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Perfect World Vol.3

Critique du volume manga

Critique 2


L'inquiétude permanente de Tsugumi envers Ayukawa a failli avoir des conséquences désastreuses : constamment angoissée, à bout psychologiquement, en manque de repos, la jeune femme amoureuse a eu un accident qui lui a valu une fracture, le tout sous les yeux impuissants de son amoureux. Les effets sont immédiats : Ayukawa commence à douter, a peur que son état le condamne à n'être qu'un fardeau pour la femme qu'il aime, craint de ne pouvoir la protéger comme il le faudrait. La convalescence de Tsugumi, qui retourne pour quelque temps chez ses parents à Matsumoto, pourrait être l'occasion pour les deux amoureux de faire le point afin de repartir sur de bons rails. Mais dans cette difficile réalité, les choses ne seront certainement pas aussi simples, et tous deux devront faire face à différentes pressions extérieures...

Après avoir présenté les débuts d'une relation pure et passionnée, qui semblait à même d'affronter les difficultés souvent délicates, tout en permettant de bien aborder les problèmes d'une personne handicapée en société et au quotidien, Rie Aruga profite de tout ce qu'elle a brillamment mis en place pour offrir un troisième tome surtout centré sur l'évolution de son couple. Tsugumi et Ayukawa s'interrogent sur leur situation, sur ce qui est mieux pour eux , ils culpabilisent, mais veulent avancer, font des efforts, mais se sentent impuissants, vont d'espoirs en désillusions. Leur relation est à construire petit à petit, avec son lot de difficultés, d'obstacles et d'acceptations... mais le pourront-ils vraiment ?

Ça aurait pu être un simple mélodrame comme tant d'autres, mais penser cela c'est sous-estimer la puissance émotionnelle d'une mangaka qui décortique avec précision, réalisme et attachement tout ce que peuvent ressentir ses personnages, le tout en tirant toujours parti de son sujet du handicap. Cela passe en premier lieu par des "personnages secondaires" qui ne sont jamais manichéens, malgré les blessures qu'ils peuvent créer simplement en voulant protéger ceux qu'ils aiment.
Forcément, les parents de Tsugumi, déjà opposés à sa relation avec Ayukawa avant l'accident, réitèrent leur demande de séparation du jeune couple, car ils s'inquiètent avant tout pour leur fille qu'ils voient dépérir, s'angoisser... leur réaction fait mal, mais peut tout à fait se comprendre, car comment pourraient-ils partir si, à l'avenir, le bonheur de leur enfant est compromis ? Une question d'autant plus délicate que Tsugumi elle-même apprend une chose terrible concernant son père...
Présenté comme un potentiel rival amoureux dans le tome 2, Kore-Eda s'écarte ici très largement de ce simple rôle et devient un personnage particulièrement bénéfique dans la prévenance qu'il montre envers Tsugumi, toujours présent pour la soutenir sans forcément attendre quoi que ce soit en retour dans l'immédiat. Sa présence permet également d'amener de nouveaux éclaircissements sur la Tsugumi du lycée et sur son tableau du concours. Et s'il lui fait bien comprendre peu à peu qu'il l'aime depuis toujours, pour l'heure on apprécie surtout son côté bienveillant et son rôle de "roue de secours" accomplissant auprès de Tsugumi ce qu'Ayukawa ne peut faire. Mais forcément, tout naturellement, cette situation pousse le handicapé à s'interroger de plus belle sur le bonheur de celle qu'il aime... Ne serait-elle pas plus heureuse avec Kore-Eda ?
L'autre figure de rivalité amoureuse présentée dans le tome 2, l'aide à domicile Nagasawa, prend une route encore différente. Ne mâchant pas ses mots envers Tsugumi qui ignore encore beaucoup de choses de la condition d'Ayukawa, souhaitant la repousser en bloc loin de celui qu'elle aime, elle pourrait apparaître détestable, mais on voit surtout en elle une femme éperdument amoureuse, sans doute un peu surprotectrice envers celui qu'elle aime, et pour qui elle s'inquiète plus que tout. A travers elle, on cerne également un peu plus tous les efforts faits par Ayukawa pendant sa rééducation afin de se réintégrer en société.

Forcément, tout cet entourage a un impact fort sur nos deux héros, qui continuent pourtant de rechercher l'espoir d'une relation heureuse. Se retrouvant elle-même temporairement en fauteuil roulant, Tsugumi a l'impression de pouvoir cerner un peu mieux la façon dont Ayukawa voit le monde. Le focus sur leurs années lycée, sur le lien qu'ils y avaient, met bien en avant leur évolution et leur chemin parcouru depuis cette époque. Et la jeune femme, qui reste encore aussi pure qu'attachante, affirme vouloir atteindre son idéal sans renoncer, même si elle fait des erreurs. Mais elle ignore encore beaucoup de choses, et la vie s'acharne encore en présentant de nouveaux problèmes autour du handicap d'Ayukawa.

Aruga expose avec brio l'amour pur de ses héros face à la dureté concrète d'une réalité qui les rattrape immanquablement, jusqu'à les placer face à un mur... En cela, les dernières pages sont d'une perfection absolue, tant le passage dans la roue est fort en symbole et en émotion : un amour véritable s'envolant dans les airs, avant de redescendre peu à peu sur terre... La toute dernière page, que dès lors on sent venir, est un choc rendant l'attente du 4ème volume insupportable.


Critique 1


Tsugumi est à l’hôpital suite à un accident, et Ayukawa fut incapable de l’aider à cause de son handicap. Dès lors, une tension s’installe dans le couple : le jeune homme culpabilise quant à son incapacité d’aider sa petite-amie autant que pourrait le faire une personne valide, et les parents de Tsugumi réitèrent dans leurs volontés de séparer le couple, pour le bien de leur fille…

Après avoir installé le couple et mis l’accent sur le quotidien souvent difficile d’une personne en fauteuil roulant, Rie Aruga se concentre exclusivement à son couple dans ce troisième volume, ceci sans jamais oublier le sujet phare de la série, ce qui va alors diriger l’intrigue vers de nombreuses évolutions et plonger le lecteur dans un véritable ascenseur émotionnel.

Les difficultés au sein du couple formé par Tsugumi et Ayukawa s’enchainent donc, mais il règne un vent d’optimisme sur une grande partie du tome afin de ne pas faire tomber la série dans le drame le plus total. Malgré l’adversité, l’union perdure entre les deux héros, et même le moment idéal pour souligner les sentiments forts des amoureux et revenir aussi sur la relation qu’ils entretenaient au lycée, un passage intéressant puisqu’il permet d’établir un bilan sur le chemin parcouru par les deux protagonistes. Le personnage de Koréada n’est pas en reste, son rôle de « roue de secours » est même important. La mangaka parvient à dépeindre un rival amoureux tout sauf détestable, qui vit son amour impossible de la manière la plus sereine qui soit. S’il n’est clairement pas un obstacle dans l’histoire d’amour principale à l’heure actuelle, il ne serait pas étonnant que Koréada redouble d’importance dans l’histoire, dans les tomes à venir.

Un tome classique me direz-vous, ce qui ne l’empêche pas d’être passionnant. Mais c’est sans compter la grande maîtrise d’écriture dont fait preuve Rie Aruga qui prouve, avec sa première série, qu’elle est une mangaka de talent qui ne fait pas simplement dans le drame, mais fait vivre un sujet fort pour chambouler ses personnages. Alors, le fil narratif de ce troisième tome ne nous épargne jamais une fois que la première moitié du tome est lue. Bien au contraire, il va d’illusions en désillusions, jongle avec brio entre espoir et pessimisme, le tout pour aboutir à une situation qui semble difficile pour les personnages et impossible pour le lecteur qui redoute la suite de l’intrigue. Et effectivement, les dernières pages sont d’une rare violence émotionnelle, et l’autrice n’a pas besoin de dépeindre un drame extrême pour ça. Alors, le lien si fort entre Tsugumi et Ayukawa, l’amour si pur qui les unit, est face à un mur, un mur que l’on voit venir dès que le tome a amorcé sa phase finale, mais qu’on refuse à tout prix. Alors, les dernières pages nous serrent le cœur et Ayukawa n’est pas le seul à vouloir serrer Tsugumi contre lui, rarement l’envie de réconforter une héroïne aura été si forte dans un titre. Et si l’effet est tel, c’est bien parce que les personnages n’ont rien de lisse : ils se questionnent, ils culpabilisent, et ce aussi bien Tsugumi que son petit ami qui sont les spectateurs de leurs propres impuissances tout le long de ce tome, tandis que des personnages comme Nagawa suscite une seule envie : leur coller des baffes.

Il est donc fortement question d’Amour dans ce tome, mais c’est par le thème du handicap que celui-ci est mis à mal. Si la manœuvre de Rie Aruga est si réussie, c’est bien parce qu’elle dépeint des maux dont l’héroïne et la plupart des lecteurs n’ont pas idée, ce qui les instruit autant que ça les perturbe. C’est donc avec une grande justesse que l’autrice développe son sujet et l’intègre à une histoire d’amour qui aurait pu se révéler très basique. Mais il n’en est rien, le tome nous chamboule et à ce titre, quelle torture l’attendre du quatrième opus sera !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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