March comes in like a lion Vol.2 - Actualité manga

March comes in like a lion Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 17 Février 2017

Depuis que Rei a rencontré les trois soeurs Kawamoto qui l'ont accueilli avec chaleur et bienveillance, sa vie se recolore petit à petit, lui permettant de réfléchir sur lui, sur son entourage et sur son passé traumatisant... mais il est difficile de ne faire qu'avancer quand on s'est longtemps senti de trop : s'étant souvenu de certaines douleurs, le jeune garçon commence à fuir à nouveau, ne va plus voir Akari et ses deux jeunes soeurs, s'isole, se sent soulagé de ne pas pouvoir participer au voyage scolaire, souhaite même disparaître. Le chemin pour qu'il trouve sa voie et retrouve ce qu'il a perdu semble alors encore long... et pourtant, ce chemin va être de plus en plus marqué par son ouverture au monde, à ceux qui l'entourent.

Cela passe en premier lieu par Hinata, collégienne très expressive et très active qu'il observe de plus près. Il constate la solidité de cette jeune fille puis celle d'Akari qui se donnent à fond jour après jour à la maison, tandis que lui est incapable de s'occuper réellement de lui-même et ne fait les choses qu'à moitié. C'est aussi Hinata qui lui permet de faire une rencontre importante : celle de Yûsuke Takahashi, le collégien dont la jeune fille est amoureuse, qui va poser à notre héros des questions profondes, notamment sur ce qui l'a poussé à se lancer dans le shôgi professionnel et à arrêter les études. Au lycée, son prof Hayashida tente un peu de lui faire entrevoir de nouvelles choses. Enfin, il y a le génial Nikaidô, toujours aussi passionné, cherchant à épauler Rei à sa manière en tant que "meilleur ami", et donnant toujours son maximum malgré ses soucis de santé.
Forcément, avec tout cela, Rei s'interroge, et on peut y voir une prise de conscience : jusqu'à présent, renfermé sur lui d'une façon parfois presque égoïste, il ignorait que des personnes pouvaient s'intéresser à ce qu'il fait, à son univers et à lui-même, lui qui s'était toujours senti de trop. Et peut-être se rendra-t-il aussi compte que là où certaines figures l'ont marqué (comme Tôji Sôya, le meijin), lui aussi peut influencer les autres dans le grand jeu de la vie : Takahashi dont le père a été marqué par notre héros, Hinata qui souhaite apprendre à jouer au shôgi, Nikaidô qui montre tant d'enthousiasme pour lui...

"C'est en avançant pas à pas et en persévérant qu'un bel avenir sera possible."

Oui, la coquille de Rei commence à se percer, avec son lot d'hésitations et d'incertitudes, mais son univers où il se sentait seul est bien en train de s'enrichir au gré des rencontres, de son entourage. Et cela se ressent immanquablement dans sa façon de voir le shôgi et ses adversaires. Lui qui jusqu'à présent donnait tout dans le shôgi uniquement dans l'espoir amer de trouver sa place, le voici commençant à se soucier des adversaires qu'il rencontre : un vieil homme ayant exercé pendant 40 ans sans avoir jamais dépassé le rang B, un père de famille et mari à deux facette selon qu'il perd ou qu'il gagne... Il commence à voir l'humain derrière le joueur, et sa manière d'appréhender le shôgi pourrait s'en trouver changée peu à peu.

Mais il y a toujours les doutes, les hésitations, les douleurs passées, qui ne peuvent s'effacer et peuvent ressurgir soudainement comme un éclair lointain. Comme les paroles d'Akari qui lui rappellent le souvenir de son père. Ou comme Kyôko, la soeur adoptive de notre héros, entrevue dans le tome 1 via quelques souvenirs, et qui refait son apparition... Elle est belle, mais on sent en elle un venin prêt à toucher Rei. Cette jeune fille peut d'abord sembler très antipathique, mais rien n'est si simple dans le petit univers de Chica Umino, et on devine en elle la douleur d'une enfant qui s'est sentie abandonnée par son père. Kyôko intrigue, on se demande forcément ce qu'elle réservera par la suite, mais son entrée en scène est remarquée.

Le shôgi est un peu plus présent dans ce tome, surtout dans la dernière partie du volume, et tout au long de celui-ci la mangaka poursuit ses quelques informations, sur les points de descente de niveau, sur l'impossibilité de renoncer à une rencontre sauf en cas d'enterrement d'un membre de sa famille... mais surtout, le désir de Hinata d'apprendre le jeu permet à l'autrice d'enfin exposer les règles de base (le tout ressemblant pas mal à notre jeu d'échecs). Entre les chapitres, les pages explicatives de Manabu Senzaki sont toujours présentes.

Le style d'Umino fait toujours des merveilles. Son découpage accordant autant de belles places aux personnages qu'aux décors. Son humour notamment porté par l'indélicatesse et le manque de tact de Hayashida, par les chats ou le fanatisme de Momo pour Nikaidô qui ressemble à Bodoro/Totoro. La sensibilité dont elle est capable de faire preuve pour faire ressortir les émotions sans forcer. Sa narration soignée, très introspective sur son héros avec une habile gestion de ses pensées (surtout celles se présentant sur les cases horizontales noires, qui ressortent bien). L'aspect très vivant que dégage le tout. Son talent pour faire ressentir le défilement des saisons (après l'été, voici l'hiver qui arrive doucement).

Voici donc un deuxième tome qui ne fait que confirmer toutes les belles promesses du premier volume et qui nous promet une oeuvre excellente, portée par les évolutions hésitantes, tantôt amusantes tantôt touchantes et mélancoliques, des personnages au quotidien.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
Dernières news News populaires News les plus commentées Fermer

Dernières News