Vampyre - Edition Reliée Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 08 November 2019

L'été arrive à son terme, le squelette du jeune Soto-o est retrouvé: le garçon n'est pas revenu à la vie, puisqu'il était un simple humain. Môri et Miyawaki, de leur côté, vivent de mieux en mieux leur condition de vampire: le premier reste un électron libre fidèle à la femme-chameau qui l'a initié à cette nouvelle situation, tandis que la deuxième, après avoir assouvi sa vengeance sur l'homme qui l'avait violée, reste près de Môri, avec qui elle entretient une relation étrange, tout en n'étant pas aussi attachée que lui à la femme-chameau. Mais tandis qu'ils poursuivent leur nouvelle vie sans trop se soucier des lois de la société, en profitant que ce qui leur semble être une jeunesse éternelle, ailleurs des événements obscurs ont lieu. En ville, d'inquiétantes disparitions ont lieu, semblant être l'oeuvre d'un individu venu de l'étranger. Quelque part, des réunions malsaines ont lieu, où les membres adultes s'adonnent à des sortes d'orgies impliquant parfois malgré eux des personnes bien plus jeunes qu'eux. Et puis, il y a Makoto Tachibana, cet adolescent qui, depuis huit ans, recherche désespérément et sans faillir, quitte à subir les moqueries d'autres enfants, sa soeur Miko qui a soudainement disparu, mais dont il est persuadé qu'elle est encore en vie quelque part, peut-être entre les mains d'un pervers. De manière aussi intense que morbide et brutale, ces éléments sont voués à vite se relier, et Môri et Miyawaki ne manqueront pas d'y être mêlés.

"Elle se sentait comme jetée hors de ce monde..."

Après un premier tome très marqué par des visions violentes, sanglantes, crues, malsaines, telles que Maruo les affectionne, cette épaisse deuxième partie (environ 280 pages) du diptyque Vampyre ne s'écarte évidemment pas de cette atmosphère si typique de l'auteur, mais elle l'aborde un peu différemment par le prisme d'un récit dont les différentes pistes s'avèrent toujours aussi riches. Entre débauches sexuelles, mère infanticide, rejet des personnes vues comme différentes (c'est bien pour ça que cette mère tue son enfant), cruauté enfantine, métaphores du racisme, de la peur de l'étranger ou de la guerre (notamment via le personnage de Bayakan), Suehiro Maruo distille au vitriol, de manière indirecte, un portrait de société très peu reluisant, noir, où personne n'est bon, pas me^me ces figures centrales comme Môri ou Miyawaki auxquelles ont a pourtant appris à s'attacher. Seul Makoto fait peut-être un peu exception en restant le plus "pur" de tous.

"Je suis devenue un insecte venimeux."

Au-delà ce ceci, pourtant, ce qui intéresse le plus est peut-être la vision que Maruo offre de la condition de vampires, êtres en marge de la société, rejetés, craints ou se cachant d'eux-mêmes, livrés à leurs pulsions qu'ils assouvissent dans l'ombre en ne répondant pas à la justice dictée par notre monde, et ayant le sentiment de profiter d'une jeunesse éternelle... mais est-ce bien le cas ? Cette fameuse jeunesse éternelle, et la jeunesse de manière générale en passant, Maruo finit par en offrir une vision bien précise est loin d'être aussi idéale que le pensent certains personnages. C'est aussi la notion de transformation, de métamorphose, qui est alors mise en avant dans le récit, que ce soit via les personnages comme Môri et Miyawaki, mais peut-être plus encore à travers Miko, jusqu'à développer une vision très kafkaïenne de la chose, avec sa part de doute et d'aliénation.

"Nous sommes des vieillards éternels !"

Par rapport à la première partie, cette deuxième partie de Vampyre est alors peut-être presque moins trash et plus marquée par le tourmente, et la fascination malaisante se substitue plus à la cruauté pure. Maruo mène très bien son récit jusqu'à la fin, en mêlant, derrière l'horreur et le grotesque de son histoire et de son monde, des thèmes forts.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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