Goodbye Lilac - Actualité manga

Goodbye Lilac

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 11 Août 2017

Enseignant en lycée, Kasai est un homme plutôt appliqué dans son travail et qui, sans s'en rendre compte (ou en ne voulant pas tomber dans ce piège), plaît pas mal à ses élèves féminines... mais aussi à un adolescent, Reiji Katô. Dans la classe dont il est le professeur principal, Reiji est l'élève à problèmes, celui qui est délicat à gérer concernant son assiduité en cours ou ses résultats. Pourtant, l'enseignant ne peut s'empêcher d'avoir pour ce garçon un peu perdu une certaine affection, un peu à l'image de celle que l'on peut avoir pour un petit frère à protéger. Mais Reiji, lui, voit plus en lui qu'une sorte de grand frère, cherche à se rapprocher de lui hors des cours, et finit par lui faire une déclaration d'amour... que Kasai, avec sérieux, rejette. Malgré tout, quelque chose semble avoir changé en Reiji, désireux dans ses choix d'orientation de devenir lui aussi professeur.


Quelques années passent, et avec ses collègues, Kasai évoque encore parfois le cas de Reiji Katô. Alors, quelle n'est pas sa surprise en apprenant que ce dernier fait partie des nouveaux professeurs de son lycée...


Tamayura, Konshoku Melancholic, The first love melt in ultramarine... autant d'oeuvres de grande qualité qui ont imposé Ringo Yuki comme une artiste très talentueuse dans son genre. Les éditions Taifu Comics et Boy's Love ne s'y sont pas trompées en la suivant de près et en ayant publié 4 de ses titres depuis 2016, et c'est aux éditions Boy's Love que l'on découvre donc Good bye Lilac, son tout dernier manga homo en date, qui fut publié au Japon en 2015-2015 chez Taiyô Tosho dans le magazine Craft (le magazine de Qualia under the snow, Bokura no negai, Seule la fleur sait...). Notons que parallèlement à cette oeuvre, Ringo Yuki a également entamé en 2015 sa toute première série non boy's love : le seinen Nishi Ogikubo Run Through.


Good bye Lilac part d'une base très classique dans le genre, à savoir une relation possiblement amoureuse entre un enseignant et son élève. Mais Ringo Yuki nous a habitués à ne jamais céder à la facilité dans ses oeuvres, et elle le prouve à nouveau en développant ici une histoire réaliste, touchante et légèrement amère parfois. Ainsi, Kasai, sérieux et incapable de profiter d'un tel cas (d'autant qu'il est hétéro), ne cédera jamais aux approches de son élève pendant ses années lycéennes, alors même que tous deux entretiennent pourtant une relation assez poussée, bienveillante et sérieuse pour Kasai (qui, par exemple, conseille à Reiji d'arrêter la cigarette), et nourrie de tout autres sentiments pour l'adolescent.


Même topo lorsque, quelques années plus tard, Reiji revient en tant qu'enseignant. Il renoue une forte relation amicale avec Kasai... mais pour espérer de l'amour de sa part, il y a encore du chemin à faire, car désormais, à force de voir les années passer, Kasai semble avoir renoncé à l'idée de se mettre en couple, que ce soit avec une fille ou un garçon. Et puis, se retrouver avec un homme décevrait probablement un peu son père hospitalisé, à qui il ne pourrait offrir de descendance... La mangaka travaille plutôt bien ses personnages, et rapidement, Kasai pourra voir que sous ses allures de jeune et beau professeur plaisant beaucoup aux lycéennes, Reiji a encore en lui des tourments qui le poussent à s'égarer dans certains milieux nocturnes... Kasai en est-il la cause ?


Difficile de ne pas apprécier ici le réalisme de personnages qui ont des hauts et des bas et qui, petit à petit, construisent entre eux un lien important. On n'en dira pas plus, pour vous laisser découvrir si Kasai, au-delà de ses doutes, finira ou pas par se découvrir des sentiments pour son attachant ancien élève qui l'aime tant.


Toujours aussi soigné, fin et mûr, le trait de Ringo Yuki accompagne efficacement le récit sans esbroufe, sur un ton lui allant très bien. Ses designs sont aussi crédibles que précis, et savent véhiculer les émotions sans exagération.


Sur un thème de base classique, Ringo Yuki parvient encore à sortir des sentiers battus en offrant une histoire assez réaliste et touchante qui ne cède jamais à la facilité.


Du côté de l'édition, le papier et l'impression sont plutôt bons, même si l'on regrettera quelques petits moirages par moments. La traductrice Laurie Asin livre un excellent travail, porté par des dialogues qui paraissent à la fois très naturels (ils ont quelque chose d'assez oral) et vivants. Seul le choix de ne jamais traduire le mot "sensei" pourra diviser un peu les lecteurs. La première page en couleur est un petit plus toujours agréable.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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