The Red Rat in Hollywood Vol.1 - Actualité manga

The Red Rat in Hollywood Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 18 April 2019

Le monde sort péniblement de la Seconde Guerre mondiale après l’invention malheureuse de la puissance destructrice de l’atome. Cependant les alliés d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui et l’espionnage est courant en cette fin des années 40. Agents soviétiques au sein même de Los Alamos, transfuges en quête de protections, c’est dans ce climat explosif que le gouvernement américain prend des mesures drastiques pour contenir l’influence soviétique et cela passe irrémédiablement par le soft-power, à savoir Hollywood.

Nouveauté des Editions Vega signé Osamu Yamamoto, The Red Rat in Hollywood nous propose un récit empreint d’un fort contexte historique. Le directeur du FBI, Edgar Hoover prépare sa chasse aux rouges en visant délibérément les scénaristes d’Hollywood qui étaient d’anciens sympathisants communistes. Les accusations sont dirigées sur leurs scénarios contenant d’hypothétiques messages communistes et par cette seule accusation sont désignés comme anti-américains. Hoover a, qui plus est, préparé ses pions grâce à l’agent Arnold Kibby qui, par des moyens détournés comme le chantage et la menace, enrôle des informateurs au sein même du Parti communiste américain pour récupérer de précieuses preuves.

Le récit change rapidement de point de vue, on bascule dans le camp des scénaristes qui préparent leur défense face à la Commission parlementaire. Leurs membres les plus influents, Trumbo, Lawson et Bessie embrayent le mouvement autour du Premier amendement de la Constitution américaine qui défend la liberté d’expression ainsi que la liberté d’appartenir à un courant politique sans en être reproché. Grâce à ce moyen, ils espèrent trouver un soutien auprès du monde hollywoodien ainsi qu’un soutien populaire du reste des Etats-Unis. Cette défense du Premier amendement contre l’oppression du pouvoir censeur devient le credo des scénaristes qui redoutent dans une plus large mesure le maccarthysme ambiant et la peur des rouges. La plupart étant des sympathisants communistes, les questions de la Commission parlementaire vont évidemment être centrées sur leur appartenance politique pour les juger sur cet état de fait. A cet égard les parallèles avec les tribunaux révolutionnaires ou les purges staliniennes sont nombreuses où le prévenu n’a le droit qu’à un mirage de défense et ne peut contrer les questions de l’auditoire sous peine d’être accusé d’outrage à la cour.

Ce manga ravira également les passionnés de l’Hollywood des années 40-50, entre la palette éclectique d’acteurs et réalisateurs et des nombreuses reprises de scènes mythiques de blockbusters de cette époque, l’ambiance y est fidèlement retranscrite. Notamment les passages du tournage du film de Wyler, Les Vacances romaines, où nous avons le droit à une reproduction du climat général d’un tournage où le réalisateur impose sa pensée quelque soit le nombre de prises. Egalement des dialogues intimistes de l’actrice Audrey Hepburn nous permettent d’en connaitre davantage sur son enfance sous la botte nazie. En bref c’est un condensé d’Histoire et d’anecdotes du cinéma, dans un esprit qui rappelle rapidement Ave, César des frères Cohen.

Côté dessin, la plume de Yamamoto peut sembler old-school par rapport aux sorties actuelles mais cela renforce que davantage l’esprit du manga qui reste ancré dans le passé. Les personnages historiques sont bien caricaturés comme Trumbo ou Hoover et le nombre conséquent de personnages peut aussi expliquer la finesse du trait et l’absence graduelle de trames pour remplir les cases, excepté bien sur à la double page qui donne le vertige quant au nombre mirobolant de personnages présents. Le tout reste agréable à lire malgré la quantité d’informations exceptionnelle mais nécessaire à la compréhension des futurs volumes.

Pour conclure, The Red Rat in Hollywood est un voyage temporel au sein d’un Hollywood menacé par la censure du gouvernement et dont ses figures cherchent le moyen de contourner cette même censure. Un récit enivrant qui mêle Histoire et cinéma dans une ambiance de polar doublée d’une once d’espionnage.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
SerGalaad

16 20
Note de la rédaction
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