Détective Conan - Film 1 : Le Gratte-Ciel infernal - Combo Blu-ray + DVD - Actualité anime

Détective Conan - Film 1 : Le Gratte-Ciel infernal - Combo Blu-ray + DVD

Review du dvd : Détective Conan - Film 1 : Le Gratte-Ciel infernal - Combo Blu-ray + DVD

Publiée le Lundi, 17 Febuary 2020

Détective Conan est une série qui continue d'exister en France, sans avoir un succès forcément mirobolant. Le manga est publié aux éditions Kana depuis 1997, tandis que l'anime est arrivé chez nous au début des années 2000. La diffusion comme la sortie DVD des épisodes chez AB Vidéo sont finalement interrompues. Kazé tentera bien d'introduire les films dans nos contrées, mais la démarche n'ira pas au delà du cinquième film, faute de succès.

Les choses commencent à bouger du côté de l'anime dès 2015, quand la chaîne J-One et la plateforme ADN commencent à diffuser les derniers épisodes de la série animée, depuis l'épisode 763 (la série en comptant plus de 200 de plus à l'heure actuelle). Un beau premier pas, qui sera suivi en septembre 2018 par une annonce fracassante : l'arrivée de l'ensemble des films et de deux téléfilms aux éditions Black Box.




Un travail d'édition empli de complications

Mais avant de parler du premier film en lui-même, il convient de revenir sur le développement laborieux du projet des films en France, chez Black Box. L'éditeur annonce d'abord un coffret collector A4 réunissant les 22 premiers films et 2 téléfilms, le tout en version originale sous-titrée uniquement. La communication de l'éditeur est parfois chancelante, celui-ci annonçant finalement un doublage français, tout le contraire d'IDP / Anime Store qui est en charge de la fabrication de l'édition physique. Après des corrections d'informations et des débats houleux avec les fans et intéressés, le verdict final est donné : les films et téléfilms seront vendus à l'unité, dans des combos DVD + Blu-ray, pour un prix conseillé de 14,95 par métrage, et en version originale sous-titrée uniquement. Une petite déception par rapport à l'alléchant coffret intégrale. Un rapport qualité/prix qui reste toutefois très honnête, le principal point faible de la démarche venant surtout du retard à rattraper. L'éditeur comme les fans devant proposant plus de vingt films d'un seul coup pour ne pas trop rester à la traîne par rapport au rythme japonais, il faudra sûrement du temps à certaines bourses pour pouvoir acquérir l'ensemble.



Finalement, c'est début 2019 que la première salve de films paraît sur le marché. Le travail de validation auprès de l'éditeur japonais est toujours complexe, surtout pour une licence comme Détective Conan qui est particulièrement importante chez nos amis de l'Archippel. Les 16 premiers films sont inclus dans cette première fournée, les fans ont donc déjà de quoi faire. L'avantage pour ceux qui ont suivi les sorties Kazé, c'est qu'ils ne sont pas mis sur la touche et peuvent parfaitement reprendre la série avec le sixième film.

Parlons alors, brièvement, du travail d'édition de Black Box et IDP / Anime Store. Chaque petit coffret prend la forme d'un digipack contenant le DVD + le Blu-ray, celui-ci étant décoré des artworks du film en question, et glissé dans un fourreau souple doté d'une jolie charte artistique, et splendides effets de dorure à chaud. Mis les uns à côté des autres, les films rendent un ensemble très agréable esthétiquement. Finalement, si le choix de la forme de la collection forcera des efforts financiers, l'ensemble est de très bonne facture.

Du côté du travail d'encodage, c'est du très propre en ce qui concerne ce premier long-métrage : Datant de 1997, le premier film bénéficie d'une haute-définition d'une superbe qualité. Pas de soucis de grain ni de colorbanding, on reprochera uniquement quelques rares plans qui ne semblent pas avoir bénéficié de restauration, mais le bémol vient certainement de l'ayant-droit japonais qui s'est occupé de la remasterisation.



Des bombes à Beika !

Le topo sur la sortie des films en France est maintenant fait, et nous n'y reviendrons pas sur nos prochaines chroniques. Il convient donc de parler du film en lui-même, le premier d'une longue saga qui ne s'arrêtera pas de sitôt. Sorti le 19 avril 1997 dans les cinémas du Japon, Meitantei Conan : Tokei Shikakre no Matenrô prend le titre « Le gratte-ciel infernal » dans son édition Kazé, en 2007. Pour la réédition Black Box, un nouveau titre est choisit : « Le gratte-ciel à retardement », chois astucieux qui renvoie davantage à l'ensemble du film, là où le simple ciblage du gratte-ciel est un poil trompeur puisque l'immeuble ne concerne finalement que l'acte final du long-métrage.

Triant le courrier de son domicile, Conan reçoit la missive d'un célèbre architecte conviant Shinichi Kudo, le détective lycéen, à une réception d'envergure. La situation du jeune homme étant ce qu'il est, c'est Ran, Kogoro, et évidemment Conan, qui s'y rendent. Au même instant, Ran prévoit une surprise pour Shinichi : son anniversaire approche, et la demoiselle espère bien que le détective, jamais là depuis un certain temps, répondra à son invitation.

Et tandis que la date fatidique approche, de graves événements ont lieu en ville. Shinichi reçoit un énigmatique appel d'un individu camouflant sa voix, et révélant avoir caché des bombes dans des zones fréquentées. Avec peu d'indices et l'appui du commissaire Megure et de l'inspecteur Shiratori, fraîchement arrivé, Conan va devoir trouver les bombes et déjouer ces tentatives d'attentat, dont le motif et le responsable restent à découvrir.



Un film propre, rythmé et efficace

Évidemment, le film est à apprécier en se replaçant un minimum dans le contexte d'époque. L'intrigue de Détective Conan n'avait pas les ambitions actuelles, et se basait surtout sur la formule du manga qui ne connaissait que 14 volumes à sa sortie. Et il faut reconnaître que pour un premier exercice, le rendu est particulièrement efficace. A travers une intrigue particulièrement simple, celle de bombes déposées par un mystérieux terroriste, Kazunari Kôchi a prévu un scénario mené à excellent rythme, appuyé par la réalisation plus que bonne de Kenji Kodama. Il faut dire qu'en terme de production à suspense, l'animateur avait pu se faire la main avec des œuvres de taille, comme City Hunter.

Alors, le récit n'est pas forcément étonnant dans ses rebondissements. Au contraire même, puisque le spectateur devinera assez vite l'identité du criminel, mais se questionnera un peu plus sur son mobile. Mais c'est davantage dans le déroulement du métrage que l'efficacité est là : le film parvient à nouer des liens entre ses différentes pistes, y compris avec la résolution de début de film qui aurait pu n'être qu'une mise en bouche en vue de passer à l'intrigue principale. Les résolutions sont bien menées, jouant aussi bien sur des courses contre la montre que sur les pures recherches d'indices, et ce en s'appuyant sur quelques uns des personnages récurrents du début du manga. Le film se paie même un certain luxe en matière de lien avec le support original : celle de l'introduction de l'inspecteur Shiratori, qui est loin d'être l'un des personnages les plus appréciables de l’œuvre, mais qui a le mérite d'être très présent depuis les premiers opus. Un lien qu'on apprécie, et qui n'impacte pas spécialement le manga de Gosho Aoyama.

Et parce que Détective Conan, dans ses différents petits arcs, cherche souvent à aborder des points du récits ou des relations entre personnages, c'est la relation phare de la saga qui est à l'honneur ici : celle entre Ran et Shinichi. Si on se doute que des retrouvailles sont purement impossibles à ce stade du récit, le métrage parvient à propos d'habiles petits moments poignants, mettant à l'épreuve les liens forts entre les deux adolescents dans une situation catastrophique, qui pourrait devenir tragique.



Premier exercice réussi ?

La réponse est oui, Détective Conan : Le gratte-ciel à retardement étant un bonne première tentative, voire très bonne, d'adapter les aventures de Conan Edogawa sur le grand écran. A noter que, pour la simplicité de son intrigue et le récapitulatif du pitch de la saga qu'on retrouvera d'ailleurs à chaque début de métrage, ce premier film peut parfaitement faire office de première approche, et pourra rendre les novices curieux de se plonger dans le long mais passionnant manga policier de Gosho Aoyama, qui ne se limite pas à une simple succession interminable d'affaires comme peuvent le dire les mauvaises langues.

Un premier film idéal pour une entrée en matière dans les longs-métrages, donc, car simple dans son scénario mais efficace, bien mené et sans temps morts, avec des notes d'intensité bien senties, et une réalisation efficace appuyée par la bande-son de Katsuo Ono qui a le mérite de bien servir son ambiance, à chaque instant. Si se lancer dans la série animée est aujourd'hui très compliqué (notamment parce que beaucoup d'épisodes restent actuellement indisponibles chez nous légalement), l'aventure des films est rendue accessible, et démarre par un premier métrage globalement très efficace, même si ceux qui suivront se révéleront plus ambitieux.
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20


Note de la rédaction





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