Vertical Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 21 June 2016

Critique 1



Kumi Shiina, jeune policière du commissariat nord de la préfecture de Nagano, vient d’apprendre qu’elle va devoir changer de service. Révolu le temps du Bureau des Affaires Locales : mutation dans le cadre de l’Equipe de Secours en Montagne, dès le mois prochain. Elle appréhende… les falaises et elle cela fait deux. D’ailleurs, elle consulte le programme des ascensions et, justement, un homme, parti pour le mont Kita-Hotaka a dépassé l’horaire prévu pour le retour ; … Masato Noda, son responsable de service, la rassure : il y a un membre de l’APCM – Association de Prévention des Catastrophes en Montagne – dans les parages : un certain Sanpo. Aussi, Shiina, elle avait d’ores-et-déjà eu ouï-dire de cet alpiniste… ce secouriste bénévole tout fraichement revenu d’un séjour à l’étranger… c’est qu’il fait pas mal parler de lui le bougre.

« Vertical » c’est d’abord un protagoniste principal à la fois humble, surprenant et adorable : un cœur pur. Ainsi, il ne contemplera les étendues montagneuses que d’un regard juvénile, comme s’il ne s’agissait que de la toute première fois qu’elles furent dévoilées à ses yeux : une âme d’enfant associée à un sens adulte des responsabilités ; pour un contraste à croquer. La première apparition de celui-ci, à l’instar de la simplicité maculée qui caractérise si allègrement la série, se fera dans le plus simple apparat : assis au pinacle d’une falaise, sur la bordure, les pieds dans le vide, face à l’horizon et livre de cuisine à la main titré : « Cuisiner les champignons de montagne ».

Sur fonds de tranche-de-vie et d’alpinisme, l’auteur semble avoir souscrit à une narration en histoires ou saynètes chapitrées comprenant chacune une intervention de sauvetage spécifique impliquant le fameux Sanpo. Néanmoins, derrière une césure apparente se dissimule en réalité un maillage scénaristique par lequel l’auteur développe ses personnages, noue entre ceux-là des relations toutes en douceurs, introduit d’anciennes connaissances, nous révèle des éléments de leur passés respectifs, ponctue l’ensemble de moments poétiques et, parfois, philosophiques ; … ainsi, en dépit d’un format chapitré, il en résulte une relative fluidité, pensée et réfléchie, qui ne manquera pas de séduire les amateurs de seinens tranche-de-vie, d’alpinisme et, également, de fresque humaine.

Côté édition le plaisir de lecture est bel et bien présent lui aussi. D’autant que l’ouvrage fut imprimé dans l’hexagone ; tandis que d’autres vont faire leurs marges à l’étranger. Un papier agréable et un ancrage correct qui porte assez bien le trait sauvage et généreux de l’auteur ; à noter que ledit trait semble s’améliorer davantage en fin de tome. La couverture est de bonne facture ; et il a été conservé les pages de début de chapitre, à l’occasion desquelles, Shinichi Ishizuka fait un bref descriptif d’une montagne qu’il peut apprécier et, parfois, suivie d’une anecdote qui lui est personnelle. La traduction sied bien au ton de la série. Il ne manquera peut-être qu’à ce stade, en début d’ouvrage, une synthèse relative aux protagonistes, avec carte sommaire des lieux et synopsis éventuel : afin de mieux digérer l’ensemble.

Un premier ouvrage introductif lors duquel le lecteur suivra, d’un regard doux, l’émouvant alpiniste Sanpo partir, et sans rien demander en retour, afin de sauver les âmes égarées dans les montages. Parfois, il est trop tard, les pauvres malheureux ont été emportés par la mort. D’autres fois, ils peuvent être encore sauvé. Cependant, et dans tous les cas, Sanpo ne baissera jamais les bras, ne manquera jamais d’arborer son sourire enfantin, les yeux rivés vers les paysages grandiloquents. Et, bien évidemment, toujours, il leurs dira qu’ils furent courageux,…  qu’il espère rapidement les voir revenir en montagne, car cela est tellement merveilleux. Le lecteur, lui, et eu égard aux qualités incontestables de ce premier jet, reviendra sans doute prendre des nouvelles de Sanpo, parmi les sommets nippons, tout autant néfastes qu’habités par la beauté.


Critique 2


Lauréat du grand prix des Manga Taisho Awards en 2008, du prix général des Shogakukan Awards en 2009 et du prix d'excellence du Japan Media Arts Festival en 2013, adapté en un film live... C'est auréolé d'une solide réputation que débarque en France Vertical, de son nom original Gaku - Minna no Yama, un seinen qui vient se ranger dans la petite liste des mangas d'alpinisme, aux côtés du Sommet des Dieux, de K ou d'Ascension. Cependant, c'est un sujet beaucoup plus ciblé que le simple alpinisme qu'aborde la série : le secourisme en montagne et tout ce que cela implique de connaissances, de mentalités, de réussites et d'échecs.

Sanpo Shimazaki est un alpiniste chevronné, qui a écumé tous les sommets du monde, de l'Himalaya aux Andes en passant par l'Amérique du Nord, L'Europe, le Pakistan... Fin connaisseur des montagnes, de leur infinie beauté, des techniques pour les escalader et des dangers qu'elles peuvent représenter, il a rencontré toutes sortes de gens, et en a vu certains disparaître dans les cimes montagneuses. Ainsi a-t-il choisi, une fois revenu dans son Japon natal, de devenir un secouriste bénévole, venant alors en aide à tous ceux qui se retrouvent piégés par la montagne. Cette histoire commence alors que Kumi Shiina, une jeune policière de Nagano, se retrouve propulsée en haute montagne où elle suit une formation...

Au fil des 8 chapitres de 24 pages qui composent ce premier volume, l'auteur Shinichi Ishizuka nous invite alors à suivre autant de petites histoires où Sanpo vole à la rescousse des personnes piégées par la montagne. De l'étudiant au retraité en passant par les collègues accompagnés de leur directeur, il croise toutes sortes de personnes différentes, tentant de les sauver de tout autant de dangers variés : chute dans une crevasse, avalanche, tempête de neige, orage... Les situations s'avèrent d'emblée très variées et donnent un bon aperçu des différents dangers qui peuvent surgir en montagne, et Sanpo doit alors se démener pour faire face à des situations souvent délicates. Mais en plus de sa technique exemplaire en montagne, Sanpo possède d'autres qualités, très humaines, toujours aptes à réconforter simplement les victimes.
Car bien souvent, les personnes qu'il aide ont diverses raisons pour s'être aventurées un peu négligemment en montagne, tout comme elles peuvent émettre des regrets en ayant embarqué des proches avec eux dans leur galère. Que ce soit ce père se retrouvant au bord de la mort avec son fils, cet homme qui veut se prouver qu'il n'est pas un raté, cet étudiant voulant honorer le souhait d'un mort ou ce directeur regrettant d'avoir emmené dans sa galère les hommes qui travaillent pour lui, le mangaka s'applique à dépeindre brièvement mais de façon convaincante des petits portraits humains qui contribuent beaucoup à la portée sociale de l'oeuvre. C'est alors à Sanpo de les sauver et de les réconforter, à l'aide de paroles justes et d'un sourire à toute épreuve, même dans les situations les plus tristes ou critiques.

Alors, Sanpo, le héros parfait ? Oui et non. Car sous ses talents en montagne, sa jovialité quasiment permanente et sa bonhommie, il reste avant tout un homme, avec tout ce que ça implique : s'il émet toujours le souhait de sauver son prochain, il n'est pas un surhomme, et n'y parvient pas toujours. Ses missions peuvent alors être autant des réussites que des échecs tragiques, mais il sait rester fort pour ne pas vaciller lui-même, et préfère conserver le sourire que s'enfoncer dans des doutes qui le rendraient inutile. Et être secouriste, c'est aussi devoir faire parfois des choix difficiles, par exemple en choisissant de ne pas tenter de sauver tout le monde face à un danger trop grand qui pourrait finir par coûter la vie à tous, ou accepter les reproches injustifiés de personnes venant de perdre l'un des leurs, histoire de leur permettre d'évacuer leur tristesse. Redisons-le, s'il présente admirablement positivisme ou abnégation, Sanpo ne reste qu'un homme, n'est jamais un superhéros, et on appréciera alors le souci de réalisme du récit, qui n'embellit jamais les choses. Sans pour autant tomber dans du tragique pathos, ce qui est souvent habilement évité par le positivisme de notre secouriste.
Ce qui finit aussi de rendre le récit crédible, c'est le passé de Sanpo, qui se dévoile par petites doses, par-ci par-là, et qui vient préciser peu à peu les rencontres et les drames qui ont forgé ce vaillant secouriste. Des visages, il en a croisés beaucoup, en retrouve via certains chapitres, en a vu d'autres disparaître... Un portrait subtil se dessine alors, petit à petit.

Quant à l'éventuel fil rouge... pour le moment il n'y en a pas vraiment, si ce n'est via un personnage : la policière Kumi Shiina, qui apparaît par-ci par-là pour devenir de plus en plus présente au fil des chapitres, et dont on devine la formation longue et fastidieuse, car la jeune femme, face au danger, à la tristesse et à la mort, ne peut réprimer des émotions que Sanpo, lui, a appris à contenir. Il se crée alors un contraste très intéressant entre un homme expérimenté et une jeune femme qui a tout à apprendre, et gageons que cet aspect sera important par la suite.

Pour le reste, il faut noter que si Vertical s'ancre dans le milieu de l'alpinisme et des montagnes, il s'avère graphiquement bien différent de ses illustres prédécesseurs. Là où le Sommet des Dieux ou Ascension en mettent plein la vue et s'appliquent à dépeindre une montagne visuellement très riche et des ascensions impressionnantes, Vertical reste plus humble, avec une narration qui va à l'essentiel (pas de longues recherches folles des victimes, de présentations de techniques de folie, de longs parcours dans les cimes enneigées... C'est aussi pour ça que chaque histoire parvient à tenir en une vingtaine de pages), des vues montagneuses moins impressionnantes mais néanmoins détaillées et réussies, et le récit de Shinichi Ishizuka s'applique surtout à faire ressortir l'humanité de ses nombreux protagonistes, qu'ils soient récurrents ou n'apparaissent que le temps d'un chapitre. Pour cela, on peut compter sur un design des personnages un peu particulier au premier abord, un peu vieillot diront certains, mais qui a le grand mérite de permettre de grandes nuances dans l'expressivité des protagonistes, qui n'en ressortent que plus vrais et humains. En somme, les graphismes peuvent rebuter un peu au départ, mais une fois qu'on s'y est fait on en apprécie toute la subtilité.

Au vu de ce premier tome de très bonne facture, Vertical est donc une oeuvre riche en promesses, qui aborde la montagne sous un angle nouveau, via le secourisme, pour un rendu très humain et doté d'une jolie portée sociale. Des choses que l'on espère voir toujours plus approfondies par la suite, en espérant notamment des histoires plus longues et un fil rouge plus visible via l'apprentissage de Shiina.




Critique 3


Le risque, lorsque l’on décide de publier un manga d’alpinisme aujourd’hui, c’est que l’on passe après au moins deux titres déjà particulièrement bons que sont Le sommet des dieux et Ascension. Glénat aura-t-il eu le nez fin en publiant Ishizuka Shinichi, et en décidant de faire découvrir cet auteur au lectorat français à travers Vertical ? Voyons cela.

Sampo Shimazaki a 47 ans. Après avoir gravi les monts les plus ardus et les pics les plus techniques, ce dernier décide de rentrer dans son Japon natal pour y travailler comme sauveteur bénévole en montagne. Ascension et Le sommet des dieux étaient déjà très différents entre eux, Vertical traitera d’alpinisme sous un autre jour encore.

Ici, les chapitres sont presque indépendants entre eux, et pour le moment, aucune véritable intrigue ne vient enrichir l’univers du manga. Un chapitre correspond la plupart du temps à un sauvetage, ou à un flash-back autour du personnage principal, et justement, parlons-en. Shinichi Ishizuka dresse à travers Sampo un portrait particulièrement humain, celui d’un homme qui a vu la mort à de multiples reprises, que la montagne a forgé comme elle forge quiconque la fréquente trop longtemps. Ce passé douloureux tranche pourtant de façon drastique avec la personnalité de notre protagoniste, toujours souriant, plus que prompte au dialogue et faisant preuve d’une bonhomie à toute épreuve. L’auteur nous présente de façon subtile un individu qui connaît les dangers de la montagne, qui la redoute et qui l’aime, qui désire par-dessus tout aider ceux qu’elle maltraite parfois. Le personnage peut paraitre trop parfait, c’est le gentil absolu, mais il apparaît pourtant très réaliste et le lecteur est rapidement pris d’affection pour ce héros altruiste. Héros oui, sauveur inconditionnel non. Le manga prend un parti pris réaliste vis-à-vis du sauvetage en haute montagne, ce qui implique son lot de réussite, mais aussi d’échec. Pour vivre la sensation grisante du vent glacé et vivifiant de la montagne ou pour se délecter de ses plus beaux paysages, certains perdront jusqu’à la vie. Ce côté est particulièrement bien rendu, et à tous les niveaux, puisque l’auteur prends la peine de nous présenter les multiples réactions en cas de drame, que ce soit du côté de la victime elle-même (avant sa mort, bien entendu), du sauveteur et du deuil permanent qu’il doit entretenir sans pour autant se laisser abattre, ou des proches de la victime. Un aspect qui donnera notamment lieu à un passage particulièrement fort en émotions, et à plusieurs répliques renvoyant à des faits durs, mais nécessaires.

Si l’œuvre fait essentiellement la part belle à Sampo et aux sauvetages qu’il opère, elle met également en avant une certaine Kumi Shiina qui effectue un stage au près des sauveteurs dans le cadre de son métier de policière. Jeune et dynamique, cette dernière contraste avec notre héros de par ses réactions plus franche et démonstrative lorsqu’elle est confrontée à la dure réalité, incapable dans un premier temps de comprendre qu’il puisse être parfois nécessaire d’abandonner des victimes à leur sort pour le bien d’une majorité. Peu à peu, elle apprendra et surtout comprendra les motivations qui peuvent pousser certains individus à prendre de gros risque en montagne, et ce malgré les dangers évidents.

Enfin, le manga aborde également une portée sociale et tranche de vie.
Sociale à travers les relations entre les différents acteurs de la vie en montagnes évoqués ci-dessus, et aussi à travers les parcours des alpinistes, de ce qui les a poussés à vouloir en découdre avec la nature. Encore timide, cette aspect est en lien directe avec des thématiques plus discrètes et plus simples, comme celle de l’amour ou de l’amitié. L’auteur mêle également à son récit un humour naturel et bon enfant, introduit efficacement et subtilement.

Graphiquement, le trait de l’auteur est assez simple mais néanmoins facilement reconnaissable de par sa capacité à créer des visages atypiques et rapidement identifiables, à la frontière des productions japonaise et européennes. La représentation des paysages, bien que moins détaillée que dans Ascension par exemple, n’en demeure pas moins une vraie réussite.

Dramatique et humain, ce premier volume de Vertical s’offre le luxe de ne pas offrir de scénario encore très développé, tout en demeurant passionnant et riche en de nombreux points. Fort d’une identité graphique simple mais efficace, le manga traite de nombreuses thématique et particuliers celle du rapport de l’homme à la montagne, et de l’homme à l’homme. Un titre qui commence fort bien, et qui ont l’espère, continuera sur cette lancée réaliste, accessible et au nombreuses facettes aussi intéressantes que plaisantes.


Critique 4


Sanpo Shimazaki est un alpiniste très expérimenté, qui a atteint certains des plus hauts sommets du monde. Après avoir arpenté plusieurs continents, notre héros va poser ses valises dans le Nord des Alpes japonaises, où il va exercer l'activité de secouriste bénévole. La série Vertical; dont le titre rappelle bien évidemment la voie difficile qui mène vers le sommet d'une montagne; va nous conter ses aventures, ou plus précisément, ses sauvetages.

En effet ce premier tome de Vertical s'articule sous la forme d'une suite de chapitres (au nombre de huit dans ce tome d'ouverture) plus ou moins indépendants les uns des autres, mais qui se ressemblent cependant beaucoup. Tout commence par une situation d'urgence : Un alpiniste ou un randonneur est en danger, et Sanpo est appelé à la rescousse; souvent par un membre de l'équipe de secours en montagne du commissariat. Tout au long du sauvetage, l'auteur nous apprendra quelques anecdotes ou conseils sur l'alpinisme, tout en nous faisant découvrir la personnalité du secouriste, mais aussi de la personne secourue. Le sauvetage est parfois concluant, mais peut aussi se terminer sur un drame : qu'on se le dise, Sanpo est un brillant sauveteur et un alpiniste chevronné, mais pas un surhomme.

Toujours concernant Sanpo, on sent que Shinichi Ishizuka souhaite garder une part de mystère autour de ce personnage. Car derrière son air perpétuellement sympathique et enthousiaste, on devine aisément que le passé de notre héros est jalonné d'expériences douloureuses, et ces dernières ont participé à la construction de l'homme qu'il est aujourd'hui, et qui se caractérise avant tout par son altruisme et sa compassion... Ainsi le passé de Sanpo se dévoilera dans ce premier opus par bribes, à l'occasion d'un flashback, d'un dialogue, ou encore grâce à l'arrivée d'un personnage secondaire. Cette façon de faire de l'auteur est plutôt bien choisie car ce côté un peu énigmatique de Sanpo renforce irrémédiablement son charisme.

Dans ce premier tome on retrouvera autour de Sanpo des personnages secondaires à l'importance variable. Ils sont au nombre de quatre.
Il y a tout d'abord les deux policiers Noda et Shiina. L'un est un ami de longue date de Sanpo tandis que la seconde est une jeune recrue qui n'est pas une grande fan de montagne. Ensuite, il y a Zack, un américain qui a par le passé travaillé sous les ordres de Sanpo, et qui partage bien évidemment sa passion de la montagne. L'utilité de ces trois personnages n'est pas essentielle pour le moment, car ils ne font que le contacter ou l'aider mais sans jamais avoir un rôle réellement déterminant. On espère que l'auteur pensera à creuser un peu ces trois personnages au fil des tomes !
Le dernier personnage secondaire est quant à lui particulièrement important, son nom change à chaque chapitre mais sa fonction reste irrémédiablement la même... Il s'agit bien évidemment de la personne en danger qui va être aidée par Sanpo ! Quasiment à chaque sauvetage, l'auteur va prendre le soin de développer le background de la victime : elle peut être un salary-man en quête de sensations fortes, un paisible retraité qui veut se dépasser, un jeune homme imprudent, un veuf accompagné de son jeune enfant... Beaucoup de profils, tous différents les uns des autres, sont présentés dans ce premier tome, et lorsqu'ils sont mis bout à bout on se rend compte qu'ils donnent une belle richesse à la série.

On a tout d'abord évoqué Sanpo, puis les personnages secondaires... mais quand on réfléchit bien il reste encore un dernier personnage, primordial dans Vertical. Ce personnage ne parle jamais mais n'est jamais bien loin de Sanpo, il peut apporter la quiétude un jour, mais la mort le lendemain... Il s'agit bien-sûr de la montagne !! Tout au long de ce premier opus, Shinichi Ishizuka n'aura de cesse de nous rappeler que la véritable star de son manga, c'est bien elle ! Véritable objet d'obsession pour les passionnés d'alpinisme, la montagne intrigue par sa beauté mais peut s'avérer dangereuse, voire mortelle, lorsqu'on ne la connait pas suffisamment. Au fur et à mesure des chapitres, l'auteur nous apprendra diverses informations très intéressantes sur l'environnement montagneux, mais aussi des astuces qui pourront s'avérer utiles à ceux qui souhaiteraient se mettre à l'alpinisme. Aucun doute, Vertical est bel et bien un manga consacré à l'alpinisme !

Au niveau des graphismes, le style de Shinishi Ishizuka s'avère inégal. Si l'on a droit parfois à de jolis paysages de montagne, on n'atteint pas pour autant le niveau d'un Jiro Taniguchi avec Le sommet des Dieux, et les planches ne fourmillent pas de détails. Par contre, l'auteur contrebalance cette faiblesse par un talent certain dans l'expressivité de ses personnages. Dans les moments les plus dramatiques, le visage des intervenants peut être capable de dégager une force comme on en voit que trop rarement dans les mangas. Soulignons également que parfois, la planche qui marque l'arrivée de Sanpo vers la personne à secourir est juste magnifique... On pense notamment aux illustrations des pages 52, 172, 200...Dans le même ordre d'idée, n'oubliez pas de vous attarder sur les illustrations qui séparent les chapitres, qui sont elles aussi très belles.

Pour conclure, on ne peut pour le moment que saluer le travail de Shinichi Ishizuka dans ce premier tome. La montagne est décrite de façon juste malgré la relative faiblesse des graphismes, et Sanpo est un personnage qui devient attachant dès les premières pages.
On peut cependant émettre une petite inquiétude sur un récit qui pourrait devenir redondant à la longue s'il conservait le même schéma, à savoir une succession de chapitres avec un sauvetage par séquence. Mais pour le moment, les personnages et situations dépeintes sont suffisamment variées pour rendre notre lecture on ne peut plus agréable.

Alors si vous êtes un amoureux de la nature (et encore plus de la montagne!), n'hésitez à découvrir cette série qui a, soulignons-le, remporté la première édition du prestigieux prix Manga Taisho... Un gage de qualité qui est amplement justifié avec ce premier tome !



Critique 4 : L'avis du chroniqueur


17.5 20
Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Luciole21

18 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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