Welcome to hotel Williams Child Bird - Actualité manga

Welcome to hotel Williams Child Bird

Critique de la série manga

Publiée le Lundi, 15 April 2013

Taïfu nous revient avec sa filière Ototo, qui inaugure ici son catalogue avec une première série shojo un peu particulière. L’auteur est Yukako Kabei, qui a écrit le roman original du même nom, dans une teinte plus sombre, plus effrayante et mystérieuse. Cette œuvre change pourtant du tout au tout dans les mains de Rihito Takarai, mangaka déjà connu chez nous pour son superbe travail graphique dans Seven Days. Son style est totalement éloigné de l’idée première du roman, et il se focalise alors plus sur les parts de lumière et d’espoir que portent les personnages, tout en adoucissant le trait, mais juste assez. Les sentiments de haine et la situation de départ sont tout autant noires. L’histoire, justement. Kizuna est une adolescente un peu frivole et délurée, et avec ses copines elle participe à un « jeu » bien peu reluisant. Elles essayent de voler le plus d’argent possible au salarymen qu’elles abordent et séduisent dans la rue, sans jamais pourtant coucher avec eux même si se dévêtir est permis. C’est pour échapper à l’ennui qu’elles recherchent cette adrénaline, comme d’autres la puisent dans la drogue ou les jeux de pachinko. Une des seules règles : on ne peut pas arrêter. Et pourtant, Kizuna en a envie alors quand une de ses amies ose enfin exprimer son envie de tout stopper, la jeune fille réalise qu’elle ne veut plus de ça. Et juste à ce moment là, elle rencontre Yuki qui lui présente Yûsei, un peintre au mauvais caractère qui n’a qu’une envie : l’embaucher en tant que modèle de nu.


La logique des faits s’enchaine rapidement, tout en nous transportant dans un illogisme certain quant à la rencontre de nos héros. Comme ça, Yuki arrive comme une fleur, Yûsei est là et affirme qu’elle est ce qu’il cherchait comme modèle ... Un bien bel hasard qui distrait la jeune femme, lui fait ressentir une excitation différente de la peur malsaine de son jeu dangereux. Elle découvre les petits plaisirs de la vie, ce qu’elle ne connaissait plus, livrée à elle-même. Et ce seul fait suffit à la tirer de sa noirceur et de son quotidien répugnant, pour la mener vers une compréhension différente du monde et de ses propres envies. Un univers qui se complexifie, avec des personnages mystérieux, une résidence un peu étrange où personne ne semble tout à fait normal. Des secrets, des hésitations, des détours qui nous perdent peu à peu dans l’univers créé par l’alliance d’un auteur et de son dessinateur. L’héroïne ne parait pourtant pas, au milieu d’eux, comme une petite chose sans défense et l’on s’intéresse immédiatement aux balancements de son cœur et à la manière dont elle essaye d’aborder le monde pour comprendre les deux garçons qu’elle côtoie sans saisir leur manière d’être. On se passionne largement pour le ton de la narration, sérieux tout en insistant beaucoup sur la désinvolture de Yuki, qui contraste merveilleusement avec son cousin.


Le petit moins de l’histoire … Le dernier tome ; On a le droit à une fin heureuse pour cette série, et ce pour tous les protagonistes malgré ce qu’on a pu craindre durant un instant. L’auteur refuse de nous laisser dans l’attente, mais du coup on ne vit pas vraiment la période difficile, l’éloignement, le doute. Et cela donne à la lecture un petit côté « tout va bien » qui ne convient pas vraiment à l’ambiance du titre. On aurait aimé un peu plus de douleur, de suspens, de difficultés … Tout ce qui était complexe, élaboré, nuancé s’adoucit, se polit et s’efface presque. D’autant plus que l’ambiance un peu glauque et surprenante du tome 1 s’en est enfuie. Mais dans l’ensemble la série reste très agréable et vraiment sympathique !


Les graphismes reflètent en effet la même délicatesse que la narration, dans le sens où ils sont à la fois très attendus (finesse et bishonens garantis) et surprenants, dans un style propre à l’artiste sur des cheveux ou des visages plus personnels et esthétique, notamment de profil. On note une différence d’avec Seven Days, où Takarai appréciait les arrières plans un peu vides, mettant d’un côté les personnages en avant mais les laissant de l’autre perdus dans leurs pages sans les porter à leur apogée. Ici, le background est bel et bien présent, avec des représentations fidèles de la ville de nuit, ou bien de l’étrangeté de cet hôtel dans lequel habitent nos héros. De même sur l’édition, on regrette la non adaptation des onomatopées qui devient une habitude. Toujours est-il que les couvertures font bien leur travail et donnent envie d’acheter, surtout qu’on aurait tord de s’en priver ! Des personnages charismatiques, des émotions à peine suggérées et un contexte intéressant, voilà un mélange réussi pour une petite série surprenante mais très douce.


Chroniqueur: NiDNiM


Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.17/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

17.00,18.00,16.00

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