Tokyo Tarareba Girls Vol.9 - Manga

Tokyo Tarareba Girls Vol.9

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 07 Décembre 2022

Pendant que Koyuki et Kaori picolent au bar en compagnie de Mami qui se sent étrangement bien avec elles, Rinko et Key se sont éclipsés à deux, et le jeune homme a fini par dévoiler toutes les facettes les plus dures de son passé, en expliquant alors pourquoi il s'est souvent montré si véhément envers les "y'a qu'à, faut connes", en voyant ces trois femmes déjà trentenaires perdre du temps dans une vie pourtant trop courte. Rinko ressort bouleversée de tout ça. Mais à présent, notre héroïne va devoir faire un choix entre plusieurs possibilités. Rester avec le gentil Hayasaka qui la rendrait sûrement heureuse. Courir après celui qu'elle aime vraiment, Key, pour essayer de le rendre heureux sans être sûre d'être elle-même heureuse. Ou alors, éventuellement, rester encore enfermée, comme depuis des années, dans son quotidien de "y'a qu'à faut connes", à fuir la réalité...

Nous voici donc au volume finale de Tokyo Tarareba Girls, une série au fil de laquelle Akiko Higashimura, en plus de nous régaler avec sa narration aux petits oignons, ses visuels expressifs à souhait et ses exquises métaphores (Yaka et Fokon en tête, bien sûr), a jusque-là su décortiquer à merveille les troubles de ses héroïnes trentenaires qui courent désespérément après l'amour. Après un parcours sans faute, c'est alors sans surprise que la mangaka conclut impeccablement son histoire. Pour ne pas spoiler, on va éviter d'en dire trop sur l'issue de l'histoire en elle-même, pour plutôt souligner toute l'évolution de Rinko, qui est ici franchement bien cristallisée à travers ses dernières étapes, ses dernières réflexions, ses derniers choix qu'elle fait cette fois-ci bel et bien par elle-même sans se laisser porter.

On suit avec intérêt, et avec une certaine émotion dans toute la dernière ligne droite, notre héroïne prendre ses décisions (même si elles sont forcément un peu difficiles parfois puisqu'il y a des choix à faire), réfléchir sur sa manière de vivre et sur la manière dont elle veut vivre, jusqu'à peut-être grandir réellement, assumer bel et bien son statut d'adulte trentenaire, sans forcément renier totalement les années passées et ses sorties avec ses précieuses amies. Car rien n'est inutile dans la vie, et même ses nombreuses années en tant que "y a qu'à faut conne" ont un sens puisqu'elles l'ont amenée jusque là. Pour, au final, peut-être trouver une sorte d'équilibre, en somme.

Higashimura interroge aussi volontiers, à travers elle, plusieurs choses. Qu'est-ce qu'être adulte et plus encore une femme adulte ? Aimer ? Être aimé ? Être heureux ? A tout cela, l'autrice a le mérite de ne pas apporter de réponse toute faite, car c'est à chaque personne de trouver sa réponse. Il en est de même pour ses réflexions sur ce que c'est que d'être une "femme classe", car à travers chaque figure féminine de la série on a pu voir que chaque personne a sa propre vision de la chose, et qu'il existe peut-être autant de "femmes classes" que de femmes tout court.

On dit alors adieu à cette belle galerie de personnage, mais aussi aux truculents Yaka et Fokon qui finissent très joliment de filer leur métaphore, avec satisfaction, tant la mangaka aura su mener les choses à terme avec application et avec des réflexions pertinente. Les 120 pages qui referment l'histoire ici ne sont toutefois pas tout à fait les dernières puisque, ensuite, Higashimura nous réserve d'ultime salves de son inénarrable Tarare-bar, lieu de discussion franc avec ses lectrices, puis nous offre plusieurs éléments de bonus et de postface qui parachèvent l'oeuvre comme il se doit.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
17 20
Note de la rédaction