Théâtre des fleurs (le) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 19 May 2020

Chronique 2

Active depuis 2005 dans le milieu professionnel du manga et depuis la fin des années 1990 dans le milieu amateur, Isaku Natsume a signé, en une quinzaine d'année, un bon petit nombre de récits, essentiellement dans le yaoi même si elle a aussi signé quelques récits shôjo. En France, on la connaît déjà bien grâce aux éditions Taifu Comics, qui ont publié en 2012 les one-shot Twinkling Stars Dial et Devil's Honey, puis qui ont lancé en 2014 Ameiro Paradox, une série que l'autrice poursuit à rythme très lent (5 tomes en 10 ans d'existence). Et depuis juillet 2018, on peut retrouver en langue française l'autre série au long cours de la mangaka: Hanakoi Tsurane alias Le théâtre des fleurs, qui continue sa prépublication depuis 2015 dans le magazine Dear+ des éditions Shinshokan, avec à la clé des tomes papier paraissant au rythme régulier d'un tome par an. Avec cette oeuvre comptant actuellement 5 volumes dans son pays, l'autrice nous plonge dans un univers pas toujours très connu dans notre pays...

De leur vrai nom Shûgo Azuma et Jumpei Noda, Sôgorô Matsukawa et Gensuke Arai sont lycéens dans le même établissement, mais sont avant tout les héritiers de deux des plus grandes familles du monde du kabuki, respectivement les troupes Tamanoya et Ôtaniya. Tandis que les deux familles se vouent une rivalité ancestrale, plus particulièrement à l'époque de leurs grands-pères qui se détestaient, les deux adolescents semblent suivre des voies différentes dans ce domaine: Gensuke brille sur les planches, et Sôgorô en a lui-même conscience depuis qu'il a vu dans une pièce... ce qui n'a fait que nourrir toujours plus son sentiment de rivalité, lui qui, depuis quelques années, n'arrive pas à concrétiser tous les espoirs placés en lui, et subit des critiques négatives sur internet. Sôgorô, dont l'orgueil a vacillé depuis un moment, voit donc en Gensuke LE rival à rattraper... mais Gensuke, lui, que pense-t-il de tout ça ? La réponse pourrait bien arrive quand, par un concours de circonstance, les deux garçons sont voué à jouer dans la même pièce. Se réjouissant sincèrement de pouvoir enfin jouer avec Sôgorô, ce qui état son rêve, Gensuke entreprend de l'aider à progresser sur les planches, tout en ayant parfois des mots et gestes qui ne manquent pas de déstabiliser son partenaire...

La série nous plonge donc dans le monde du kabuki, cette forme théâtrale épique typiquement nippone, parfois méconnue chez nous, ce qui ne fait qu'offrir son principal intérêt à l'oeuvre. Avouant dans sa postface qu'elle ne connaissait pas grand chose à cet Art avant de commencer son manga, l'autrice donne effectivement l'impression de tâtonner par moments, mais on ressent surtout une application et une volonté de bien faire, à l'évocation de certaines caractéristiques (comme les rôles masculins et leur interprétation de personnages féminins) ainsi que de premières pièces existant réellement et de leurs principaux personnages. Ca va parfois un peu vite et ça reste un peu en surface, on aimerait volontiers en découvrir encore plus sur ces pièces et sur la tonalité épique voire dramatique de ce théâtre, d'autant que les moments de représentation sur scène restent succincts, mais l'essentiel passe bel et bien et on n'a aucun mal à s'immerger, d'autant que la dessinatrice soigne ses quelques costumes et maquillage, et qu'elle peut compter sur un trait fin et expressif pouvant dégager une certaine élégance.

C'est donc dans ce cadre que l'on découvre deux personnages principaux assez prometteurs, entre un Sôgorô plutôt amusant avec son orgueil déchu et son sentiment de rivalité exacerbé, et un Gensuke qui est tout autre en montrant une réelle prestance ainsi qu'un intérêt pour Sôgorô qui, on le devine vite, dépasse le simple cadre théâtral. Il sera donc intéressant, sur la longueur, de voir comment s'entremêleront peut-être kabuki et sentiments, coulisses des représentations théâtrales et découverte amoureuse des deux protagonistes. Pour l'heure, la mangaka prend son temps, ce qui est un bon point: elle ne brusque rien, laisse tranquillement deviner la façon dont Gensuke considère Sôgorô à travers certains moments un peu ambigus, laisse entrevoir la raison pour laquelle le premier admire tant le deuxième, distille tout doucement l'évolution artistique et sentimentale de Sôgorô au gré des répétitions pour progresser... et c'est d'autant plus efficace que la narration passe plus par les pensées de Sôgorô que par celles de Gensuke.

Il s'agit donc d'un début convaincant, pour une série qui devrait sans soucis se bonifier sur la longueur. Côté édition, on a droit à un papier et une impression tout à fait honnêtes, à une première page en couleurs, et à une traduction signée Margot Maillac qui s'avère assez claire et soignée tout en bénéficiant de plusieurs petites notes utiles sur l'univers du kabuki.


Chronique 1

Dans le monde du Kabuki s’illustre deux prestigieuses familles. Sôgorô et Gensuke, encore lycéens, en sont les héritiers. Toujours en compétition l’un envers l’autre, Sôgorô ne voit en Gensuke qu’un rival à dépasser. Quant à Gensuke, il désire ardemment jouer une pièce avec Sôgorô. Son rêve deviendra réalité quand il est appelé pour jouer avec lui dans la même pièce. Mais comment réagira Sôgorô ? Supportera-t-il d’être aux côtés de son plus grand rival ?

Le Kabuki est un théâtre traditionnel japonais dont les œuvres, au fil du temps, étaient interprétées que par des troupes masculines. Les pièces de Kabuki illustrent des événements historiques et de conflit lié aux relations affectives. Isaku Natsume s’attaque à un thème original où le Japon traditionnel se mêle aux sentiments dans un monde moderne.

Sôgorô est l’héritier de la troupe Tamanoya. Il partage sa vie entre l’école et le Kabuki. Sous ses apparences très sûres de lui, il cache un véritable problème de manque de confiance en soi. En effet, de par ses origines familiales, il est tout le temps flatté outre mesure. Or, il se rend compte qu’il n’est pas au niveau attendu surtout lorsqu’il découvre un jour le fils d’une troupe rivale, un certain Gensuke. Ce dernier excelle dans cet art alors qu’il a le même âge que lui. Ne supportant pas cet amer constat, Sôgorô voue une haine démesurée envers Gensuke d’autant plus qu’il est dans la même classe que lui. Mais un jour, son éternel rival est appelé pour jouer un rôle dans la même pièce que lui. Les voilà à devoir jouer ensemble un couple fou amoureux… Même si au départ Sôgorô se braque, à passer du temps ensemble pour s’entraîner, à voir Gensuke se donner corps et âme dans son interprétation, il ne peut que constater son talent. Contrairement à ce qu’il aurait pu le penser, Gensuke n’est pas là pour le nuire, mais au contraire fait tout pour l’aider à s’améliorer.

Il est intéressant d’observer l’évolution du comportement et des sentiments de Sôgorô vis-à-vis de Gensuke. D’une aversion, il passera petit à petit à de l’admiration jusqu’au respect. Quant à Gensuke, il a toujours voué une profonde admiration envers Sôgorô. D’ailleurs entre admiration et sentiment il peut y avoir qu’un pas… C’est donc avec délicatesse que l’auteur fait évoluer la relation entre les personnages en utilisant judicieusement le Kabuki et toutes ses contraintes.

Vu que l’univers tourne autour de cet art japonais, il était important d’avoir une forte expression au niveau des visages. L’auteur réussit son pari et arrive à nous retranscrire différentes émotions. Le seul petit bémol serait l’absence dans certains passages de décor ou de trame. L’édition est quant à elle toujours au rendez-vous.

« Le théâtre des fleurs » souffle un petit vent de fraîcheur avec son thème atypique. L’auteur nous embarque rapidement dans son univers et il est plaisant de voir qu’à travers l’art nous pouvons non seulement nous révéler, mais également voir émerger des sentiments.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.25 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Einah

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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