévore les pages et qu'on approche de la conclusion... Sanpo sera-t-il capable de relever cet ultime défi ?

Difficile de parler de ce dernier tome sans en évoquer les moments clés... Si l'on met de côté l'immense émotion qu'il procure, on retiendra de ce dernier opus une forme de redondance scénaristique dans sa première partie : Sanpo se met en route, trouve une personne en difficulté ou en grand danger, la remotive ou la ramène en sécurité... et se remet en route. Heureusement, des nuances vont apparaître entre les sauvetages, et l'auteur ira même jusqu'à inverser les rôles à un moment donné. Plus qu'un surhomme, à un moment Sanpo apparaîtra même comme une figure quasi messianique: son arrivée est sublimée par le style graphique de l'auteur et survient au moment où la situation est la plus désespérée pour la victime. En plus de ça il redonne espoir et courage aux victimes et accomplit des prouesses physiques quasi impossibles alors que son état physique devient de plus en plus préoccupant. On sent que notre héros cherche une forme de rédemption depuis l'accident d'Akutsu, et qu'il est prêt à tous les sacrifices pour la trouver, quitte à mettre sa propre vie en jeu...

Avec ce dernier tome de Vertical, Shinichi Ishizuka aura confirmé jusqu'au bout son extrême talent de conteur en nous offrant une conclusion qui, bien qu'un peu prévisible, s'avère plus que satisfaisante et surtout particulièrement poignante. Sanpo est vraiment un héros inoubliable et particulièrement attachant... et s'il reste en toute logique au cœur du récit, l'auteur n'oubliera pas, dans son "dernier relais", de mettre une dernière fois en avant les personnages secondaires (Kumi, Zack, Naota...) qui ont eux aussi participé à la qualité de cette excellente série.

Côté édition, soulignons l'effort de Glénat d'inclure quelques pages en couleur à la fin du tome. On notera cependant la présence de quelques coquilles, et notamment un oubli de mot sur l'avant-dernière page du volume. Enfin, il faut savoir que les couvertures des tomes 17 et 18, mises l'une à côté de l'autre, forment un joli diptyque.

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

18 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
shinob

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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